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Ovnis Etude approfondie et discussion de certaines observations

Jeu 18 Oct 2007, 14:57
Rappel du premier message :

Etude approfondie et discussion de certaines observations du 29 novembre 1989
Etude approfondie et discussion de certaines observations - Page 2 Chalons-AugusteMeessen-320x240

http://www.meessen.net/AMeessen/Gileppe/

A. Meessen, Professeur à l’UCL


Les nombreuses observations du 29 novembre 1989 ont permis de prendre rapidement conscience du caractère exceptionnel de la « Vague d'OVNI sur la Belgique ». J'en ai fait rapport dans le premier des deux livres de la SOBEPS, portant ce titre-là (VOB. 1. p. 11-49). L'observation la plus remarquable de cette soirée était celle des gendarmes von Montigny et Nicoll de la brigade d'Eupen, mais récemment, elle a fait l'objet d'une contestation et cela m'a conduit à entreprendre une nouvelle étude de ce cas. On trouvera dans cet article les objections soulevées, la transcription des différentes interviews des témoins, des données mesurables complémentaires et un ensemble d'arguments rationnels. La discussion qui s'est développée est remarquable en elle-même, puisqu'elle a été franche et directe, mais sereine. En fin de compte, le cas est renforcé, mais chacun pourra en juger lui-même.



Les observations des gendarmes Nicoll et von Montigny

Rappelons d'abord ce qui s'est passé, en nous basant sur les informations recueillies en décembre 1989 et publiées en 1991. A peu près une demi-heure après le coucher du soleil, les deux gendarmes roulent sur la route N68 qui mène d'Eupen à la frontière allemande. Vers 17h20, ils découvrent un mystérieux objet qui se tient immobile à environ 120 m au-dessus d'une prairie. C'est un triangle isocèle, dont deux coins sont coupés perpendiculairement à la base. Celle-ci mesure 30 à 35 m. La face inférieure de l'objet est plane et horizontale, tandis que son bord latéral est vertical et de hauteur constante. La couleur est sombre, mais près des coins, il y a trois énormes « phares », d'environ 2 m de diamètre Ils sont encastrés et projettent vers le bas une lumière blanche, très intense. Sur la prairie, il en résulte une tache éclairée, d'environ 60 m de diamètre. Puisque le centre de cette tache se trouve à environ 50 m de la route, la distance entre les observateurs et le centre de l'objet est de l'ordre de 130 m. Au centre du triangle, les gendarmes discernent un « gyrophare » rouge, nettement moins intense.

Après peu de temps, l'objet se met en mouvement, parallèlement à la route et pointe en avant, mais même maintenant, on n'entend pas de bruit. Un peu plus loin, l'engin s'arrête et rebrousse chemin pour se diriger vers la ville d'Eupen et la survoler à basse altitude. Pendant ce temps, les gendarmes suivent l'objet à distance, sur une route de crête quasi-parallèle à la N68, mais le « vol » de l'objet est également observé par sept autres témoins indépendants. Les gendarmes demandent par radio à la caserne d'Eupen qu'on prenne des renseignements auprès des bases militaires, mais on refuse, parce que le récit est tellement incroyable qu'on suppose qu'il s'agit d'une blague. Arrivés au croisement de la rue haute et de la route de Herbesthal, les deux gendarmes se rendent rapidement à la caserne, toute proche, afin de convaincre celui qui était chargé des communications. Ils reviennent de suite sur la route de crête et voient que l'OVNI se dirige vers le barrage de la Gileppe. Ils le suivent et constatent qu'il s'arrête et reste immobile près de la tour éclairée de la Gileppe.

Observant l'objet à partir de la hauteur de Kortenbach, à plus de 4 km, ils ne peuvent discerner qu'une lumière quasi-ponctuelle, mais maintenant, elle produit un phénomène très étrange. Des deux côtés émergent simultanément et horizontalement, de manière symétrique, deux faisceaux lumineux rougeâtres. Ils ont des bords parallèles et sont assez fins, mais suffisamment lumineux pour être discernables à grande distance. Ils ont une longueur bien définie, les extrémités étant marquées par des « boules rouges ». Celles-ci s'écartent fortement et reviennent ensuite vers l'objet. Elles tournent pendant quelque temps autour de celui-ci, avant de disparaître. Puis, tout recommence de la même manière. Ce « spectacle » s'arrête finalement et l'OVNI s'éloigne à 19h23, sans aller vers la gauche ou la droite.

Les observations des gendarmes ont donc duré deux heures et à Kortenbach, ils ont vu surgir un second objet non identifié. Il est parti rapidement, mais il a été observé aussi par d'autres.



Une réponse aux « sceptiques »

La SOBEPS a pu collecter environ 150 témoignages d'observations d'OVNI, faites au cours de la même soirée du 29 novembre 1989 à différents endroits de la province de Liège. Tout cela est extraordinaire et même unique dans l'histoire de l'ufologie, mais il en résulte que l'observations des gendarmes doit être aussi une cible privilégiée pour ceux qui se déclarent « sceptiques » vis-à-vis du phénomène OVNI, mais qui sont en réalité opposés à l'hypothèse extraterrestre.

Le 17 décembre 1996, j'ai reçu une lettre accusatrice, affirmant que la « boule lumineuse » au-dessus de la Gileppe n'aurait été rien d'autre que la planète Vénus. Le 27 décembre 1996, on y ajouta qu'au début de leurs observations, les gendarmes n'auraient vu qu'un engin conventionnel, probablement un ULM. J'ai alors décidé d'entreprendre une nouvelle étude, pour vérifier si ces déclarations étaient justifiées ou non. J'ai interrogé de nouveau les gendarmes, j'ai rassemblé des informations complémentaires et répondu aux objections par des arguments de type scientifique. Toutes ces données ont été communiquées aux participants du débat et à une dizaine d'observateurs. En fait, la discussions'est échelonnée sur plus de six mois.

La première partie de cet article présente la synthèse des résultats de la nouvelle étude et des discussions menées jusqu'au 8 avril 1997. Le texte qui suit est essentiellement celui que j'avais envoyé à cette date aux participants et observateurs, avec quelques modifications pour le rendre plus facilement accessible à toute autre personne. La seconde partie fournit la transcription des interviews des gendarmes, réalisées en décembre 1989 et en janvier 1997. La troisième partie présente la suite de la discussion, qui s'est seulement terminée le 5 juillet 1997. La quatrième partie résume les dernières informations complémentaires.
1. La première synthèse


Les accusations et les menaces

La lettre du 17 décembre l989 m'a fort surprise, aussi bien par sa forme que par son contenu. Elle venait de M. Paul Vanbrabant, cofondateur du NUFOC (National UFO Center). Ce groupe s'était constitué au moment de la vague et il avait mené pendant quelque temps des enquêtes dans la partie néerlandophone du pays. La lettre comptait 3 pages et commençait par une déclaration accusatrice: Après une recherche superficielle (niet grondig onderzoek), nous serions arrivés à la conclusion injustifiée que « d'une part, on ne pouvait pas trouver d'explication conventionnelle du phénomène observé et d'autre part, qu'au moins deux objets (ou phénomènes) ont circulé au-dessus de la région d'Eupen. » L'auteur de la lettre affirmait en effet que « la lumière au-dessus de la Gileppe était la planète Vénus » et que le second objet était donc le seul qui restait encore « non identifié ». Il était même suggéré que cela permet d'expliquer toutes les autres observations d'OVNI de la même soirée ! L'accusation était grave: « Même pour les observations les plus importantes, l'enquête est entachée de fautes. Ceci met en doute les autres enquêtes et rapports et exige une nouvelle étude approfondie... Des hypothèses qui avaient été exclues doivent être revues dans le nouveau contexte. »

Voici les arguments avancés, en les ordonnant: (1) Des programmes astronomiques auraient démontré que « Vénus se trouvait... dans la direction d'observation, avec une très forte magnitude. » (2) Le ciel était parfaitement dégagé et « la thèse que les deux gendarmes n'auraient pas vu la planète est fortement douteuse ». (3) Les gendarmes ont interrompu leurs observations lors du passage à la caserne d'Eupen. Ceci les aurait amenés « à supposer après leur arrivée à Kortenbach qu'ils voyaient au loin le même objet/phénomène au-dessus de la Gileppe » que celui qu'ils avaient découvert de l'autre côté de la ville. (4) Les gendarmes ont seulement vu une boule lumineuse, dont des rayons lumineux semblaient émerger de temps en temps (een heldere lichtgevende bol waaruit, schijnbar, met onregelmatige pulsen, lichtstralen leken weg te schieten). Cette description n'était pas exacte, mais l'auteur de la lettre se permettait de lancer des piques: « des astronomes et normalement aussi les ufologues, sont bien au courant des effetsqu'une planète de la magnitude de Vénus peut produire près de l'horizon. » M. Vanbrabant les attribuait (sans preuves) à des « réfractions de la lumière dans notre atmosphère polluée ».

Une copie de la lettre était envoyée à 16 autres personnes et elle contenait une menace. Si M. Vanbrabant (analyste à la Kredietbank) n'avait pas obtenu de réponse avant la fin de janvier 1997, il diffuserait un document à la presse, aux groupements ufologiques les plus importants et sur des sites adéquats d'Internet, pour dénoncer « l'information fautive » contenue dans le livre de la SOBEPS. L'auteur ne se contentait donc pas d'écrire qu'il « mettait en doute aussi bien les observations des gendarmes que les conclusions qui en ont été tirées. » Il affirmait également que les vérifications astronomiques effectuées par le Dr. Ronny Blomme, astrophysicien à l'Observatoire Royal, lui permettaient de « présenter des preuves suffisantes pour expliquer les observations des gendarmes comme étant dues à la planète Vénus. »

J'ai appris plus tard que Paul Vanbrabant avait pu remarquer lui-même la présence de Vénus dans le ciel, au cours de l'été 1996. Il l'avait signalé à Wim Van Utrecht, responsable de Caelestia (A research & publication project for unidentified aerial phenomena) qui préparait à ce moment un article sur la « vague belge »pour un livre, édité en Angleterre à l'occasion des 50 années d'ufologie (1947-1997). Il y présenta la thèse de Venus, mais dans la lettre de M. Vanbrabant, le nom de M. Van Utrecht apparaissait seulement dans la liste de ceux qui en recevaient copie. Je savais cependant qu'il combattait l'hypothèse extraterrestre.

Dès le lendemain de la réception de la lettre, j'ai téléphoné à M. Vanbrabant pour lui dire que je trouvais l'hypothèse de Vénus intéressante en elle-même, qu'il fallait l'examiner et que je m'engageais à le faire. J'exprimais cependant très nettement ma réprobation vis-à-vis de la méthode des menaces. Elle n'est pas d'usage dans les relations humaines et certainement pas en sciences! Pour que la recherche puisse s'effectuer dans de bonnes conditions, je demandais une copie des données astronomiques qui semblaient justifier sa démarche. Je donnais l'assurance que les résultats de mon étude seraient présentés (quels qu'ils soient!) lors d'une réunion semi-publique. Différentes personnes intéressées par ce problème y seraient donc invitées, mais ce groupe resterait limité. La réunion a seulement eu lieu le22 février 1997, pour des raisons d'agenda de certaines personnes.



Les vraies données astronomiques

Pendant les derniers jours de l'année 1996, j'ai déjà vérifié comment le ciel devait se présenter au cours de la soirée du 29 novembre 1989, quand on regardait de l'endroit où se trouvaient les gendarmes vers le barrage de la Gileppe. Je l'ai fait au moyen du programme « Tellstar » et j'ai reporté les données numériques sur un diagramme, pour faire apparaître la trajectoire apparente de Vénus (cercles noirs sur la figure 1) et celle du soleil (cercles ouverts, bien distincts). J'y ai également indiqué la direction de la tour éclairée, au-dessus de la quelle la « lumière » s'était immobilisée. J'ai déterminé cette direction (205°) par une mesure très précise, effectuée sur une carte géographique à grande échelle (IGN, 1/10.000).



Figure 1: Trajectoires apparentes de Vénus et du Soleil vues à partir de Kortenbach, près d'Eupen. Les chiffres correspondent aux heures du passage et le trait vertical à la direction de la tour éclairée.



Un des gendarmes avait dit que la « lumière » se trouvait un peu à gauche de la tour, mais déjà au moment de leur arrivée à la chapelle de Kortenbach, vers 18h30, Vénus se trouvait à droite de la tour. En fait, il y avait déjà un écart de 10° et dans la suite, il a seulement pu augmenter, puisque Vénus se déplaçait vers la droite par rapport à la tour. Ceci n'était pas en faveur de l'hypothèse de Vénus!

Je me demandais dès lors pourquoi les données du Dr. Ronny Blomme étaient différentes des miennes. M. Vanbrabant me les envoya le 10 janvier. Ce n'étaient que des cartes globales du ciel, entre 16h15 et 21h, temps universel. Les données pour Vénus y étaient indiquées sous forme numérique, en tenant compte des effets de la réfraction atmosphérique qui relève les corps célestes près de l'horizon. Les contestataires ont oublié d'y ajouter une heure, pour obtenir l'heure locale ! Avec cette correction, l'accord avec mes résultats était satisfaisant, puisque les cercles ouverts situés derrière les cercles noirs de la figure 1 sont ceux de M. Blomme. On constate que la trajectoire apparente de Vénus n'est pratiquement pas modifiée par la réfraction atmosphérique, mais la correction temporelle changeait complètement les données du problème.



Les observations des gendarmes


Dernière édition par le Jeu 18 Oct 2007, 15:05, édité 1 fois

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Ovnis Re: Etude approfondie et discussion de certaines observations

Jeu 18 Oct 2007, 15:03
1) M. Van Utrecht répète qu'on peut « supposerque les témoins ont vu le phénomène en mouvement au moment où ils étaient eux-mêmes en mouvement » et « le déplacement du phénomène n'est qu'illusoire. » La supposition n'est pas correcte, mais M. Van Utrecht ajoute un autre argument. Certaines parties de la rue haute à partir de laquelle les gendarmes ont vu la « lumière » étaient orientés vers la tour de la Gileppe. Quand ils roulaient sur cette rue, ils auraient donc pu avoir l'impression que la « lumière » se déplaçait vers la Gileppe, bien que ce fut Vénus. Admettons, mais si Vénus se trouvait devant eux à ce moment, ils ne pouvaient pas voir la planète en déplacement latéral. J'avais levé toute ambiguïté, en précisant la position et le comportement de la « lumière » quand les gendarmes l'ont vue de la caserne d'Eupen et de la route avant leur arrivée à Kortenbach.

(2) Je suis d'accord qu'un « long moment d'immobilité plaide en faveur de l'hypothèse astronomique », mais c'est justement le fait que les gendarmes ont insisté sur l'immobilité de la lumière par rapport à la tour qui plaide contre l'hypothèse astronomique, étant donné que la tour éclairée était facilement repérable et que les gendarmes étaient motivés pour observer le comportement de l'objet avec beaucoup d'attention. M. Van Utrecht pense cependant qu'il est « parfaitement plausible » que l'attention des gendarmes ait été détournée par ce qu'il appelle des « effets lumineux rougeâtres » et par l'apparition surprenante d'un « second objet ». Ce n'est guerre réaliste, puisque l'observation à cet endroit a duré une heure et que Vénus s'est déplacée pendant ce temps de 15° vers la droite, en descendant vers l'horizon. Puisque les gendarmes se demandaient si c'était un engin militaire inconnu, il n'était pas secondaire pour eux de s'assurer de sa stationnarité permanente.

(3) L'écart final de Vénus par rapport à la tour de la Gileppe atteignait 25°. M. Van Utrecht essaye de minimiser cette donnée objective, en faisant de nouveau appel à l'argument d'une inattention présumée. D'après lui, il faudrait seulement tenir compte d'un écart de 10°. Au moment où l'hypothèse de Vénus avait été formulée, on s'était d'ailleurs contenté de l'affirmation que la planète se trouvait « dans la direction d'observation des témoins » et on n'avait pas tenu compte de la différence entre l'heure astronomique et l'heure locale. Bien que cela avait motivé les accusations initiales, ce fait reste incontestable et n'a d'ailleurs pas été contesté.

M. Van Utrecht pense que les gendarmes auraient dû voir la planète Vénus et puisqu'ils n'ont pas signalé sa présence, il doit y avoir eu une confusion. « On ne peut croire que... Vénus reste inaperçue, » mais cela ne veut pas dire que Vénus doit avoir retenu l'attention des gendarmes. C'était seulement l'objet insolite qu'ils avaient observé de près et qu'ils avaient vu arriver à la tour éclairée qui était important pour eux. Les interviews précisent bien que « c'était comme des phares géants. Ce n'était pas comparable à des étoiles » (Nicoll). La « lumière » n'était même pas ponctuelle, puisqu'il y avait « plusieurs lumières » (Nicoll) et « des parties sombres » (von Montigny), le tout étant semblable à un arbre de Noël, vu de loin. Puisque les témoins ne mentionnent ni fluctuations d'intensité, ni changements de couleur, on ne peut pas non plus expliquer leur observation par des turbulences atmosphériques pour la lumière venant de Vénus. Respectons les règles que M. Bonabot a citées dans le Bulletin du GESAG de mars 1997: « Ce que les gendarmes ont vu, ils l'ont vu; nous devons respecter leur témoignage. »

(4) M. Van Utrecht accepte maintenant que von Montigny et Nicoll ont eu de bonnes raisons pour ne pas changer leur poste d'observation, mais il affirme qu'une « raison valable » pour ne pas signaler la présence de Vénus est « totalement exclue ». Je crains que ce « sceptique » exclut lui-même certaines données du problème. Par rapport à l'objet (figure 5) qui avait tellement intrigué les gendarmes, le ciel étoilé était sans importance, sauf si l'on postule qu'il ne peut y avoir rien d'autre.

(5) Le phénomène des boules rouges est une donnée capitale et j'ai montré que l'hypothèse de Vénus ne peut pas en rendre compte, ni par des réfractions atmosphériques, ni par des effets visuels. M. Van Utrecht continue à rejeter les éléments des témoignages qui ne s'accordent pas avec sa thèse, en faisant appel à « la non crédibilité des détails rapportés par les témoins ». Il insinue que les deux gendarmes en seraient arrivés progressivement à enjoliver leur récit, puisque le phénomène des boules rouges n'avait pas été mentionné de la même manière dans le rapport de M. Vantuyne. Cela ne prouve pas que par après, les gendarmes auraient ajouté des détails imaginaires. Je rappelle que M. von Montigny hésitait à parler du phénomène des boules rouges. Au moment de l'interview de 1989, j'avais l'impression que j'étais le premier enquêteur à qui cet aspect était dévoilé et moi aussi, j'étais surpris, mais M. Nicoll a confirmé cet aspect des observations. Il évoquait des analogies différentes, mais ceci n'était qu'un gage de récits indépendants. Demander d'admettre que les gendarmes nous ont bernés par des élucubrations mensongères me semble assez arrogant, pour ne pas dire plus.

(6) Des boules rouges ont été observées aussi à d'autres endroits en association avec des ovnis au cours de la vague belge, mais M. Van Utrecht n'y attache aucune importance, puisqu'il s'agit toujours d'objets volants non identifiés. D'après lui, un inexpliqué ne peut pas expliquer un autre. » C'est juste, mais avant d'expliquer quoi que ce soit, on doit au moins établir les faits dont il faudra rendre compte, sans escamoter ceux qu'on ne peut pas expliquer. Sans le dire explicitement, M. Van Utrecht part toujours du postulat qu'une origine extraterrestre du phénomène OVNI est impossible ! Il attribue donc les autres observations de boules rouges au cours de la vague belge à des « balles traçantes émises depuis des avions » ou des « lumières anti-collision rouges se reflétant sur le bord des ailes d'un avion ». A Henri-Chapelle, une boule rouge est descendue verticalement de l'OVNI, pour tourner à angle droit et partir horizontalement à une certaine hauteur du sol (VOB.1.38). Comment peut-on en rendre compte par des balles traçantes et des lumières anti-collision?

(7) J'ai insisté sur un point de méthodologie qui me semble absolument fondamental: « Une analyse objective doitenvisager toutes les hypothèses, sans préjugés et sans exclusives. Ceci s'applique aussi à l'hypothèse extraterrestre. » M. Van Utrecht répond d'une manière cinglante: « Absurde! » Pourquoi? Parce qu'on doit « chercher une explication rationnelle... sans accepter d'emblée des 'solutions' surnaturelles ou extraterrestres. » Des êtres biologiques résultant d'une évolution sur d'autres planètes de notre Univers et des manifestations technologiques de civilisations beaucoup plus avancées que la nôtre se situent donc pour lui sur le même niveau que des miracles, des anges déchus ou du paranormal. Je ne défends pas cette voie et il me semble que de toute manière, ce n'est pas la formulation d'hypothèses qui est critiquable, mais l'absence d'une analyse logique et objective de leurs conséquences.

(8) M. Van Utrecht essaye encore toujours (le 17 juin 1997) de combiner l'hypothèse de Vénus avec une inversion de température. S'il y avait une couche d'inversion, elle se trouvait probablement à une altitude d'environ 500 m, puisqu'elle devait se trouver au bord supérieur de la couche limite (VOB.1. 382). Sachant maintenant que la réfraction anormale où des rayons sont déviés vers le bas, exigerait que les témoins se trouvent pratiquement à la même hauteur, M. Van Utrecht signale que les gendarmes se trouvaient à une altitude de 280 m. Si les témoins avaient seulement vu Vénus, ils auraient alors dû voir deux images superposées (figure 6) Ceci n'a pas été signalé. Cela n'aurait duré que peu de temps et de toute façon, cela et n'a rien à voir avec le phénomène des boules rouges.

D'après M. Van Utrecht, le phénomène des boules rouges pourrait résulter d'une « couche d'inversion qui se déplaçait vers les témoins en ondulant et reflétait périodiquement la lumière de Vénus, en créant des points ou traits de lumière des deux cotés de la planète. » On dirait qu'il n'écoute pas ce qu'on lui dit. On devrait alors voir une trace verticale plus ou moins élargie au-dessus de Vénus. M. Van Utrecht reconnaît qu'en parlant de rayons, il avait seulement pensé au début à un effet semblable à celui que produit « le soleil qui, caché par un nuage, émet une couronne lumineuse autour du dit nuage. » Les rayons sont alors produits par des échancrures de l'obstacle, mais il n'y avait pas de nuages et les deux faisceaux étaient horizontaux.

Figure 6: L'hypothèse de Vénus et l'hypothèse d'un mirage impliquent deux lumières superposées.




(9) Il est indiscutable que dans certains cas, des astres ont été pris pour des ovnis, parce qu'ils présentaient des caractéristiques inhabituelles. M. Van Utrecht fournit deux exemples pour la même époque. Ils proviennent d'articles de journaux (publiés en Allemagne et venant probablement de Werner Walter), dont l'objectif était de dénigrer le phénomène OVNI. Il s'agissait de Saturne (le 17 novembre 1989) et de Sirius (le 6 décembre 1989), mais pas de Vénus.

J'avais rappelé dans ma lettre du 8 avril que sur le cimetière de Bütgenbach, deux témoins ont vu un objet qui produisait également des rayons et d'autres effets lumineux très impressionnants (VOB.1.32). M. Van Utrecht affirme froidement que c'était « fort probablement une étoile ou une planète ». Cela tombe mal, puisque j'ai longuement interrogé ce témoin et conservé l'enregistrement. Il suffit de l'entendre pour qu'il soit évident (si l'on n'est pas systématiquement de mauvaise foi) qu'une confusion avec un corps astronomique est totalement exclue. Je me suis même rendu une seconde fois à cet endroit, pour voir le cimetière et l'arbre au-dessus duquel cet ovni est apparu. Nous pourrions y retourner, pour déterminer la direction d'observation et tester l'hypothèse astronomique!

Le journaliste Jan Hertoghs a rapporté les mêmes faits (HUMO, le 4 janvier 1990). Son récit ne justifie pas non plus ce que M. Van Utrecht souhaiterait bien. Il affirme qu'il a été « abusivement mentionné » que cela aurait eu lieu le 29 novembre 1989. Mon rapport était consacré aux événements de ce jour, mais j'avais bien précisé que cette observation avait été faite au cours de la soirée précédente.

(10) Il serait certainement souhaitable de trouver d'autres témoins du « spectacle » au-dessus de la Gileppe. M. Van Utrecht a scruté les témoignages connus et il a trouvé deux cas où les témoins n'ont pas vuce spectacle, bien qu'à son avis, ils auraient dû le voir. Il en conclut: « Peut-être plus important que ce que certains témoins ont vu est ce que d'autres témoins n'ont pas vu », puisque cela suggère qu'il n'y avait rien à voir. Examinons ses trouvailles de plus près.

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Ovnis Re: Etude approfondie et discussion de certaines observations

Jeu 18 Oct 2007, 15:04
Le premier cas est celui d'un automobiliste qui roule le 29 novembre 1989, vers 19 h, du village de Foyir vers Jalhay (Inforespace, juin 1990). Ce témoin aperçoit à sa droite un objet volant au raz des arbres. Le conducteur ralentit très fortement et sur environ 2 km, il continue à observer cet objet. Celui-ci est immobile par rapport aux arbres et possède trois panneaux verticaux, éclairés d'un blanc jaunâtre comme des baies vitrées. La distance est estimée à moins de 1 km. M. Van Utrecht pense que « les chances sont grandes » qu'il s'agissait de « l'autre objet » que les gendarmes ont vu monter rapidement, vers 18h45. Il a vérifié sur une carte (IGN, 43/5-6) que la tour de la Gileppe était située entre 3 et 3,5 km et qu'elle n'était pas cachée par des éléments du terrain. Il pense dès lors que ce témoin aurait pu voir un objet lumineux au-dessus de la tour de la Gileppe. Il ne signale pas que celle-ci se trouvait dans la direction opposée de l'objet que le témoin suivait des yeux, latéralement. Même quand il regardait la route devant lui, il ne voyait pas la tour, puisque l'écart par rapport à celle-ci était de l'ordre de 100°.

Le second récit est celui de monsieur Roland L. que j'avais présenté succinctement (VOB.1.32). Je profite de l'occasion pour donner plus de détails, en me basant sur le rapport d'enquête et la carte IGN 43/5-6. Monsieur L. est un indépendant, âgé de 57 ans. Le soir du 29 novembre 1989, il roule de Polleur à Jalhay. Il est seul au volant d'une camionnette VW. Entre 18h30 et 18h45, il a dépassé Jehanster et s'approche du lieu-dit Vervifontaine. Son attention est alors attirée par une luminosité qui se trouve assez haut dans le ciel, à sa droite. L'élévation est d'environ 75° et la distance est estimée à 500 m. Regardant plus attentivement à travers le pare-brise de sa voiture, Monsieur L. discerne trois puissants phares blancs, disposés en triangle. Il ne peut pas s'arrêter, puisque la route est étroite, avec une voiture devant lui et une autre derrière lui, mais il constate que les trois lumières sont disposées aux coins d'un grand triangle isocèle, progressant très lentement.C'est une structure très foncée qui se détache bien du ciel, encore plus noir. Les bords sont très nets. Vu d'en bas, c'est une plate-forme peu épaisse. L'objet avance horizontalement, mais à faible vitesse à côté de lui, vers le barrage de la Gileppe.

Le témoin a précisé que la pointe avant du triangle était légèrement relevée et que la vitesse était constante, mais nettement plus faible que celle d'un hélicoptère. Monsieur L. n'a pas perçu de bruit dépassant celui de sa voiture. Les trois phares étaient dirigés vers le sol. Ces lumières étaient très blanches. Au centre du triangle, il y avait un feu clignotant nettement plus petit et beaucoup plus faible. L'objet était grand, car quand il se trouvait presque au-dessus du témoin, sa dimension apparente était comparable à trois fois celle de la pleine Lune! L'observation n'a pas duré plus d'une minute, mais le témoin déclara qu'il était « extrêmement sceptique » vis-à-vis de l'hypothèse extraterrestre et resta persuadé que cela devait être un engin militaire secret.

Puisqu'il roulait vers la tour de la Gileppe, située à environ 4,5 km, M. Van Utrecht affirme qu'il « aurait dû voir » ce qui s'y passait. Il aurait pu scruter le ciel près de l'horizon, à plus de 4 km devant lui, mais il ne devait pas le faire nécessairement, puisqu'il pouvait être préoccupé par ce qu'il venait de voir et puisqu'il devait faire attention au trafic. Les autres automobilistes, roulant devant et derrière lui, n'ont même pas signalé la présence du grand objet éclairé, pourtant tout proche. Ou bien, ils ne l'ont pas remarqué, ou bien, ils n'ont pas voulu se faire connaître. Je ne vois pas bien comment on peut évaluer la probabilité de perception d'un phénomène anormal et donc pas non plus comment on peut affirmer que tel témoin aurait dû voir ce qu'il n'a pas vu. Notons encore que le phénomène des boules rouges ne se présentait pas pour monsieur L. de manière transversale, comme c'était le cas pour les gendarmes.



Conclusions

J'ai dû constater aussi, avec regret, que M. Van Utrecht termine ses « commentaires » en parlant de « la hantise d'une intervention extraterrestre » et « d'une fièvre OVNI persistante » qu'ils décèlent chez certains. Si l'on en juge d'après les réponses de messieurs Bonabot et Van Utrecht, on aboutit inévitablement à la conclusion que cette tentative de dialogue a été un échec. Le temps et l'effort que j'y ai consacrés, la bonne volonté et l'écoute semblent avoir été inutiles. J'estime cependant que nous devons regarder au-delà du résultat immédiat. Il y a eu, au moins, un vrai débat et à une exception près, il s'est déroulé avec civilité. Nous avons tous appris quelque chose et la nouvelle étude de ce cas l'a finalement renforcé. Au cours de la longue période des discussions, nous avons surtout eu l'occasion de nous rendre compte des causes profondesde certaines dissensions. Nous pouvons espérer que cela nous aidera tous, dans la suite.

Au fond, il existe un malentendu quant au sens qu'il convient de donner au mot « recherche ». Pour certains, il s'agit de la recherche de la vérité, quelle qu'elle soit. Pour d'autres, c'est la recherche d'arguments pour défendre une idée préconçue. Ce sont deux conceptions opposées. Une étude valable du phénomène OVNI ne peut se faire que si l'on se détache de toute croyance, aussi bien dans un sens que dans l'autre. Il est donc nécessaire de formuler différentes hypothèses, en restant conscient du fait que les incertitudes peuvent seulement être réduites par un travail patient et rigoureux. Il faut continuer à accumuler des données et essayer de comprendre les faits observés, en utilisant des méthodes de type scientifique.

Si nous voulons vraiment faire avancer l'étude du phénomène OVNI, nous devons concentrer nos efforts sur ce qui peut être le plus révélateur. Il faut donc dégager les caractéristiques du phénomène qui ont été observées dans de nombreux cas, sans idées préconçues quant à la nature et l'origine du phénomène. Ensuite, nous devons imaginer ce qui pourrait se cacher derrière les apparences, formuler des hypothèses et voir ce qui en découle, pour le confronter à d'autres observations. Cela me semble possible, si l'on est prêt à le faire!
4. Informations complémentaires


L'évolution du dialogue

M. Bonabot m'a téléphoné dès la réception de mon rapport du 5 juillet. Il me disait qu'il était désolé de m'avoir blessé en me qualifiant de malhonnête. Il l'a confirmé dans sa lettre du 11 juillet 1997: « Au professeur Auguste Meessen j'adresse ici ouvertement mes excuses pour les mots accablants qui ont été mentionnés en page 10 du Bulletin de GESAG de mars 1997... Cette vive critique ne se justifiait pas à l'égard d'un scientifique qui a le courage et l'amabilité de partager ses recherches avec des ufologues. Aussi je répéterai mes excuses dans le prochain Bulletin du GESAG, en début de la publication. » Pour ma part, j'exprime mon respect pour ce geste qui grandit son auteur, mais je ne sais pas si la promesse a été tenue.

Dans sa lettre, M. Bonabot résumait la conclusion qu'il avait tirée du débat contradictoire en ces termes: il y a eu « un phénomène extraordinaire, non naturel, au-dessus de la Gileppe », en même temps que « la présence de Vénus ». Quand je lui ai téléphoné au début de septembre, il a ajouté que l'attention des gendarmes a pu être captée par ce qu'ils voulaient regarder, comme c'est le cas quand on voit une personne dans une foule? Ici le message semble être passé.

Je n'ai pas pu atteindre M. Vanbrabant, mais nous savons que ses jugements sont devenus progressivement plus nuancés. Il a déjà indiqué que l'hypothèse de Vénus était pour lui une « question » qu'il se posait et à laquelle il me demandait de répondre. J'ai essayé de le faire le mieux possible. Par contre, quand j'ai téléphoné à M. Van Utrecht pour savoir s'il y avait d'autres éléments que je devrais ajouter dans ce texte-ci, il ne m'a pas donné l'impression d'avoir changé d'avis. Je le constate simplement, puisque mon rôle se limite à l'examen du problème, en fournissant toutes les informations et clarifications nécessaires pour que chacun puisse en tirer lui-même les conclusions appropriées. La responsabilité de chacun est engagée à titre personnel, mais maintenant, en connaissance de cause.

M. Van Utrecht m'a cependant fait parvenir une copie de l'article où il exposait l'hypothèse de Vénus (The Belgian 1989-1990 UFO Wave, in UFO 1947-1997 Fifty years of Flying Saucers, H. Evans and D. Stacy (editors), Fortean Times, John Brown Publ. London, 1997). Nous en avons reparlé et je lui ai fait part de ce que j'y trouvais positif et négatif. Puisque ce document concerne le problème qui nous préoccupe, il est utile de l'analyser et d'en extraire des informations complémentaires.



Une autre présentation de la vague belge

La description que M. Van Utrecht en donne fournit une image composite, où je trouve cependant deux tendances générales. D'une part, M. Van Utrecht présente la vague, en diminuant très nettement son importance. On n'en sera pas étonné, puisque l'auteur ne voulait sans doute pas fournir des arguments qui pourraient être favorables à l'hypothèse extraterrestre, mais cette image déformée n'est pas représentative de ce qui s'est réellement passé. D'autre part, M. Van Utrecht fait état de différentes tentatives d'explications conventionnelles, mais il reconnaît honnêtement qu'il n'en a pas trouvé qui soit convaincante.

La seule observation qui est un peu détaillée est justement celle des gendarmes von Montigny et Nicoll, le 29 novembre 1989. Le compte rendu comporte cependant une série d'erreurs. L'objet aurait été découvert en mouvement et non pas en position stationnaire. Les témoins auraient seulement pu discerner que c'était « une masse solide foncée, ayant la forme d'un triangle isocèle » au moment où l'objet les survolait. La ville d'Eupen est réduite à un village. Les gendarmes y auraient téléphoné eux-mêmes pour obtenir des renseignements des militaires et ils auraient décidé de rouler « vers un endroit, où ils étaient sûrs d'avoir une vue panoramique dégagée », au lieu de revenir simplement sur la route de crête, pour reprendre la poursuite. Ils auraient revu l'objet en arrivant à l'endroit visé et non pas en cours de route. L'objet aurait « semblé » être stationnaire et « d'après une des premières interviews », les gendarmes auraient eu « l'impression floue (unclear) que de temps en temps (every now and then), il y avait des faisceaux de lumière, sortant très rapidement des côtés. »

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Ovnis Re: Etude approfondie et discussion de certaines observations

Jeu 18 Oct 2007, 15:04
Ce dernier point demande quelques explications. M. Van Utrecht se réfère à l'interview que les gendarmes ont accordé le 9 décembre 1989 à une série de journalistes, venus à la caserne d'Eupen. Un rapport en avait été établi par Patrick Vantuyne pour l'association Pro-Seeti. Il signale dans ce rapport que les conditions de l'interview étaient difficiles, puisque les journalistes posaient leurs questions de manière chaotique (deze verklaring gebeurde zeer verward daar toenertijds in de kazerne persmensen... zorgden voor een soort chaos van vragen blijkbaar zonder enige logica). La phase de la découverte n'apparaît pas du tout dans ce rapport, mais l'objet aurait apparemment survolé les gendarmes. Il est explicitement mentionné, par contre, que les gendarmes ont fait plusieurs courts arrêts pour observer le phénomène avant d'atteindre la hauteur de Kortenbach. Ils y sont arrivés vers 18h30 et ils y ont constaté que le phénomène se tenait immobile, juste au-dessus de la tour (stil... en pal boven een verlichte uitkijktoren).

Le phénomène des boules rouges est esquissé de la manière suivante: « En le regardant, ils avaient tous les deux l'impression, bien qu'elle fut imprécise, que des faisceaux de lumière sortaient parfois très vite des côtés du phénomène, dans toutes les directions. » La lettre initiale de M. Vanbrabant (du 17 décembre) et la dernière lettre de M. Van Utrecht (du 17 juin) citent ce passage, où le terme « toutes les directions » a été pris à la lettre. Cela explique que M. Van Utrecht ait pu penser à des rayons divergents, comme pour le soleil derrière un nuage.

J'ai reçu le rapport de M. Vantuyne quelques jours après la réunion du 22 février. Il signalait qu'ils avaient « évidemment » voulu dire (à Pro-Seeti) que les rayons s'écartaient latéralement. Ils ont ajouté dans « toutes les directions » parce qu'ils estimaient que les gendarmes pouvaient difficilement voir dans quelles directions les rayons partaient, étant donné que la source se trouvait pratiquement à la hauteur des yeux des témoins. Ma première interview de M. von Montigny montre que j'ai également pensé à cette possibilité. Maintenant, je pense cependant que les « boules rouges » aux extrémités des faisceaux permettaient d'avoir une assez bonne perception de la direction suivie. Le 9 décembre, les gendarmes ont évidemment pu parler d'une « impression imprécise » au sujet des rayons, puisqu'ils ne savaient pas ce que c'était et ils ne voulaient pas en dire davantage. Ma première interview a fourni déjà beaucoup plus de détails et révélé les causes de leurs réticences.

Revenons à la publication de M. Van Utrecht. Pour accréditer l'hypothèse d'un ULM que des « chercheurs sceptiques par rapport à l'interprétation extraterrestre » ont avancée, il signale que « d'autres témoins... ont mentionné un son particulier, qui leur rappelait celui d'un ventilateur. » Cela s'applique à certaines observations du 29 novembre 1989, mais n'est pas une caractéristique générale. Au contraire, c'est la diversité des formes et des comportements des ovnis observés, ainsi que leur capacité de faire du « sur place » en l'air qui aurait dû être relevée. Le nombre et la qualité des observations rapprochées n'apparaissent pas non plus dans l'article de M. Van Utrecht, chargé de présenter la vague belge.

Il suggère même que les enquêtes ont été menées de manière superficielle, puisqu'il écrit au début de l'article que « c'était seulement en 1996, qu'un chercheur indépendant a découvert que la planète Vénus se trouvait exactement à l'endroit (exactly at the spot) où les gendarmes avaient situé la brillante boule de lumière... En outre, le ciel était parfaitement clair pendant cette soirée et les témoins n'ont pas mentionné une seconde lumière intense près de l'OVNI. Ces circonstances rendent très vraisemblable (likely) qu'en fait, Vénus était responsable de cette phase des observations. » L'auteur ajoute: « Quant à l'impression floue de faisceaux de lumière sortant des côtés... cela pouvait résulter des effets atmosphériques bien connus qui se produisent quand des sources de lumière sont observées bas sur l'horizon. » Etant donné que les gendarmes ont vu surgir un « autre objet » quand ils observaient la lumière au-dessus de la tour, M. Van Utrecht associe ce fait à la construction suivante: « Si l'interprétation par Vénus est correcte, il n'y a plus aucune raison pour croire qu'il y avait plus d'un seul objet non identifié dans les cieux de la Belgique au cours de cette soirée. »Tout ce qui s'est passé le 29 novembre 1989 est balayé du même coup, sans que les faits observés (VOB.1.11-49) le justifient.

Le reste de la vague est traité d'une manière tout aussi tendancieuse. Nous apprenons par exemple qu'au cours de la nuit du 11 au 12 décembre 1989, « de nombreuses personnes de la région de Liège et Namur se sont étonnés d'un mystérieux assemblage illuminé qui glissait au-dessus de leurs maisons... Un homme réveillé par un bruit de pulsations, vit un objet ovoïde qui semblait s'être empêtré dans un sapin... La description de l'objet inconnu suggère fortement qu'une sorte de ballon motorisé a eu des problèmes techniques (got into trouble) pendant cette nuit. » D'après Wim Van Utrecht, ceci expliquerait toutes les autres observations de cette soirée, mais ilreconnaît au moins que « personne ne s'est jamais présenté pour assumer la responsabilité d'un tel incident. » Il est très instructif de relire le rapport de la SOBEPS à cet égard (VOB.1.82-113). Ces divergences devraient intéresser les sociologues, psychologues et historiens.

L'auteur présente aussi les observations radar des F-16 et les deux photos remarquables de la vague suivant sa propre philosophie. Il signale l'existence d'un « monsieur K » qui dispose d'un ballon, muni d'une camera et de petites hélices. Celui-ci aurait contacté la Force Aérienne Belge pour « vendre la solution du problème des ovnis » contre une forte somme d'argent, de l'ordre d'un million de dollars US. M. Van Utrecht écrit: « tout cela fait de K un bon candidat pour expliquer la vague belge des observations d'OVNI », mais « nous n'avons pu trouver aucune preuve décisive que K était effectivement impliqué. Ce qui est plus grave (worse), c'est que K nie maintenant d'avoir fait voler son plus léger que l'air à l'extérieur. » C'est donc cela qu'il trouve regrettable. Pour ma part, je m'étonne surtout du fait que les éditeurs du livre consacré à l'ufologie de 1947 à 1997 n'ont pas trouvé nécessaire de rendre compte de la vague belge en s'adressant à ceux qui ont fait les enquêtes et la connaissent bien.

M. Van Utrecht cherche évidemment à expliquer le phénomène OVNI sans hypothèse extraterrestre. C'est son droit et ce serait même utile, s'il n'y avait pas de distorsion des faits et une désinformation qui s'en suit. Il reconnaît pourtant qu'il n'a pas trouvé d'explication conventionnelle et je tiens à le souligner ce fait. Il est significatif, puisqu'il en a cherché avec beaucoup d'assiduité et puisque d'autres « sceptiques » n'ont même pas cette honnêteté là. Cela me rappelle aussi le discours de Millikan quand il a reçu le prix Nobel en 1921, pour ses travaux sur l'effet photoélectrique. Il disait: « J'ai passé dix années de ma vie à tester cette équation d'Einstein de 1905 et - contrairement à mon attente - j'ai été obligé en 1915 d'en admettre la vérification expérimentale inambigüe. » Les efforts des « sceptiques » pour s'opposer à l'acceptation du phénomène ovni tel qu'il est et à une étude où l'hypothèse extraterrestre n'est pas exclue, peuvent aboutir finalement à un renforcement de la thèse qu'ils combattent. Au départ, je voulais seulement vérifier si l'hypothèse de Vénus était acceptable ou non pour rendre compte d'une observation particulière, mais maintenant, je livre un problème plus vaste à votre réflexion.

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