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brunehaut
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Ovnis Exposé de Christel Seval lors de la conférence du 16 - 17 octobre à Strasbourg

le Dim 13 Mar 2011, 23:08

Christel Seval 1/2 par kuriltai


Christel Seval 2/2 par kuriltai

Exposé de Christel Seval (ancien ingénieur informatique au ministère de la Défense française et membre d'UFO-science) sur le sujet OVNI lors de la conférence du 16 - 17 octobre à Strasbourg.

_______________________________________
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Ovnis Re: Les implications d'un éventuel contact avec des Extraterrestres

le Ven 01 Avr 2011, 00:04
Merci pour ces vidéos enfin ... la première est au format vidéo, la deuxième au format audio, mais ça ne fait rien car c'est le contenu le plus important.

Ses propos reflètent exactement mes pensées concernant tout le sujet ovni.

Où puis-je me tenir informer des conférences de ce genre ???
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Ovnis Les implications d'un éventuel contact avec des Extraterrestres

le Sam 21 Mai 2011, 00:10

Depuis quelques temps je me dis qu’il devient urgent de faire de la prospective sur cette affaire de contact extraterrestre et d’essayer de penser « l’impensable », une sorte « d’intelligence stratégique » afin de se projeter dans les possibles pour mieux atterrir lorsque le contact deviendra une réalité indiscutable.
Partant de l’adage populaire qu’un « homme averti » (étendu bien entendu à la gent féminine) en vaut deux, se préparer en envisageant différents scénarios de contact, même si au final ceux-ci se révèlent complètement à côté de la plaque aura au moins le mérite d’ouvrir notre esprit et d’éviter des réactions « binaires » de rejet ou de croyance en de nouveaux dieux, voir de sombrer dans une sorte de dépression collective en constatant l’insignifiance de l’humanité au regard de civilisations qui pourraient avoir quelques millions d’années d’avance sur la notre en terme de développement.

C’est à l’humanité de trouver son chemin dans les étoiles et non d’attendre les bras croisés que ce chemin lui soit tracé.
Mais vous me demanderez certainement, comment procéder ? Et bien, je n’ai pas la science infuse mais en m’inspirant du Ménon de Platon à propos du chemin qui conduit à Larisse,
Si quelqu'un sachant le chemin qui conduit à Larisse, ou en tel autre endroit qu'il te plaira, se mettait lui-même dans cette route, et servait de guide à d'autres; n'est-il pas vrai qu'il les conduirait bien? Mais un autre qui se ferait une opinion juste de ce chemin, quoiqu'il n'y eût pas été et qu'il ne le sût pas, ne conduirait-il pas bien aussi ?
Et tandis qu'il aura une opinion vraie sur les mêmes objets, dont l'autre a une pleine connaissance, il ne sera pas moins bon conducteur que lui, quoiqu'il atteigne le vrai, non par la science mais par conjecture.
Ainsi l'opinion vraie ne dirige pas moins bien que la science par rapport à la rectitude d'une action.
Ainsi l'opinion vraie n'est ni inférieure à la science, ni moins utile par rapport aux actions; et à cet égard celui qui a l'opinion vraie ne le cède point à celui qui a la science
Je me dis simplement qu’il convient de s’intéresser à ceux qui nous ont précédé et qui se sont déjà posés cette question et de faire un inventaire de ces possibles qui bien entendu ne sera pas exhaustif mais qui aura au moins le mérite de brasser, toutes disciplines confondues (car en ces matières, le néxialisme[1] est de rigueur) ces champs du possible.
J’espère que ce sujet vous intéressera et suscitera votre participation.
A titre d’exemple anecdotique et pour montrer s’il le fallait que quelque chose a changé dans ce monde, voici quelques vidéos d’une conférence récente. De quoi discute t’on dans un séminaire dédié à la compétitivité globale (même le champ économique est impacté !) :
https://www.youtube.com/gcfchannel#p/u/93/4S98WGpzW1Q
https://www.youtube.com/gcfchannel#p/u/97/7lP9eTSVWlM
Les esprits chagrins pourront toujours dire qu’ils sont allés chercher leur chèque (ou leur Cheikh ?) , ceci dit, l’avalanche de découvertes que produit l’observation de notre univers avec des moyens toujours plus sophistiqués conduit petit à petit la communauté scientifique à prendre conscience de l’universalité de la vie et, par voie de conséquence, de l’intelligence dans le cosmos.
Rendons à césar ce qui appartient à césar, ces hommes n’ont pas la primeur d’une conférence à vocation scientifique sur le sujet et saluons au passage M Pradine qui est à ma connaissance le premier à avoir organisé un tel évènement. Encore qu’en cherchant bien il me semble que des scientifiques russes et américains s’étaient déjà rencontrés en 1971 à l’observatoire de Byurakan dans l’URSS de l’époque pour aborder le thème du CETI (un clin d’œil sans doute à mira CETI et cette belle constellation de la baleine) acronyme pour Communication with ExtraTerrestrial Intelligence déclarant que des récentes découvertes avaient transféré ce sujet du royaume de la spéculation au royaume de l’expérimentation et de l’observation. A cette occasion, le caractère interdisciplinaire de cette recherche CETI était reconnu, les conférenciers envisageant qu’un cercle élargi de spécialistes allant des astrophysiciens aux historiens devait participer et contribuer activement.
Voilà pour cette introduction du sujet que je ne manquerai pas de développer dans les prochains jours. En attendant je vous laisse méditer ces paroles du poète Ibn Arabî
Regarde les détails de ma constitution et l’ordonnance de ma forme ! Je suis la Connaissance, le Connu et le Connaissant. Je suis la Sagesse, l’œuvre sapientale et le Sage. Je suis le Verger mûr et la Récolte totale ! Lève maintenant mes voiles, et lis ce que contiennent mes instructions. »
[1] Il me semble que ce terme apparait pour la première fois dans un roman de science fiction de A.E. Van Vogt, « la faune de l’espace ».
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nexialisme
Cela désigne une méthode scientifique consistant à articuler les savoirs de manière composite pour trouver des solutions originales aux problèmes posés et dégager de nouvelles pistes.
En fait le véritable découvreur de ce concept est Alfred Korzybski dont A.E Van Vogt s’est inspiré à plusieurs reprises dans ces romans de S.F et notamment « le monde du A ». Comme il vaut mieux avoir à faire à l’original qu’à la copie, je vous suggère de découvrir cet auteur dans son chef d’œuvre de 1933 « Science and Sanity », malheureusement ce bouquin n’est disponible qu’en anglais à ma connaissance.
Sa démarche n’est pas étrangère au sujet qui nous préoccupe et j’aurai même tendance à dire qu’elle pourrait constituer les fondements d’une nouvelle logique.
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Ovnis Re: Les implications d'un éventuel contact avec des Extraterrestres

le Dim 22 Mai 2011, 00:16
Depuis quelques temps je me dis qu’il devient urgent de faire de la
prospective sur cette affaire de contact extraterrestre et d’essayer de
penser « l’impensable », une sorte « d’intelligence stratégique » afin
de se projeter dans les possibles pour mieux atterrir lorsque le
contact deviendra une réalité indiscutable.

Tout à fait d'accord avec vous, on peut spéculer sur des approches différentes de ce contact pour mieux se préparer, je vous laisse débuter les pistes à suivre... Tant d'écart entre deux civilisations (sachant que la nôtre semble technologiquement moins développé) est dangereux pour nous (et peut être pour eux aussi, à long terme) et mérite que l'on s'y attarde.


Citation:Le néxialisme désigne une méthode scientifique consistant à articuler les savoirs de manière composite pour trouver des solutions originales aux problèmes posés et dégager de nouvelles pistes.

En même temps, cela se fait depuis longtemps mais de manière de plus en plus vaste; un physicien est aujourd'hui toujours mathématicien, mais aussi peut être astrophysicien, etc... Connaître une multiplicité de domaines permet d'avoir une vision plus large des problèmes et ainsi trouver les solutions adéquates.
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Ovnis Re: Les implications d'un éventuel contact avec des Extraterrestres

le Mar 24 Mai 2011, 13:20
Concernant la logique de présentation des articles dans ce fil, veuillez ne pas trop tenir compte de l’aspect décousu qui pourrait s’en dégager. J’essaye simplement de présenter les éléments comme ils me viennent et de reconstituer une réalité qui s’échappe dès que l’on pense trouver une explication qui pourrait permettre de tout comprendre, un peu comme ces pelures d’oignon, qui lorsqu’on le décortique n’enrobe pas celui-ci mais plonge en son centre, recouvertes par d’autres pelures qui semblent elles plus étendues en apparence et ainsi de suite. C’est pourquoi, pour ces sujets comme pour bien d’autres, il me semble qu’une approche « rhizomique » ( en s’inspirant de l’ouvrage de Gille Deleuze et Félix Guattari, »Mille plateaux ») me parait plus appropriée. Aussi je vous parlerai aujourd’hui du Zoo cosmique. Parmi les scénarios retenus pour expliquer le paradoxe de Fermi, une des solutions est dénommée « l’hypothèse du Zoo cosmique ». Peut-être convient-il d’expliquer plus en détail ces deux points :
Le paradoxe de Fermi :
Je reviendrai sur ce paradoxe et montrerait pourquoi il est bien mal nommé, Fermi n’ayant pas eu la primeur de ce raisonnement et ne s’est jamais vraiment penché sérieusement sur la question. De quoi s’agit-il ? En gros, si l’échelle temporelle d’apparition d’une civilisation qui accède aux voyages dans l’espace et visite la galaxie est beaucoup plus faible que l’âge de la galaxie, alors ils devraient nous visiter. Pourquoi ne les avons-nous pas encore rencontrés ou du moins aperçus quelques signes de leur présence ? On trouvera dans un papier de M Hart « An explanation for the Absence of Extraterrestrials on Earth » [1] une présentation plus détaillée de ce paradoxe et notamment ceci :
En faisant l’hypothèse que nous envoyons des expéditions d’exploration vers chacune des 100 étoiles les plus proches, (elles sont toutes dans un périmètre de 20 années-lumière autour du soleil), chacune de ces colonies a le potentiel d’envoyer éventuellement leurs propres expéditions, et ces colonies à leur tour peuvent envoyer les leurs et ainsi de suite. S’il n’y a pas de pause entre les voyages, la frontière d’exploration de l’espace ressemblerait à la surface d’une sphère dont le rayon croitrait à la vitesse de 0,1 fois la vitesse de la lumière (hypothèse de travail retenue [2]). A cette vitesse la galaxie serait traversée en 650 000 ans environ. Si nous faisons l’hypothèse que le temps entre deux voyages est du même ordre de grandeur que le temps du voyage, alors le temps nécessaire pour s’étendre dans la galaxie est en gros doublé, soit 1,3 Million d’années.
Ce qui vous en conviendrez est faible en regard de l’âge de notre planète- 5 milliards d’années, de l’âge de la galaxie- 10 milliards d’années -et du temps de rotation de celle-ci 200 millions d’années pour faire un tour! Il s’agit ici de retenir l’ordre de grandeur du temps nécessaire à la conquête. Cette valeur peut être plus importante si l’on part d’une hypothèse de vitesse de voyage plus faible qu’un dixième de la vitesse de la lumière. Continuons avec Hart :
Nous voyons que s’il y avait d’autres civilisations avancées dans notre galaxie, ils auraient largement le temps de nous atteindre, à moins qu’ils aient commencé leur exploration spatiale il y à moins de deux millions d’années. Il y aurait effectivement dans ce cas peu de chance que le soleil soit accidentellement visité. Même si les habitants d’un système planétaire proche nous ignorent, en quelques années, une expédition d’une de leurs colonies, ou d’un autre système planétaire proche nous rendrait visite.
Le Zoo Cosmique :
Pour expliquer cette absence et répondre à ce paradoxe de Fermi qui est loin d’être une problématique triviale, les chercheurs ont imaginé des tas de solutions que nous passerons en revue dans ce fil allant de la possible existence d’un processus de synchronisation de la vie dans l’univers à des hypothèses comme par exemple le Zoo cosmique que je vous propose d’aborder aujourd’hui
Il se trouve qu’une publication récente vient remettre ce scénario au devant de la scène[3] De quoi s’agit-il ? Le concept est le suivant :
L’humanité a été délibérément isolée ou ignorée par la communauté galactique, soit parce que les humains sont jugés trop primitifs, soit parce qu’interférer avec des civilisations de notre niveau de développement est dangereux, ou simplement parce que nous constituons un exemple intéressant d’une civilisation en voie de développement pour des extraterrestres anthropologues ou historiens (Ball 1973- [4]). Nous devons nous attendre à ce que cette politique soit appliquée dans les deux circonstances suivantes :
1 Une seule civilisation extraterrestre existe à portée de contact.
2 Une règle universelle ou un traité existe qui empêche les signataires d’interférer (voir Freitas 1977 pour la description d’une possible loi globale concernant la Terre).
Hair (2011) a étudié plus en détail la seconde circonstance. Si un tel traité existe, une uniformité de mobiles est nécessaire au sein de la communauté galactique, quelque chose qui se réduit de plus en plus au fur et à mesure que de nouvelles civilisations surviennent. Après tout, une seule civilisation peut enfreindre le traité pour interférer avec le développement de la Terre, transformant l’hypothèse du Zoo cosmique en hypothèse soft (en utilisant les définitions de Cirkovic 2009).
Pour maintenir une uniformité de mobiles, toutes les civilisations doivent évoluer vers des standards et des conduites similaires, éventuellement fortement assisté s’il existe une culture dominante déjà présente. Hair propose que la première civilisation galactique puisse fournir cette culture dominante. Cette première civilisation peut-être présente à la naissance des autres civilisations, les escortant vers une culture commune et vers l’uniformité de mobiles requis.
Hair étudie la distribution du premier temps « entre arrivée » (appelé ci après IAT1)
IAT1 = t2 - t1
Où ti est le temps où la civilisation i devient intelligente (c'est-à-dire où elle construit son premier radio télescope ou l’équivalent, et peut recevoir des messages interstellaires). Si ti est distribué comme une Gaussienne, il peut être démontré que IAT1 est représenté par une distribution exponentielle inverse (Snyder & Miller, 1991). Dans ce modèle simplifié, Hair montre que la première civilisation peut exister pendant plus de 300 millions d’années seule dans la galaxie[4]. Ceci peut permettre à la « chaine de culture » d’être mise en place, mais comment cette chaîne peut-elle être brisée ? Pour que l’hypothèse du Zoo cosmique soit forte, il faut que cette hégémonie soit transmise d’une civilisation à l’autre sans que la chaine soit brisée.
Une fois qu’une civilisation apparaît, la vitesse maximum à laquelle elle peut développer son influence est la vitesse de la lumière dans le vide[5]. Une limite temporelle est alors imposée- Si IATi+1 entre les civilisations i et i+1 est faible en comparaison de leur séparation spatiale, alors la chaîne de culture sera brisée- La civilisation i+1 arrivera avant que la civilisation i puisse communiquer son identité culturelle, et son uniformité de mobiles échouera probablement.
Il est vrai que l’hégémonie peut continuer si la première civilisation est suffisamment pérenne pour que t3-t1 soit grand par rapport à la séparation relative des civilisations 1 et 3, et ainsi de suite avec des nombres plus élevés de civilisations. Nous verrons aussi plus tard dans ce papier, que l’hégémonie totale impliquera que la première civilisation (ou du moins une des civilisations initiales) puisse persister pendant une période extrêmement longue[4], affaiblissant un peu plus cette variante de l’hypothèse du Zoo, comme nous ne pouvons rien dire de concluant actuellement sur la durée de vie des civilisations. Dans ce travail, je me suis focalisé sur l’alternative plus sévère- la chaine de culture n’est pas imposée par une civilisation individuelle en particulier, mais plutôt par toutes les civilisations à leur tour. La chaine de culture est donc aussi forte que son plus faible lien[5].
Alors que le temps « entre arrivée » est un paramètre important et nécessaire de toute étude de l’hypothèse du Zoo, nous ne pouvons oublier les contraintes imposées par la distribution spatiale des civilisations (Freitas 1980). Ce papier examinera les contraintes spatio temporelles dans deux études séparées. La première considérera un « modèle-jouet » simple et de façon analogue à celle de Hair (2011), en ajoutant les contraintes de distribution spatiale. Dans ce modèle, les temps d’arrivée et les localisations spatiales de chaque civilisation ne sont pas corrélés.
La seconde étude utilisera un ensemble de données plus réalistes, puisées à partir de simulations menées selon l’algorithme de Monte Carlo de la vie et de l’intelligence dans la voie lactée (Forgan, 2009 ; Forgan & Rice, 2010). Compte tenu de la prise en compte explicite de l’histoire de la formation des étoiles de la voie lactée, de la relation âge-métallicité et des gradients de métallicité, les temps d’arrivée et les localisations spatiales de chaque civilisation seront quelque part corrélés.
Les résultats de ces deux études indiquent que les contraintes ajoutées par la localisation spatiale conduisent à briser l’hégémonie établie par la première civilisation, et que la chaine de culture est en fait constituée de plusieurs chaines de culture séparées. Bien que cela n’éradique pas complètement la possibilité que l’hypothèse du Zoo soit correcte, elle s’en trouve sérieusement affaiblie. Si une hégémonie partielle recommande une ingérence et commence à le faire, cela réduit la solution du Zoo de la même manière que lorsque les civilisations individuelles font un choix similaire.
L’auteur du papier développe alors un paramètre, Hi = c2 *(IATi )2- Iri+1-ri I 2 (ou IATi est le temps « entre arrivée » , c la vitesse de la lumière et ri le vecteur décrivant la localisation de la civilisation i par rapport au centre de la galaxie) qui mesure l’influence de la civilisation i sur la civilisation i+1, pour imposer son hégémonie. Si Hi = x (dans ces unités où la distance est en parsec et le temps en millions d’années), nous pouvons dire que la civilisation i est capable d’émettre des signaux à la civilisation i+1 pendant un temps égal à racine carré (x)/c exprimé en millions d’années avant que la civilisation i+1 deviennent suffisamment intelligente pour recevoir un tel signal.
L’hégémonie peut-être établie dans les cas suivants :
Valeur positive de Hi, la civilisation i peut envoyer un signal à la civilisation i+1 avant que celle-ci ne devienne intelligente) ou valeur nulle (le signal de la civilisation i arrive en même temps que la civilisation i+1 devient intelligente) .
Par contre si Hi <0, l’hégémonie elle est brisée (la civilisation i ne peut envoyer de message à i+1 avant que celle-ci ne devienne intelligente.)
Dans le « modèle-jouet » , la location spatiale et temporelle des civilisations est décorrélée, et l’établissement d’une « chaine de culture » constante est brisée rapidement et facilement. En fait, en moyenne, le paramètre d’hégémonie H, qui mesure la séparation spatio temporelle de l’arrivée de deux civilisations, est régulièrement négatif avec des valeurs jusqu’à 3 sigma, impliquant que l’hégémonie n’est jamais vraiment établie dans ces circonstances. Ces résultats demeurent constant malgré la variation des paramètres de la distribution du temps « entre-arrivée » , et semble éliminer l’hégémonie totale de toute culture.
Ces tendances sont aussi trouvées dans les données provenant des simulations de Monte Carlo, malgré la faible corrélation entre la localisation spatiale et temporelle. L’hégémonie totale est brisée à la fois dans le cas où il y a peu de civilisations et dans le cas où la galaxie est pleine de monde. Ce qui semble plus établi, c’est que des hégémonies partielles sont établies par plusieurs civilisations – le nombre total d’empires dans ce cas n’est pas clair et demande des analyses ultérieures. Nous devons aussi envisager la possibilité que les intelligences extraterrestres ne mènent pas des logiques d’empires car celles-ci sont insoutenables économiquement (Cirkovic, 2008 ; Haqq-Misra & Baum, 2009). Ceci mis à part, le plus d’hégémonies existent, le moins probable est l’établissement d’une uniformité de mobiles (comme si, d’une manière exactement similaire, des civilisations non connectées essayaient d’établir une uniformité sans contact ni échange culturel). Dans ce modèle révisé, les hégémonies sont l’unité de base de la civilisation, où une « civilisation » regroupe beaucoup de sous-civilisations différentes (à l’image de l’empire Romain qui comprenait d’autres civilisations tel que les grecs ou les bretons).
La seule exception à ces conclusions c’est lorsqu’une civilisation survit pendant un temps suffisamment long pour réparer la chaine de culture partout où elle est cassée. Supposé une telle civilisation affaiblit l’hypothèse du zoo en demandant son apparition tôt dans la chaine, ce qui réduit sa probabilité de façon significative. Bien entendu, le grand nombre de galaxies dans l’univers augmentera l’apparition irréfutable d’un événement si peu probable, permettant aux circonstances spécialement demandées pour l «angoissant silence »[6] d’exister dans quelques galaxies (Davies, 2010). Ainsi, la solution du Zoo est seulement défendable en utilisant le principe anthropique faible (superficiellement, « les choses sont ce quelles sont parce que nous les observons »). Donc, nous ne pouvons invalider l’hypothèse du Zoo, mais c’est, sans aucun doute, une solution « molle » et de ce fait, insatisfaisante en tant que solution au paradoxe de Fermi.


[1]« An explanation for the Absence of Extraterrestrials on Earth ». Reprinted from the Quaterly Journal of the Royal Astronomical Society, 16, 128-33, 1975.
[2] Cette valeur ne semble pas complètement absurde. Voir « Interstellar Propulsion Systems » de Freeman Dyson présenté au symposium qui s’était tenu à l’université du Mariland sur le thème « Where are they ? » le 2 et 3 novembre 1979. Ce papier date déjà de plus de 30 ans et est à mettre en parallèle par exemple avec ceci qui est beaucoup plus récent :
http://wn.com/aneutronic_fusion
http://www.crossfirefusion.com/nuclear-fusion-reactor/overview.html
http://www.crossfirefusion.com/spacedrive-electric-propulsion/phase-displacement-space-drive.html
http://gltrs.grc.nasa.gov/reports/2005/TM-2005-213998.pdf
The potential benefits of breakthrough propulsion cannot yet be calculated with certainty, but crude introductory assessments show that the performance gains could span from a factor of 2 to a factor of 10150 improvement in the amount of energy required to move an object from one point to another.
[3]Spatio-temporal Constraints on the Zoo Hypothesis, and the Breakdown of Total Hegemony. Duncan H.Forgan.
http://arxiv.org/PS_cache/arxiv/pdf/1105/1105.2497v1.pdf
[4]Ces points ne sont pas sans rappeler le dossier ummite où l’on retrouve de façon étonnantes ces éléments éparpillés dans les lettres. Je ne polémiquerai pas sur l’origine de ces lettres constatant simplement le fait troublant suivant que des choses écrites dans les années soixante prennent sens à la lecture d’un papier scientifique de 2011…
[5]
Ce papier est fort intéressant, cependant il me semble pécher sur au moins les deux points suivants (à noter aussi que le concept de zone habitable pour la galaxie - à déployer peut-être au niveau de l’univers ?- est peut-être trop restrictif ici :
1 La vitesse de l’information
L’hypothèse qui consiste à prendre la vitesse de la lumière comme limite de la propagation de l’information dans notre univers. Elle semble correcte car conforme aux théories actuelles , ceci dit il est permis d’imaginer que ces civilisations avancées aient découvert un moyen de voyager plus vite que la lumière (Cf théories sur les univers gémellaires ou sur la variabilité des constantes universelles). Dans ce cadre, il ne serait pas difficile d’imaginer que la première civilisation émergente puisse établir au sein de la galaxie l’hégémonie en question. Cela soulève alors le point concernant l’existence de cette civilisation « primordiale », la première au sein d’une galaxie à accéder aux voyages interstellaires rapides et qui bénéficie d’un statut particulier sauf à imaginer un processus de synchronisation qui met un peu tout le monde sur un pied d’égalité (mais quelques million d’années de retard dans l’évolution, c’est vite attrapé surtout si l’on a la malchance de se trouver dans un système planétaire chahuté) dans cette course à l’échalote de l’intelligence et où nous aurions alors l’interpénétration de sphères d’influence. Ce dernier point débouche sur un autre papier que j’évoquerai ultérieurement à propos de simulations faisant intervenir des modèles de percolation. En poursuivant le raisonnement, la même démarche peut s’appliquer aux voyages intergalactiques et ainsi de suite. Peut-on alors établir un classement des civilisations galactiques(si ces dernières existent) en se référant notamment à la première des premières, celle qui accède au voyage intergalactique ? J’ai l’impression que c’est encore plus compliqué…
2 Le concept d’hégémonie
En fait, plutôt que de parler d’hégémonie, le développement des civilisations planétaires serait peut-être étroitement corrélé, voir conditionné par le développement d’une certaine éthique/ spiritualité que j’appellerai éthique cosmique. Celle-ci permettrait d’assurer une croissance et une évolution harmonieuse et éviterait l’autodestruction des civilisations émergentes. Une phase dans laquelle nous nous trouvons et qui n’est pas encore complètement révolue…En bref cette éthique cosmique, bien qu’émanant de civilisations au parcours complètement différent tendrait vers des concepts homogènes sous tendus par le développement de la vie, une représentation moderne des miroirs d’Amoli illustrant cette histoire de l’un et du multiple dans une relation autoconfigurante.

Dans ce cadre, plutôt que de parler d’hégémonie il faudrait évoquer l’accès à une éthique en quelque sorte universelle, je trouve malheureusement ce terme trop réducteur et peu adapté, l’universalité rimant bien trop souvent avec totalitarisme ou « toutité ». Voir à ce propos une indispensable lecture pour aborder ces sujets, « L’univers des totalitarismes » de Robert Jaulin.
[6] The Eerie Silence
http://www.amazon.co.uk/gp/product/1846141427?ie=UTF8&tag=markvernoncom-21&linkCode=xm2&camp=1634&creativeASIN=1846141427
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Ovnis Re: Les implications d'un éventuel contact avec des Extraterrestres

le Dim 29 Mai 2011, 09:28

https://www.dailymotion.com/video/xrk3n_fleetwood-mac-dreams_music
De façon assez surprenante la question « Y a-t-il de la vie dans l’univers en dehors de la Terre ? » n’ a été posée, en des termes rationnels et à travers les âges, que dans la littérature occidentale, c’est du moins ce que le papier suivant tend à démontrer :
The Extraterrestrial Life debate in different cultures- Jean Schneider
http://arxiv.org/PS_cache/arxiv/pdf/1003/1003.0277v1.pdf
Je me demande cependant si l’auteur n’est pas lui-même victime d’un biais cognitif par un phénomène d’embourbement culturel. Ceci dit un point important me semble être mis en exergue, la notion de décentration, de distanciation via le développement et la production des concepts, dont il est vrai, la culture occidentale est assez prolifique mais c’est loin d’être la seule.
Au passage on notera que cette problématique de la vie extraterrestre et du contact n’est pas apparue après la vague de 1947 mais était déjà bien présente et depuis des lustres si j’ose dire, dans notre culture planétaire et en particulier occidentale. Ce papier fourmille de références que je me permets d’extraire tant elles ne sont pas monnaie courante dans tous ces débats sur nos possibles altérités. Si cela peut aider à la réflexion.
Commençons par une citation puisée dans la littérature Juive, « Le guide des égarés » de Moise Maimonides (1135- 1204) :
« L’humanité entière dans son existence présente… et toutes les autres espèces d’animaux, constituent une partie infinitésimale de l’univers permanent… Il est très important que l’homme connaisse sa condition, et ne s’imagine pas de façon erronée que tout l’univers n’existe que pour lui ».
Maimonide connaissait très bien les travaux des grecs anciens et il participait au courant philosophique du moyen âge avec les philosophes Michael Scot (1175-1235) et Albertus Magnus (1193-1280) supportant l’idée de la vie extraterrestre (oui vous avez bien lu), ce qui, vous en conviendrez, à l’époque de la Terre plate et d’une instrumentation astronomique des plus limitée, était assez remarquable d’anticipation en terme de concept. De quoi faire pâlir nos pseudo sceptiques engluées dans une logique aristotélicienne antédiluvienne et justifiant peut-être la comparaison avec les Ichtyosaures :

Poursuivons ce voyage en prenant soin de mixer les chronologies afin de rester fidèle à cette approche rhizomique que je préconise et penchons nous sur la tradition hindou dans cet extrait du Mahabharata (le texte a été écrit entre 400 avant Jésus Christ et 400 après, autant dire que c’est pour le moins imprécis) , Bhrigu dit au chapitre 9 :
Le ciel que tu vois est infini. Il est la demeure de souverains couronnés de réussites ascétiques et d’êtres divins. Il est merveilleux et se compose de régions diversifiées. Sa limite ne peut être établie. Le soleil et la lune ne peuvent voir, dessus ou dessous, hors de portée de leurs propres rayons. Là où les rayons du soleil et de la lune ne peuvent arriver se trouvent des phares qui sont radieux eux-mêmes et qui possèdent la splendeur identique à celle du soleil ou du feu. Sache le, O donateur d’honneurs, qui est doté de grande splendeur et de renommée, même ces dernières ne regardent pas les limites du firmament, conséquence de l’inaccessibilité et l’infinité de ces limites. Cet espace que même les dieux ne peuvent mesurer est plein de mondes lumineux et étincelants, chacun au dessus des autres. Au-delà des limites de la terre sont les océans. Au-delà des océans se trouve l’obscurité. Au-delà de l’obscurité l’eau est là de nouveau, et au-delà du dernier se trouve le feu. Vers le bas, au-delà des régions infernales est l’eau. Au-delà se trouve la région appartenant aux grands serpents. Au-delà, c’est le ciel à nouveau, et au-delà du ciel, l’eau est encore là. Ainsi même, le ciel et l’eau alterne sans fin ».
Dans la Chine ancienne, il semble qu’il y ait seulement deux allusions à la pluralité des mondes. Dans le chapitre Qianxiang ( les cieux) de la grande encyclopédie « Gujin ushu Jicheng » qui se reporte à Yi Shizhen , écrivant autour de 1300 après Jésus-Christ la chose suivante :
Les hommes et les choses sont sans limite, et il en est de même pour la Terre et les Cieux. A titre de comparaison, quand un parasite se trouve dans l’estomac d’un homme, il ne sait pas qu’en dehors de cet homme, il y a d’autres hommes ; Un homme étant lui-même dans l’estomac de la Terre et des Cieux, il ne sait pas qu’au-delà de la Terre et des Cieux il y a d’autres Terres et d’autres Cieux ».
Et dans le livre de Po Ya Ch’in, Deng Mu écrit autour de 1000 ans après Jésus-Christ :
« Le Ciel et la Terre sont grands, pourtant dans tout l’espace vide il y a un petit grain de riz… C’est comme si tout l’espace vide était le tronc et le Ciel et la Terre un de ses fruits. L’espace vide est comme un royaume et le ciel et la terre ne sont pas plus qu’une simple personne appartenant à ce royaume. Sur un arbre, il y a beaucoup de fruits, et dans un royaume beaucoup de gens. Ne paraitrait-il pas déraisonnable de supposer qu’en dehors de la terre et du ciel que nous pouvons voir, il y a pas d’autres cieux, ni d’autres terres ! »

On retrouve enfin quelques références à des êtres non humains dans certaines cultures africaines et dans la culture Hopi, mais il s’agit plutôt d’êtres « surnaturels » comme des anges par exemple.
En ce qui concerne la culture occidentale, la question de la vie extraterrestre dans la littérature depuis les Grecs a été rassemblée dans des livres remarquables comme « Le débat sur la vie Extraterrestre de 1750 à 1900- l’idée de la pluralité des mondes depuis Kant à Lowell (Crowe 1986) » et « le débat sur la vie extraterrestre, de l’antiquité à 1915 (Crowe 2008) ». L’observation la plus importante, bien que flagrante, du livre de Crow c’est que tous les auteurs cités sont Européens et après 1800 Nord Américain.
Il est étonnant de constater que la plupart des auteurs qui sont entrés dans ce débat ont exprimé que l’existence de la vie extraterrestre leur semblait naturelle. Parmi les auteurs les plus célèbres, les quelques exceptions sont Aristote (Tiens cela ne m’étonne vraiment pas tant cet homme a pollué la pensée avec sa logique du tiers exclus), Augustine, Hegel, Schopenhauer et d’une certaine façon Platon (Là je reste plus circonspecte). Il y a donc très peu de sceptiques parmi des centaines d’optimistes. Une autre curiosité, c’est que si le débat s’est développé en intensité parmi la communauté scientifique jusqu’ à la fin du XIX siècle, presque aucun philosophe après Schopenhauer n’était plus concerné par ce sujet. Henri Bergson dans son « Evolution créatrice » et plus vaguement chez C.S Peirce et W.James mentionnèrent la question de la vie extraterrestre. C’est étrange parce que plusieurs philosophes au début du XX ième siècle comme Husserl, Cassirer, Wittgenstein étaient très bien informés des développements scientifiques de leur temps. Pour l’auteur du papier, ce fait reste un mystère qui ne peut être expliqué par l’ignorance : beaucoup de romanciers comme Charles Cros, H.G.Wells, G.Flaubert, A.Strindberg, Marconi, Stapledon et Tristan Bernard contribuèrent à porter le débat de la vie extraterrestre dans la culture générale. Ce n’est seulement que dans la seconde partie du XX ième siècle que Paul Watzlawick, un des plus grands spécialistes de la communication, une pointure de l’école de Palo Alto, Psychologue, psychothérapeute, psychanalyste et sociologue ( que je soupçonne d’avoir participé à quelques black programmes américains... ) posa sérieusement la question de la communication avec les extraterrestres (Watzlawick 1976) [1]. Son décès récent est passé complètement inaperçu.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Watzlawick

Paul Watzlawick, né le 25 juillet 1921 à Villach (Autriche) et mort le 31 mars 2007 à Palo Alto (Californie) est un théoricien dans la théorie de la communication et le constructivisme radical. Psychologue, psychothérapeute, psychanalyste et sociologue, ses travaux ont porté sur thérapie familiale et la psychothérapie générale.

Il est a noté que le débat sur la vie extraterrestre a bien été initié dans une zone en forme d’arc allant de l’inde à la Grèce et plus tard en Europe. Ce qui est curieux, soulève Jean Schneider , auteur du papier, c’est que la question « Pourquoi ce débat est-il essentiellement limité à la littérature occidentale ? » n’a jamais été discuté à sa connaissance. Il attribue cette situation au fait que les notions « d’ailleurs » et « d’étrangers » demandent une distanciation, voir une différentiation. Selon l’auteur, il existe deux types de distanciation : La distanciation entre les concepts et leurs objets empiriques, et la distanciation spatiale. L’auteur considère la culture occidentale comme la culture des concepts avec leur mathématisation et les contraintes logiques qu’ils imposent. Les concepts sont créés par les mots les nommant[1]. Cette vue est illustrée par exemple par les idées de nominalisme (Abelard) et le fameux idéalisme Berkeleysien (pour lequel, le prétendu matérialisme n’est en fait qu’un vrai idéalisme car nous n’expérimentons jamais vraiment la matière elle-même mais seulement des perceptions et ce que le langage en fait ! De quoi aussi rappeler les notions de trompe l’œil épistémologique évoquées par Miora Mugur-Schächter dans ce bouquin remarquable « L’infra-Mécanique Quantique » que j’évoquerai ultérieurement, tant les idées qui s’y trouvent sont novatrices et me semblent proposer une voie qui est aussi intéressante pour l’étude qui nous préoccupe).
En bref selon Jean Schneider, l’apparition du thème de la vie extraterrestre dans la zone Indo-Européenne, et son couronnement en Grèce est liée à l’apparition de la géométrie Euclidienne et au fameux logos Grec.

[1] Où il devient urgent de lire ou relire « Science and Sanity » d’Alfred Korzybski.
Mot/ étiquette(la carte n’est pas le territoire, cf Korzybski) désignant un concept (l’essence du concept est d’introduire une distanciation entre eux et ce qu’ils évoquent. Le concept peut aussi induire une représentation totalement erronées du monde (cf la Terre plate) . Comment accéder à la compréhension de ce concept de façon quasi immédiate sans ambiguïté, sans induire de mauvaises interprétations, des représentations erronées? Notre langage est plein d’ambiguïtés, de mots chapeau qui recouvrent pour une même chose (physique ou immatérielle) des « réalités » différentes imbriquées dans notre background social et notre parcours de vie. D’où la nécessité de développer une sorte de langue fonctionnelle « universelle » qui permette de s’affranchir de ce point d’achoppement. Mais comment ? Une des voies ne serait-elle pas de partir du concept de « frontière », surface d’échange qui délimite « mon être intérieur » de mon environnement, le moi de l’autre, une biosphère de l’espace et des autres biosphères ? Le principe pouvant être étendu aussi dans le domaine spirituel avec la notion de noosphère développée par Teilhard de Chardin. Une sorte de point nodal, cuspidal multiple à l’extérieur comme à l’intérieur, cette surface, frontière d’échange est unique, (Surface, face au dessus, limite de mon étant étant la frontière du firmament. Multiple à l’intérieur comme à l’extérieur. Point nodal, cuspidal dont jaillit le temps qui égrène les flux et reflux, sablier, voie d’échange de mon corps complexe avec le reste du monde) à l’image de cet un et du multiple des miroirs d’Amoli de la vie.

Philosophie exotique ou d’inspiration Spinoziste ?
Nos visiteurs potentiels ont passé un cap important de leur évolution, celui de ne pas s’autodétruire, aussi nous devrions regarder cette altérité éloignée non pas comme le reflet de nos peurs et de nos fantasmes mais bien plutôt comme le miroir de notre devenir.
En cette période troublée où nous sommes assiégés par la rampante dictature de la toutité, peut-être devrions-nous faire appel au paradoxal, comme le commandant de la forteresse d Hochosterwitz, pour renouveler notre façon de penser le monde et de construire des alternatives aux impasses thanatologiques que l’on nous impose en vérité absolue.

Changements de P. Watzlawick, J.Weakland/ R.Fisch : ISBN 2.02.005871.5
Lorsqu en 1334, la duchesse du Tyrol, Margareta Maultasch, encercla le château d Hochosterwitz, dans la province de Carinthie, elle savait trop bien que la forteresse, juchée au sommet d un rocher incroyablement escarpé, dominant la vallée d une grande hauteur, résisterait à toute attaque de front et ne serait prise que par un long siège. A la longue, la situation des assiégés se fit effectivement intenable : ils étaient réduits à leur dernier bœuf et à deux sacs d‘ orge. Mais la situation de Margareta devenait également critique, pour d autres raisons : ses troupes commençaient à s agiter, le siège semblait devoir durer une éternité, d autres expéditions armées se faisaient tout aussi urgentes. C est alors que le commandant de la forteresse se résolut à une action désespérée qui dut passer pour de la pure folie auprès de ses hommes : Il fit abattre le dernier bœuf, remplir sa cavité abdominale des deux derniers sacs d orge, et il ordonna que la carcasse fût ainsi jetée du haut du rocher dans un champ devant le camp de l ennemi. Lorsqu’ elle reçut ce message méprisant, la duchesse découragée, leva le siège et partit.

http://en.wikipedia.org/wiki/Hochosterwitz_Castle

Mais comment communiquer ?
"Imaginons que deux individus munis chacun d un émetteur-récepteur radio veuillent entrer en communication. Ils peuvent le faire qu’à condition de s’être mis préalablement d accord sur les données techniques telles que fréquence, code, signaux d appel, horaires de transmission. Sans cet accord sur le comment de leurs émissions, leurs chances d’entrer en contact seraient pratiquement nulles. On remarquera pourtant que le quoi ne présente pas de problème ni n’exige de coordination préalable : ils comprennent la langue dans laquelle sont envoyés les messages (en recourant éventuellement à un traducteur) ; comme tous les deux sont des êtres humains, vivant au même moment dans le même univers physique et partageant une somme d informations presque infinie sur leur condition et leur environnement, ils n’auront nulle besoin de trouver une base de compréhension mutuelle. Mais dans le cas de la communication extra-terrestre, c est à la fois le comment et le quoi qu’il faut découvrir et instaurer."
Paul WATZLAWICK, La réalité de la réalité (1978)

Ce passage du livre de Paul WATZLAWICK énonce ce qui semble "aller de soi": Créer une information compréhensible, exprimée dans une langue intelligible et communiquée suivant des procédures préalablement définies entre producteurs et utilisateurs. Alors poursuivons avec les notes de lecture de Sophie Guéneau à propos de Paul. Un trésor d informations pertinentes notamment sur la communication "géométrique"(Crop Circle) et surtout concernant l’histoire de la constellation "Bootis", finalement temporellement proche d’une autre plus célèbre.
http://www.limsi.fr/Individu/jps/research/weakaliens/index.html
2) Semantic Heterogeneity based approaches claim that
a) the Great Global Ontology is an utopia because of the term "Global",
b) in every day life, Semantic Heterogeneity is the basic rule,
c) Semantic Heterogeneity can be overcome at a local level.

17 La communication extra-terrestre
Au-delà de notre système solaire, une vie intelligente pourrait exister et sa forme devrait ressembler à celle de la vie sur terre, car il est pratiquement démontré que les quatre mêmes éléments fondamentaux qui composent notre terre composent la Voie lactée. Il existe dans notre Voie lactée un milliard de planètes qui sont comparables à la nôtre et pourraient abriter une vie semblable à la nôtre.
Le désir d'entrer en communication avec les organismes qui pourraient y vivre pose deux types de questions :
 Comment entrer en communication ? Quelle technique utiliser ? Les distances concernées empêchent d'envisager tout déplacement physique. Il en va différemment de la radiodiffusion qu'elle soit active (le plus grand radiotélescope situé à Porto Rico est capable de détecter toute impulsion qui proviendrait d'un instrument analogue dans notre galaxie) ou passive (notre planète est devenue une source de pollution électromagnétique dont des extraterrestres assez avancés technologiquement pourraient facilement repérer les signaux).
 Quel message transmettre, alors que nous ignorons leur façon de parler, de penser, et de ponctuer leur réalité de second ordre (donc, d'interpréter) ?
Si, techniquement, nous pouvons envoyer et recevoir des messages à l'aide d'un radiotélescope, il nous est impossible d'entrer en communication avec d'autres êtres si nous ne pouvons nous mettre en accord avec eux sur la fréquence sur laquelle nous pouvons communiquer. Or, comment se mettre en accord avec eux, sans être entré en communication ? Watzlawick nous ramène à la question de l'interdépendance

Anticryptographie
Nous avons vu qu'en absence de communication préalable à une décision interdépendante, les acteurs doivent émettre une hypothèse tacitement partagée ou baser leur hypothèse sur un élément unique, tellement évident qu'il ne puisse faire aucun doute sur son sens. De nombreux chercheurs ont imaginé de tels éléments :
 En 1820, le mathématicien Carl Friedrich Gauss proposa de faire un gigantesque triangle rectangle, dans les forêts de Sibérie (des bandes de forêts, larges de 18 km en constitueraient le tracé, et des champs de blé en auraient constitué l'intérieur, ainsi que trois carrés situés sur les côtés du triangle). Cette forme serait visible des plus lointaines planètes et selon Gauss, elle serait évidente pour les astronomes et mathématiciens extra-terrestres.
 Charles Cros, au XIXème siècle, imagina de construire un immense miroir qui aurait reflété les rayons du soleil et aurait fait fondre le sable censé recouvrir la planète Mars. On aurait pu ainsi, graver d'énormes inscriptions à sa surface.
 En 1840, Joseph Johann von Littrow suggéra de creuser un trou de 40 km de diamètre dans le Sahara, qu'on remplirait d'eau avant d'y verser du kérosène qu'on enflammerait la nuit, pendant plusieurs heures.
Ces projets ont l'intérêt de présenter des messages dont le décodage présente peu de difficultés, et qui pourraient donc être efficaces. L'art d'encoder les messages avec clarté et transparence s'appelle anticryptographie, en référence à la cryptographie, qui est la science de l'encodage et du décodage de message (et qui permet de dissimuler le sens de messages, et de ce fait de créer la désinformation). Si nos éventuels partenaires sont en mesure d'accéder à ces messages, cela signifierait qu'ils disposent d'une technologie comparable à la nôtre et que nous avons en commun une réalité de premier ordre, qui permettrait d'entamer une communication.

Le projet Ozma
Au-delà des projets, une expérience a été accomplie dans ce domaine, en 1960. L'astronome Frank Drake, en Virginie, choisit deux étoiles qui semblaient éligibles aux astronomes et qui pendant trois mois furent traquées par un radiotélescope. Aucun signal témoignant d'un dispositif artificiel ne fut capté. Cette expérience passive (aucun message n'était envoyé) a le mérite d'avoir existé et a entamé une série d'autres tentatives.

Propositions pour un code cosmique
Envoyer ou capter des impulsions électriques ne représente qu'une partie du problème. Un autre problème restant est le code que l'on peut utiliser comme langage. Les projets présentés ci-dessus reposaient sur des images. Or, le seul langage que l'on peut imaginer utiliser repose sur des impulsions électriques, ce qui suppose l'utilisation d'un code binaire. Ces deux données peuvent être combinées, car il est possible d'encoder une image en impulsions binaires et de la transmettre par radio. C'est cette forme de code qui a été choisie pour un message, enterré en 1965 lors de l'Exposition Universelle, à New York, et qui doit être ouverte dans 5000 ans. Cette forme d'encodage présente l'avantage de fournir non seulement des informations factuelles, mais également, une méthode de communication susceptible d'être utilisée par nos éventuels partenaires. En revanche, un facteur de taille pose problème : les distances qui nous séparent de ces partenaires. Comment imaginer entamer le début d'une conversation, même si nos messages peuvent circuler à la vitesse de la lumière?

Radioglyphes et Lincos
Deux propositions de langage cosmique avaient déjà été faites, avant les années 60 :
 Lancelot Hogben a élaboré une syntaxe qui repose sur le concept de nombre et qu'il appelle les radioglyphes. Le nombre est pour lui le concept le plus universel car il a été l'élément que les hommes ont utilisé dès qu'ils ont tenté de communiquer à distance. Si le nombre est le premier idiome d'une compréhension interstellaire mutuelle, il est suivi par l'astronomie. Car, pour ce chercheur, les faits astronomiques sont ceux qui, après les nombres, sont connus des extra-terrestres et de nous-mêmes.
 Hans Freudenthal a proposé un autre langage appelé Lincos qui est destiné à être transmis par impulsions électriques, et qui est également fondé sur la communication de nombre. Il rajoute à ces éléments premiers :
1- Des suites numériques (en introduisant l'arithmétique)
2- Le concept de temps
3- Le concept de comportement
4- L'espace, le mouvement et la masse
Pour Watzlawick, son erreur est de penser qu'on pourrait enseigner aux extra-terrestres notre conception de la réalité.

Un message de l'année 11000 avant Jésus-Christ ?
Le professeur Ronald Bracewell, de l'Université de Stanford a émit l'hypothèse que des sondes inhabitées pourraient circuler en orbite autour de la terre, destinées à recevoir les radiations artificielles émanant de cette dernière et à les retransmettre à leur planète d'origine. Ces sondes répèteraient également les messages interceptés, sur la même fréquence, et renverraient cet écho comme témoignage de leur existence. Pour le scientifique, après avoir renvoyé cet écho afin que nous découvrions son existence, la sonde enverra alors un message et certainement une image de constellation.
De tels événements se sont produits à Oslo, en 1927, qui font encore aujourd'hui l'objet de recherches approfondies. Un opérateur reçut des signaux d'une station radio et 3 secondes plus tard, leur écho. Le même phénomène recommença un an après, devant témoins. Un désarroi naquit de ce phénomène, qui provoqua un état d'incertitude et de désinformation, et l'on tenta de trouver un ordre qui puisse expliquer les faits :
Les messages envoyés furent reçus en écho, sur la même fréquence, mais avec des retards différents (8, 11, 15, 8, 13 secondes). Ces retards furent considérés par Duncan A. Lunan, comme une suite de nombres non pas arbitraire, mais au contraire comme une suite logique. En projetant les temps de retard sur un graphe, il découvrit que ce dernier représentait la constellation Bootis, telle qu'on la voit de la terre, et le troisième écho de la séquence, plus précisément la position exacte de l'étoile Epsilon Bootis. La position des étoiles de la constellation telle qu'elle figurait dans ce message ne correspond pas à celle que nous pouvons voir aujourd'hui, mais à celle qui existait il y a 13000 ans, ce qui signifierait que la sonde serait arrivée dans notre système solaire 11000 ans avant Jésus Christ.

La plaque de Pioneer 10
Cette plaque fut lancée le 3 mars 1972, fixée sur le flanc de Pioneer 10. Elle est censée fournir des informations sur notre monde à une autre civilisation galactique si tant est qu'elle soit récupérée.
Le professeur Carl Sagan, auteur du message, y a fait figurer à gauche ce qui sera reconnu comme les périodes caractéristiques des pulsars (qui permettraient à toute autre civilisation scientifiquement avancée de positionner notre système solaire).

Des réalités inimaginables
Il semble impossible pour l'homme d'imaginer d'autres réalités de deuxième ordre, virtuellement présentes dans l'espace. Pour Watzlawick, l'humanité est tellement jeune, qu'elle est loin de pouvoir tirer des conclusions sur l'évolution des civilisations, s'il y en a. L'auteur suppose que l'impact psychologique et social qu'aurait sur nous l'arrivée d'informations provenant de civilisations plus avancées que nous pourrait être de deux ordres, comme le montrent les expériences cliniques où un être est en présence d'une disponibilité soudaine d'un savoir supérieur, confronté à des informations d'une dimension insoutenable :
 Ignorer leur existence
 Prendre congé de la réalité toute entière, ce qui est l'essence de la folie.

La communication imaginaire
Watzlawick, à l'image d'un mathématicien dont le travail consiste, selon lui, à "dériver des théorèmes d'hypothèses postulées", s'attache dans cette dernière partie à traiter de contextes de communication purement imaginaires, et qui sont sources de situations paradoxes, tels qu'on a pu déjà en croiser notamment avec l'exemple du dilemme des prisonniers.

Le paradoxe de Newcomb
C'est précisément en tentant de résoudre ce dilemme que le Docteur William Newcomb, physicien, rencontra un nouveau paradoxe, établi sur une communication avec un Etre imaginaire qui a la faculté de prévoir le choix des hommes avec "une précision presque absolue". Cet Etre vous présente deux boîtes : la boîte 1 contient 1000$, et la boîte 2 contient soit 1 million de $, soit rien. L'Etre vous propose soit de prendre les deux boites, auquel cas la boîte 2 est vide, soit de prendre uniquement la boîte 2, auquel cas, cette dernière est pleine (car il aura prévu votre choix). Les événements s'enchaînent de la façon suivante :
1- L'Etre fait sa prévision
2- Il remplit ou pas la boîte 2 selon cette prévision
3- Il nous communique ses conditions
4- Nous faisons notre choix.
Selon Newcomb, l'un des deux choix vous apparaît comme évident, et pourtant deux raisonnements différents ont leurs défenseurs. Pour certains, il est évident qu'il ne faut choisir que la boîte 2. Pour les autres, comme l'Etre a fait sa prévision avant que vous ayez pris votre décision, le million de dollars est ou n'est pas dans la boîte 2. S'il y est et que vous prenez les deux boîtes, vous aurez 1 million et mille $. S'il n'y est pas, vous aurez 1000 $. Vous recevrez, selon cette théorie toujours 1000 $ de plus qu'en prenant seulement le contenu de la boîte 2. Les premiers basent leur raisonnement sur un rapport logique et atemporel entre votre choix et le contenu de la boîte 2 (votre décision conditionne le contenu de la boîte 2), alors que les autres raisonnent sur une relation causale et temporelle (le choix ne peut modifier une décision qui a eu lieu avant lui).
Watzlawick évoque ici divers éléments évoqués dans l'ouvrage pour les faire converger vers un sujet commun : la question du déterminisme ou du libre-arbitre. Nous savons qu'il nous est essentiel de savoir si notre réalité a un ordre ou non.
1- Si elle n'en a pas, la réalité est confusion et chaos.
2- Je compense cet état de désinformation par l'invention d'un ordre qui devient ce que j'appelle la réalité. Dans ce cas, je crois en mon libre-arbitre, et mes choix créent ma réalité.
3- L'autre réponse possible est qu'il y a un ordre, qui est indépendant de nous, dépendant d'un Etre supérieur dont nous dépendons. Dans cette hypothèse, la communication avec cet Etre devient un but essentiel pour l'homme. Dans ce cas, peu importe la nature de mon choix puisqu'il est le seul que je puisse faire.
Pour Watzlawick, les positions 2 et 3 sont intenables, et on ne peut vivre exclusivement selon l'une ou l'autre de ces positions, car si tout est préalablement déterminé, à quoi bon prendre des risques ? D'autre part, si je suis maître de mes décisions, sur quoi sont-elles fondées ? Uniquement sur des données aléatoires et non sur des causes passées ?
De nombreux philosophes et scientifiques ont proposé des réponses au dilemme du libre-arbitre. Dostoievski, lui, n'en donne aucune, mais donne forme à ce dilemme dans le récit d'Aliosha : Jésus y représente le libre-arbitre, et le grand inquisiteur, le déterminisme.
Pour Watzlawick, nous préférons ne pas considérer les deux pendants du dilemme, et ignorer cette contradiction pour tenter de "mieux s'adapter à la réalité et sauvegarder ce qu'on appelle "la santé mentale".

Voyage dans le temps
Notre conception du temps est liée à l'expérience quotidienne que l'on en fait et à ses trois aspects que sont le passé, le présent et le futur. Elle est liée à l'idée de causalité qui implique que si un événement est la cause d'un autre, il s'est obligatoirement déroulé avant l'autre, dans le temps.
Mais la notion de temps est relative : imaginons que la vie d'un homme soit filmée du début à la fin. Pour cet homme, la notion de passé, présent, futur, sera liée à l'instant vécu. Sur la bobine figureront tous les événements qui ont constitué la vie de cet homme. Pour le spectateur, chacune des images n'est passé, présent ou futur que selon qu'elle a ou non défilé dans le projecteur. Le film est l'analogue d'un univers sans temps, que Parménide qualifie de "total, unique, immuable et sans fin; pas plus qu'il ne fut jamais, ni ne sera, puisqu'il est maintenant tout ensemble, un et continu". Cette conception du temps va à l'encontre de la perception émotive que nous en avons, dans laquelle ne peuvent coexister le passé, le présent et le futur dont la somme totale constitue ce que l'auteur appelle le "phénomène temps".
Dans l'exposé du paradoxe de Newcomb, l'Etre imaginaire est en mesure de prédire notre décision, car il peut "voyager dans le temps": une fois qu'il a constaté votre décision, il revient en arrière pour remplir ou non la boîte 2. Le temps n'est que le déroulement d'un film où tout libre choix est illusion. En revanche, si le temps se déroule librement, chaque instant contient une infinité de possibilités qui s'ouvrent à lui, auquel cas, il existe un nombre infini d'univers.
Pouvoir voyager dans le futur ne résoudrait pas ce dilemme si toutes nos actions étaient prédestinées, et ne le résoudrait pas non plus s'il était possible de modifier notre ligne de conduite en fonction de ce que nous y verrions. Watzlawick, sur ce sujet, se rallie à l'héroïne de La fin de l'Eternité, roman d'Isaac Asimov, selon laquelle le fait de prévenir les échecs et les misères des hommes les empêcherait de trouver leurs propres solutions, ces dernières naissant de "la conquête des obstacles".
Imaginer voyager dans le passé déstabilise également notre sens commun. Si une information peut circuler dans le sens inverse du temps suppose que l'on prend connaissance des événements avant qu'ils ne se produisent, que les réponses arrivent avant que les questions ne soient formulées, que les conclusions arrivent avant que les expériences n'aient lieu.
De la même façon, pouvoir voyager dans le passé revient à créer autant de nouvelles réalités qui coexistent, que de voyages. En effet, revivre une période de son existence reviendrait à vivre une deuxième vie, différente de la première, à la même période que nous vivons la première.
Notre langage et nos processus de pensée sont limités aussitôt que nous touchons à la notion de temps, car ils sont fondés sur la définition que nous avons de la réalité, déterminent et perpétuent en retour cette définition. Dans son article "On the Contradictions of Time Travel", paru en 1974, Martin Gardner a traité de toutes les contradictions que soulèvent en nous les voyages dans le temps, quand ils permettent l'interaction, la communication entre des données du présent avec celles du passé ou celles du futur. En conclusion de son article, Gardner revient au dilemme déjà évoqué du libre-arbitre et du déterminisme : "l'histoire est-elle un film préenregistré, projeté sur un écran quadridimensionnel de notre espace-temps ? ou bien le futur est-il ouvert et indéterminé, n'existant en aucun sens, jusqu'à ce qu'il arrive effectivement ?"

L'instant éternel
Il ne nous est possible de concevoir le temps qu'à travers une image d'écoulement. Il existe pourtant des situations qui ont été décrites de multiples fois qui relatent que l'esprit peut, dans des circonstances particulières, saisir le temps comme le décrit Parménide : "total, unique, immuable et sans fin". Les états qui correspondent à ces situations sont souvent qualifiés de mystiques, d'anormaux. Dans cet ouvrage, l'auteur nous a montré comment notre réalité est faite de bon nombre de suppositions, croyances, hypothèses, superstitions. Se délivrer de ces liens avec le passé ou le futur serait caractéristique de ces expériences. Des états induits par le mysticisme, l'intoxication par prise de drogues peuvent engendrer ce type d'expériences, mais ne sont pas les seuls. Ainsi, les situations de grand danger peuvent les provoquer. Watzlawick cite l'écrivain Arthur Koestler, qui dans "The Invisible Writing"décrit cette sensation, vécue dans une cellule de condamnés d'une prison espagnole : "J'ai dû rester plusieurs minutes, en transe, avec une conscience indicible que "cela est parfait". Puis, j'étais sur le dos, flottant à la surface d'un fleuve de paix qui venait de nulle part, et ne s'écoulait nulle part. Puis, le je avait cessé d'exister et quand je dis "le je avait cessé d'exister, je me réfère à une expérience concrète aussi incommunicable verbalement que la sensation ressentie à l'écoute d'un concerto pour piano, et pourtant tout aussi réelle – seulement beaucoup plus réelle. Sa marque est que cet état est plus réel que tout autre éprouvé auparavant."
Cet instant, que Watzlawick appelle "l'instant pur", ne peut être exprimé à l'aide de notre langage et toutes les tentatives en ce sens ont échouées.
Mais, notre langage est inadéquat pour exprimer ce que Watzlawick appelle "l'instant pur", et toutes les tentatives en ce sens de ceux qui l'ont vécu ont échouées. Ce qui constitue le dernier paradoxe sur lequel l'auteur conclut son ouvrage. Les expériences qui atteignent les limites de l'esprit humain ne peuvent trouver dans le langage humain le moyen de les exprimer.

A propos de la Lingua Cosmica, déjà une communication établie?
http://en.wikipedia.org/wiki/Lincos_
Lincos (an abbreviation of the Latin phrase lingua cosmica) is an artificial language first described in 1960 by Dr. Hans Freudenthal in his book Lincos: Design of a Language for Cosmic Intercourse, Part 1. It is a language designed to be understandable by any possible intelligent extraterrestrial life form, for use in interstellar radio transmissions. Freudenthal considered that such a language should be easily understood by beings not acquainted with any Earthling syntax or language. Lincos was designed to be capable of encapsulating "the whole bulk of our knowledge."


https://www.youtube.com/watch?v=_Dsh9M6qnhE
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Ovnis Re: Les implications d'un éventuel contact avec des Extraterrestres

le Dim 05 Juin 2011, 23:17

Ne nous attachons pas à ce que l’homme peut produire de plus vil mais bien plutôt à la beauté qui peut émaner de ses créations, de ses représentations de l’univers selon la talité[1] de l’humanité. Ce n’est pas celle des PORCS de la monnaie contrairement à ce que l’on voudrait nous faire accroire.
Ce n’est pas un gage de bonne santé que d’être bien intégré dans une société profondément malade. » J.Krishnamurti.
Afin de progresser dans le débat qui nous intéresse, vous trouverez ci-joint une traduction rapide d’un article remarquable de M Guillermo A. Lemarchand publié 2006. J’ai essayé de rester fidèle à l’auteur tout en ajoutant quelques commentaires et en modifiant parfois l’ordre de certains passages.
http://arxiv.org/ftp/arxiv/papers/0807/0807.4518.pdf
Counting on Beauty: The role of aesthetic, ethical, and physical universal principles for interstellar communication.
Compter sur la beauté: Le rôle de l’esthétique, de l’éthique et des principes physiques universaux dans la communication interstellaire par Guillermo A.Lemarchand, 2006.
Dans cet article passionnant, M Lemarchand émet l’hypothèse que la communication avec des intelligences extraterrestres pourrait être établie sur la base d’une sorte de « Lingua Cosmica » , langue de la sagesse cosmique, qui permettrait à chaque espèce de partager ses propres perceptions, sensations, émotions. Mais quelles seraient les bases épistémiques de cette langue interstellaire ?
L’auteur introduit alors une notion intéressante avec le terme de carte cognitive (attention toutefois et toujours en référence à Korzybski, la carte n’est pas le territoire ! La carte ne couvre pas tout le territoire, les mots ne couvrent pas tout ce qu’ils représentent. La carte est auto réflexive, avec le langage, nous pouvons parler du langage lui-même) Une bonne façon de progresser dans ce domaine est de faire appel à l’outil développé par Alfred, le « Structural Differential » [2] ). Je vous laisse découvrir cette publication.


2.Les bases épistémiques pour un langage extraterrestre.

La cartographie cognitive, terme utilisé en philosophie des sciences, fait référence aux processus par lesquels un organisme établit des représentations de son environnement dans son propre système de référence. Les caractéristiques de l’environnement physique sont seulement quelques parts significatives des cartes cognitives humaines. Nos cartes cognitives représentent des objets aussi variés que les êtres vivants et leurs comportements, les abstractions linguistiques, les jugements esthétiques et les valeurs éthiques.
Avec l’émergence du langage symbolique, les environnements peuvent être décrits avec des mots. , Le langage, qui n’est pas seulement limité à la cartographie des perceptions sensorielles, permet aussi la cartographie des concepts. Avec les langages et leurs règles, chacun peut reconstruire des événements qui se passent dans le temps et l’espace. A travers le langage, nos espèces apprennent comment coopérer dans l’espace et le temps. Pour créer un tel langage interstellaire, nous devons proposer un ensemble de conjectures transformant nos cartes cognitives humaines en des universaux cognitifs.

Chaque espèce intelligente doit développer des systèmes de symboles pour représenter les objets, les causes et les buts, formuler et se souvenir des procédures qu’elles développent pour atteindre leurs buts. Durant son évolution, chaque espèce découvrira éventuellement certaines idées très spéciales qui sont plus simples que d’autres pour le même usage. Aussi, nous devons nous attendre à ce que les extraterrestres connaissent l’arithmétique, le raisonnement causal et l’optimisation des processus.
Une Lingua Cosmica devrait être un instrument permettant la coopération inter espèces. D’un point de vue éthique, celle-ci peut être possible comme conséquence d’une sorte de principe de fraternité universelle[3] , selon lequel les sociétés intelligentes avancées choisissent d’aider d’autres espèces afin de maximiser le développement des potentialités de toutes les expressions de la vie dans l’univers.

Benjamin Whorf (1847-1941) montra que les langues en particulier, à travers leurs structures grammaticales, influencent les types de pensées que les gens ont [4], leurs façons de percevoir le monde, et leurs façons de se concevoir eux-mêmes (réflexivité). Le processus d’apprentissage d’une langue recrée dans une nouvelle génération, les façons de penser, les catégories d’interprétation, les schémas de comportement qui typifièrent leur société dans le passé. L’acquisition du langage est vitale pour former les cartes cognitives, aussi il ouvre une nouvelle dimension dans les structures cognitives. Chaque langue humaine cartographie l’environnement de ses locuteurs, avec des informations linguistiques s’accumulant sur de nombreuses générations. Chaque langue, par conséquent, reflète les particularités de l’environnement dans lequel les personnes qui la parlent vivent. Un élargissement aux différents environnements galactiques peut représenter un important problème d’incommensurabilité pour échanger des informations de base à travers différentes cartes cognitives[5]. Les intelligences exotiques seront peut-être incorporées dans des formes différentes, et elles auront des besoins, des perceptions et des comportements différents, [6]. Les extraterrestres pourraient habiter des environnements dans lesquels aucune science ni technologie n’est nécessaire pour survivre. La science d’une civilisation extraterrestre pourrait refléter leurs façons particulières de percevoir la nature, résultats de leur histoire évolutive particulière dans des environnements différents de ceux rencontrés par les précurseurs des humains. Si eux et nous, utilisons des cartes cognitives très différentes, nous ne pourrons peut-être jamais être capables d’apercevoir leurs manifestations d’intelligence.

Les chercheurs de SETI pensent que les principes de base de notre science et de la science des êtres extraterrestres devraient être fondamentalement les mêmes, et que nous devrions être capables de communiquer avec eux en se référant à ces éléments que nous partageons, comme les principes des mathématiques, de la physique et de la chimie. Cette approche fait l’hypothèse qu’il y a une seule façon de conceptualiser les lois de la nature. En conséquence, les mathématiques et le langage de la nature devraient être universels.

En revanche, Kuhn (1962) envisageait des situations selon lesquelles deux conceptions théoriques sont si différentes que les controverses entre elles, ne peuvent pas être résolues. Dans de telles situations, les deux coutumes sont dites être sans commune mesure. Le problème selon Kuhn c’est que chaque conception de la science utilise ses propres méthodes pour évaluer ses théories. De plus, les théories elles mêmes affectent les observables qui sont utilisés pour supporter les paradigmes scientifiques. Kuhn démontra son analyse avec les études de cas historiques comme les révolutions scientifiques. Par exemple, il examina la transition entre l’astronomie Ptolémaïque et celle de Copernic, ainsi que le passage de la mécanique Newtonienne à la relativité restreinte.
Réciproquement, les normes de preuve, d’interprétation et de compréhension dictées par la carte cognitive terrestre d’un côté, et par la carte cognitive extraterrestre de l’autre, peuvent être si différentes que la compréhension mutuelle est pratiquement impossible. Pour appréhender une vue scientifique radicalement différente, on doit adopter une conception du monde entièrement nouvelle, complétée avec ses propres standards caractéristiques de rationalité. Sans des standards de rationalité indépendants des théories, il n’y aurait aucune base pour la communication.

Deux types différents d’incommensurabilité peuvent limiter l’échange d’informations intelligibles entre les cultures humaine et extraterrestre. Une incommensurabilité méthodologique, aucune méthode rationnelle ne peut être trouvée pour échanger des informations intelligibles à cause de différences dans l’observation et dans les méthodes scientifiques. Une incommensurabilité sémantique, l’utilisation des mêmes termes dans deux cartes cognitives différentes ou paradigmes qui ont des significations très différentes selon des visions du monde épistémologiquement différentes.

Par exemple, les instances du terme « masse » sont incommensurables en mécaniques Newtonienne et relativiste.
Mais peut-être que ce scepticisme épistémologique extrême est injustifié dans le cas de SETI. Nous n’avons pas besoin d’envisager tous les extraterrestres possibles, mais seulement ceux qui nous ressemblent assez pour créer des transmetteurs radio ou laser. La seule voie que nous avons pour trouver des preuves d’intelligences extraterrestres est à travers la détection de signaux artificiels générés par des activités technologiques, et beaucoup de types d’universaux cognitifs peuvent être conjecturés en considérant les conditions nécessaires à la fabrication d’équipements pour émettre et recevoir les signaux électromagnétiques. Des extraterrestres technologiques auront évolué à travers des processus et des stratégies de communication qui rencontreront les notre suffisamment pour nous permettre de les comprendre.

[b3 ]A la recherche de la langue cosmique :[/b]

L’origine du langage est clairement reliée à la capacité cognitive. Chomsky suggère que le langage a une base biologique, les contraintes de celle-ci conduisent à certains universaux dans les langues humaines. Pouvons- nous étendre notre carte cognitive terrestre à un système symbolique [7] pour échanger des informations avec des cultures alienigènes ? Peut-on faire l’hypothèse qu’un principe de Médiocrité existe, selon lequel les modèles trouvés dans l’émergence et l’évolution du langage humain devraient être monnaie courante dans la galaxie ? S’il y a une convergence évolutive parmi ces chemins, une analyse des origines et du développement du langage humain doit apporter quelques lumières sur l’émergence des langues extraterrestres, qui en échange, devrait nous permettre de créer une lange Cosmique plus intelligible. De façons significatives, nos spéculations sur les formes probables des messages extraterrestres peuvent être limitées par notre propre expérience comme êtres linguistiques – que ces expériences soient ou non vraiment universelles. Considérez, par exemple, comment les enseignements appris du développement de l’enfant sur Terre pourraient affecter nos attentes à propos de tout message que nous recevrions d’intelligences extraterrestres.
Piaget (1955) observa que les enfants passent beaucoup de temps à parler entre eux. Même la conversation entre enfants est souvent un « monologue collectif ». Bienque deux enfants ou plus puissent paraître se répondre, en réalité, ils peuvent seulement être en train de poursuivre leurs monologues, sans prendre en compte les réactions des autres (Merleau-Ponty,1973). Comme Piaget le nota, les premières paroles sont égocentriques. Le dialogue semble secondaire. Ce fait terrestre pourrait-il influencer les types de messages que nous anticipons à propos des civilisations extraterrestres ?

Souligner les dimensions d’une langue cosmique :

L’acronyme SETI n’est pas le bon. Il est impossible de détecter une quelconque évidence d’intelligence à des distances interstellaires ; mais nous pouvons trouver les traces de sources artificielles générées par des activités technologiques. Aussi, le programme de recherche est centré sur la recherche des activités technologiques extraterrestres (Search for Extra Terrestrial Activities SETTA (Lemarchang 1992).

Avec SETTA, comme avec l’astronomie conventionnelle, les distances cosmiques sont si importantes que le chercheur peut seulement regarder au loin, étant entièrement dépendant des supports d’information qui traversent l’univers. Selon notre carte cognitive des lois physiques, les supports d’information ne sont pas infinis en variété. Toute l’information que nous avons actuellement sur notre univers au-delà du système solaire nous a été transmis par le moyen d’ondes électromagnétiques (radio, infrarouge, optique, ultraviolet, rayons X et rayons Gamma), rayons de particules cosmiques (électrons et noyaux atomiques), et plus récemment, par les neutrinos (Lemarchand, 1992, 1994a).

Le diagramme suivant résume, selon notre carte cognitive de l’univers, les supports d’information possibles qui nous permettrons peut-être de trouver la première preuve de civilisation technologique extraterrestre.

En utilisant l’approche épistémologique de Imre Lakatos dans le cadre du programme de recherche SETTA et selon « le noyau dur » de cette interprétation particulière de la réalité , il y a deux hypothèses :
1) Le principe de médiocrité.
2) Les lois physiques de la nature qui caractérisent les supports d’information sont universelles.
C’est que, les lois physiques sont indépendantes de toute position particulière dans l’espace et dans le temps. Toute l’astrophysique moderne est basée sur cette dernière hypothèse et la considère comme irréfutable.

Nous continuons de tester d’autres théories physiques qui constituent une ceinture de protection autour du noyau dur. Dans notre cas, la ceinture de protection inclut la liste complète des supports potentiels d’information. Nous voyons alors quels aspects de la ceinture protective nous pouvons conserver, et ceux que nous devons éliminer pour protéger nos hypothèses de base à propos de l’universalité des lois de la nature et du principe de médiocrité. En faisant abstraction du support d’information utilisé, afin de détecter qu’un signal existe et qu’il est d’une origine artificielle, nous définissons « une heuristique positive », pour la sélection du support d’information approprié suivant ces exigences : Le signal reçu doit suffisamment dépasser le bruit de fond naturel, le signal doit montrer des propriétés qui ne se trouvent pas dans les sources naturelles, il doit demander la plus faible puissance rayonnée, il ne doit pas être absorbé par le milieu interstellaire ou les atmosphères planétaires, il ne doit pas être dévié par les champs galactique, il doit être facilement

produit et détecté, il doit voyager à grande vitesse. Selon notre carte cognitive, les ondes électromagnétiques satisfont toutes ces exigences. En utilisant une heuristique négative, nous pouvons rejeter comme utilisable pour la communication interstellaire plusieurs des supports d’information, comme l’astronomie gravitationnelle, l’astronomie pneumatique et l’astronomie particulaire avec une exception possible concernant les neutrinos (Lemarchand, 1992, 1994a). Une approche similaire, en utilisant les deux heuristiques, a été utilisée récemment quand l’institut SETI a identifié ses priorités de recherche pour les deux décennies à venir (Ekers et al.,2002).
Chaque technique d’observation agit comme un filtre. Seule une fraction (généralement faible) de l’information complète peut être rassemblée. La diversité de ces filtres est considérable. Ils dépendent de la technologie disponible à un temps donné. Aussi, les cartes cognitives à propos des caractéristiques supposées d’un message extraterrestre ont changé avec le temps. Au début du XXième siècle, les scientifiques, dont Einstein, spéculaient à propos de l’utilisation de signaux lumineux pour contacter les martiens. Plus tard, Marconi, Tesla et Todd proposèrent l’utilisation des ondes radio pour faire la même chose. A la fin des années 1950, Cocconi, Morrison, Drake et Shklovskii commencèrent la recherche radio astronomique moderne pour la communication interstellaire, alors que ces dix dernières années nous avons commencé la recherche d’impulsions laser d’une durée de l’ordre de la nanoseconde. Ces quelques exemples montrent comment les hypothèses à propos des meilleurs moyens pour la communication interstellaire ont évolué avec les avancées technologiques terrestres.

La meilleure stratégie de recherche serait basée sur un ensemble d’universaux cognitifs connus par toute culture extraterrestre.

Ces universaux cognitifs devraient refléter l’essence de la structure physique d’un signal artificiel d’hypothétiques extraterrestres ; ils devraient aussi fournir les principes fondamentaux pour élaborer une Lingua Cosmica. Bien sur, quelque soit les précautions prises dans nos tentatives pour essayer d’identifier les concepts universaux, nous devrons faire face aux biais liés à notre culture (Ethnocentrisme) et à notre nature humaine (homocentrisme). En fait, il est peut-être impossible d’éviter ces biais, et nous ne pourrons jamais connaître comment ils affectent notre capacité-ou même la rendre impossible- de reconnaitre, de décoder et de répondre aux communications d’intelligences extraterrestres.

Notre carte cognitive de l’univers et nos meilleurs jugements à propos de la technologie appropriée pour la communication interstellaire peuvent être décrits par un ensemble de possibilités cosmiques composé de plusieurs dimensions. Le nombre important de combinaisons des différentes dimensions de ces possibles innombrables demande le développement d’une méthodologie pour trouver les universaux cognitifs ou la clé pour une langue cosmique.

Nous utilisons une heuristique positive et négative pour identifier les principes scientifiques, technologiques, esthétiques et éthiques optimums pour la communication interstellaire. En appliquant les deux heuristiques aux supports d’informations présentés dans le diagramme 1, nous faisons l’hypothèse que seule les ondes électromagnétiques satisfont les critères requis pour échanger de l’information à travers les distances interstellaires.

La nature de la communication interstellaire peut être décrite à travers l’interaction complexe des différentes dimensions de l’ensemble des possibilités cosmiques. Nous pouvons localiser des signaux extraterrestres dans le temps et l‘espace en constatant quand le signal a été envoyé, en identifiant la distance de la source du signal, et en localisant la source sur une carte du ciel via les deux coordonnées que les astronomes appellent ascension droite et déclinaison. Comme la source du signal peut être localisée dans le temps et l’espace, il en est de même pour la nature du signal. En faisant l’hypothèse que les ondes électromagnétiques sont le meilleur support de l’information, selon notre carte cognitive, nous pouvons explorer les propriétés physiques de ce type de signaux. En particulier les caractéristiques pertinentes su signal comporte sa fréquence, sa largeur, sa polarisation, la méthode par laquelle il a été modulé pour transmettre l’information, et le débit auquel l’information est transmise. Le contenu de toute information convoyée par le signal est influencé par le type d’information, la signification qui doit être communiquée, et le schéma d’encodage. L’interaction entre ces 12 dimensions suggère de nombreuses approches possibles pour la communication interstellaire, chacune basée sur les contraintes cognitives probablement reconnues à la fois par les extraterrestres et les humains.

Cette approche constitue le principe d’anti-cryptographie de Dixon (1973), qui suggère qu’un signal interstellaire destiné à établir le contact doit être conçu et transmis de façon à maximiser les chances de découverte, à la fois par des recherches intentionnelles ou par des découvertes opportunes, par example, par des astronomes étudiant des observations anormales. Pour faciliter la découverte du signal, l’envoyeur peut réduire le nombre d’inconnus dans les dimensions énumérées ci après. Ce principe aide à la génération d’heuristiques positive et négative, qui à leur tour aident à dépasser les différences entre les cartes cognitives des terrestres et des extraterrestres.
Pour identifier les caractéristiques des signaux optimaux, nous pouvons commencer par construire une matrice qui prend en compte toutes les alternatives possibles des 12 dimensions de la pile des possibles cosmiques, versus les restrictions imposées par les contraintes scientifiques, technologiques, esthétiques et techniques. Il en résultera un ensemble de propositions, chacune satisfaisant le principe d’anti-cryptographie. Ces propositions scientifiques et techniques, dessinées selon les contraintes cognitives universelles probables pour identifier les meilleures heuristiques dans la conception des messages interstellaires doit pouvoir éviter beaucoup de nos travers homocentriques.

La table 2 reprend les 12 dimensions de la pile des possibles cosmiques avec un ensemble de contraintes scientifiques, technologiques, esthétiques et éthiques, pour le développement de stratégies de recherche basées sur des universaux cognitifs qui constituent les fondements de la réalisation de messages anti-cryptographiques.


Loin d’être complète, la table 2 représente une première tentative pour élaborer une méthodologie holistique pour trouver les universaux cognitifs. Compte tenu du manque de place de cette publication, cette table montre seulement les 3 dernières dimensions (code, sémantiques, et le type de contenu). La version complète de la table avec une analyse complète de toutes les 12 dimensions et les 34 propositions qui découlent de la matrice peuvent être obtenues de l’auteur.

5 Les contraintes éthiques :

Afin d’améliorer la durée de vie d’une civilisation technologique, il n’est pas possible de disposer d’une science et d’une technologie supérieures avec des règles de vie morales inférieures. Cette combinaison est dynamiquement instable et nous garantie l’autodestruction dans les durées de vie des civilisations avancées (10000 à 1 million d’années ?). La société de la Terre a souvent été décrite comme étant dans une étape d’adolescence technologique. Luttant encore avec des menaces environnementales et sécuritaires qui menacent l’existence de la vie de perdurer sur notre planète, nous devrions nous demander si les extraterrestres avancés ont suivi des chemins évolutifs équivalents. Les extraterrestres montreraient-ils aussi la même disparité entre le développement technologique et la maturité sociale que nous voyons sur Terre ?

Quand une civilisation atteint son adolescence technologique, elle doit soit être ou devenir socialement responsable, soit affronter l’autodestruction. Autrement, l’extinction globale serait très probable, avec une durée de vie trop courte pour commencer un dialogue interstellaire long terme.

Si des individus dans une société extraterrestre peuvent apprendre à coexister en paix avec les autres, pourraient-ils aussi étendre cette attitude de bienveillance aux civilisations des autres planètes ? Leur propre succès d’avoir survécu aux menaces d’une extinction planétaire devrait leur enseigner des leçons vitales à propos du respect des autres qui pourraient être généralisées au-delà de leur propre monde.

Conscients du caractère unique de l’évolution historique de chaque planète, nous devrions nous attendre à ce que les extraterrestres avancés s’interdisent d’interférer dans le développement des espèces moins avancées, se traduisant par une quarantaine galactique guidée par une Lex Galactica (Lemarchand 2000). Une conséquence de cette quarantaine galactique peut-être le principe de fraternité universelle, qui peut être utilisé par les extraterrestres pour élaborer le type de contenu informatif d’un message extraterrestre et définir une politique pour aider les autres espèces à maximiser le développement de leurs propres potentialités.


Si de telles contraintes dans les relations inter espèces sont de rigueur, quelles implications auraient-elles pour le SETTA ? Premièrement, nous pourrions nous attendre à ce qu’il soit donné aux civilisations jeunes des informations très limitée sur la science et la technologie, par peur de fournir des outils pour l’auto destruction.

Pour les civilisations plus avancées que les nôtres, de telles contraintes pourraient ne pas être aussi rigides. Les civilisations plus anciennes, ayant passé l’épreuve du temps, pourraient être capables d’assimiler l’information d’autres mondes sans faire face aux mêmes menaces pour leur stabilité et leur longévité.

Les terriens auraient du mal à fournir les preuves que nous sommes prêts pour apprendre des technologies avancées. Nos signaux involontaires, se répandant à partir des émissions radio de la Terre et des émetteurs de télévision, annoncent notre existence aux autres mondes des étoiles relativement proches. Au-delà d’environ 70 années lumière de la Terre, les êtres intelligents n’auront pas encore reçu les signes de la technologie Terrestre. Comme résultat, ils ne seraient pas capables de nous envoyer des messages interstellaires appropriés à notre âge. Ne voulant pas partager des informations potentiellement dangereuses avec nous, nous devrions nous attendre à ce que les signaux provenant d’autres mondes soient relativement pauvres en terme de contenu.
La symétrie comme un universel cognitif esthétique pour l’art et la science [8]

Lemarchand et Lomberg (1996) introduisirent l’utilisation de principes esthétiques pour évaluer les stratégies de recherche pour un contact interstellaire. Nous avons attiré l’attention sur quelques propriétés de la symétrie qui peuvent peut-être être utilisées, pas seulement dans le codage et la signification des messages, mais aussi sur d’autres aspects du signal. Nous avons aussi analysé l’universalité de modèles particuliers d’esthétiques, comme le nombre d’or et la symétrie radiale dans la nature, l’art, et la science.
La symétrie indique souvent la structure profonde des choses, qu’elles soient des phénomènes naturels ou des créations d’artistes ou de scientifiques. Nous trouvons la symétrie plaisante, et sa découverte est souvent surprenante et instructive. Comme ceci a été précédemment évoqué dans une des hypothèses du noyau dur du programme de recherche SETTA. Vraiment, l’hypothèse selon laquelle les lois de la nature sont universelles est basée sur des notions de symétries spatio-temporelles. Par exemple, Earman (1978) identifia plusieurs caractéristiques épistémologiques des lois universelles de la nature : Elles ne font pas référence à des localisations ou à des coordonnées spatio-temporelles spécifiques, elles sont sans limite dans l’espace et le temps, et elles sont invariantes par rapport aux translations spatio-temporelles. Donc, la symétrie est une condition nécessaire pour considérer une loi de physique universelle.

La symétrie sert aussi de pont entre l’art et la science. Plusieurs scientifiques très en vue considèrent l’esthétique et la symétrie lorsqu’ils choisissent entre les théories. Inspirer par les vues d’Albert Einstein (1879-1955) et Hermann Weyl (1885-1955), plus que tout autre physicien moderne Paul Dirac (1902-1984) était préoccupé avec le concept de beauté mathématique comme une caractéristique intrinsèque de la nature et comme un guide méthodologique pour ses recherches scientifiques. Parlant à propos l’esthétique de la science, il nota que « une loi physique doit avoir une beauté mathématique » et « une belle théorie mathématique a plus de chance d’être correcte qu’une affreuse qui cadre avec quelques données expérimentales ». Ces vues à propos de l’esthétique de la science et de la vérité peuvent fournir une contrainte additionnelle dans l’élaboration des messages interstellaires.
Les symétries représentent aussi un type d’invariance par rapport aux transformations, ce qui implique que les objets symétriques possèdent des redondances. Donc, quelquefois l’information nait dans les ruptures de symétrie. Il semblerait que l’information comme la beauté sont les produits de l’interaction entre la symétrie (thèse), l’asymétrie (antithèse), et la dissymétrie (synthèse).
….

6.1 Le nombre d’or dans le monde physique

Le nombre d’or et la suite de Fibonacci apparait dans le monde réel dans plusieurs phénomènes physique et biologique. Les exemples du monde physique incluent :
Si un rayon de lumière tombe sur deux feuilles de verre qui sont en contact, il y aura des réflexions multiples. Le nombre de rayons qui émergeront des feuilles de verre dépend du nombre de fois que le rayon est réfléchi. Le nombre de rayons émergents est toujours un nombre de Fibonacci.
Une spirale peut être formée à partir des points de lignes adjacentes et perpendiculaires, si la proportion d’une ligne à la suivante est le nombre d’or. Cette adorable spirale se retrouve dans les plus belles galaxies spirales comme M74, M101 et M51
http://trucsmaths.free.fr/nombre_d_or.htm#spirale
[1] Talité
http://perso.numericable.fr/robert.marty/semiotique/semantic-fr-ns/talite.htm
"Suchness" est le terme utilisé par Peirce pour désigner la qualité sui generis d'un objet quelconque qu'il soit simple ou complexe comme une pièce de Shakespeare par exemple. En considérant la définition duale de la totalisation, au sens de la théorie des catégories, nous pouvons approcher formellement cette notion.
[2]« Structural Differential »

http://esgs.free.fr/uk/sd.htm
[3] Homme Libre
A titre anecdotique et sans préjuger de l’origine de ces courriers, cette idée de fraternité cosmique universelle transparait dans les lettres ummites, ces derniers nous désignant régulièrement sous l’appellation de « Frères ». Allez faire un tour par exemple dans les D75 à D81, c’est passionnant ! Par une coïncidence dont la nature a le secret, je suis tombée par hasard sur la représentation de l’homme libre dans la culture berbère ce qui a déclenché chez moi une épiphanie que j’essaye de vous faire partager ici :

Le nom berbère vient du latin barbarus, lui-même issu du grec ancien bárbaros- βάρϐαρος – pour désigner l’étranger, une sorte d’ « alien » finalement que l’on ne comprend pas bien et qui s’exprime par onomatopées un peu comme Chewbacca, le Wookie de la guerre des étoiles. Veuillez noter qu’il n’y a ici aucune connotation péjorative concernant le peuple berbère que j’admire plutôt pour son amour de la liberté et ses connexions spirituelles, mais simplement une intuition de ce que pourrait-être une langue fonctionnelle, une Lingua Cosmica et qui sait, peut-être de ses dijecta membra dans la culture terrestre, expression d’un lointain contact.
[4] Le rôle du langage dans notre représentation du monde
A ce propos, vous pourrez écouter la conférence de Lera Boroditsky (en anglais) intitulée
“Languages are Parallel Universes” , tout un programme, qui illustre parfaitement la variabilité de ce que l’on peut trouver sur Terre dans l’approche de notre environnement et la façon dont nous pensons. Et encore il ne s’agit ici que de langues humaines ! Essayez d’Imaginer donc le cas d’une langue extraterrestre.
http://longnow.org/seminars/02010/oct/26/how-language-shapes-thought/
Pour rester fidèle à Korzybski, on trouvera dans cet article (en anglais) « THE ROLE OF LANGUAGE IN THE PERCEPTUAL PROCESSES » une approche intéressante concernant cette boucle de rétroaction et une invite à nous départir de cette véritable plaie que constitue la logique aristotélicienne si nous voulons progresser (Pour vous rendre compte des dégâts provoqués par la pratique de cette doctrine depuis plus de 2000 ans, allez faire un tour sur les sites Zètes, c’est affligeant d’âneries négatives au sens de Giordano Bruno). On trouve dans « Science and Sanity » un paragraphe complet pour se former « On Non-Aristotelian Training », chapitre XXiX, Science and Sanity 5 th edition pages 469-490.
http://esgs.free.fr/uk/art/ak3.htm

http://esgs.free.fr/uk/art/ak3.htm
[5]Des Intelligences aux parcours fort différents.
Pour illustrer ce point je pendrai deux exemples hautement spéculatifs puisqu’ils sont le fruit de mon imagination.
Exemple 1 : Du collectif à l’individu et son contraire.
1 – Le cheminement vers l’intelligence. Imaginez par exemple que l’intelligence extraterrestre soit issue d’une évolution d’une collectivité, du genre communauté d’insectes sur Terre comme les fourmis, les abeilles ou les termites. Ici l’individu n’est qu’un maillon de la collectivité, cette collectivité se dote d’un cerveau fonctionnant en réseau qui petit à petit évolue vers le « break even » , c'est-à-dire l’intelligence et la conscience de soi, mais que veut dire soi lorsque l’on est multiple ? Par rétroaction ce cerveau alimente ses parties de cette prise de conscience et la « fourmi » devient un individu à part entière. Mouvement du collectif vers l’individu, du multiple vers l’un selon Amoli.
2- Prenons maintenant à l’inverse l’homme, l’individu. Ce dernier intégré dans une société toujours plus contraignante, sorte de termitière, tend à troquer son individualité au profit d’une collectivité/ toujours plus entreprenante. Mouvement de l’individu vers le collectif, de l’un vers le multiple selon Amoli.
Comment croyez-vous que ces deux intelligences, au parcours fondamentalement différents puissent-communiquer et surtout comment échanger ?
Ce n’est donc plus le « je pense donc je suis » cartésien du Cogito Ergo Sum mais bien plutôt le « « Je » pense donc « je » est un autre, ou « je » devient un autre » que l’on peut décliner à titre individuel ou collectif, c’est selon. Cette nouvelle formulation est une sorte de philtre magique pour conjurer le tout à l’ego totalitaire de notre actuelle civilisation occidentale.
Exemple 2 : Une histoire de système digestif !
Et si la position de votre système nerveux par rapport à votre système digestif conditionnait votre perception du monde si bien que les intelligences pourraient se dissocier en deux grandes classes/ catégories:
La famille des Epineuriens à laquelle appartient l’humanité qui possède un système nerveux en position dorsale (au-dessus du tube digestif ou derrière pour les animaux redressés, comme l'humain), le système nerveux est dans ce cas un cordon nerveux issu de l'ectoderme et bien séparé de l'épiderme.
Les hyponeuriens qui eux disposent d’un système nerveux ventral , comme sur Terre, la famille des Arthropodes, criquets, écrevisses etc.
Gageons que ces deux voies de la nature conditionnent à travers le système nerveux des perspectives fort différentes qui, en montée en complexité et en intelligence, doteraient ces êtres d’un système du monde qui n’aurait pas grand-chose à voir avec le notre. A n’en pas douter la communication entre des espèces issues de ces deux phylums (à supposer que l’on retrouve ailleurs que sur Terre des processus d’évolutions similaires, ce qui n’est pas évident) fort différents devrait poser quelques soucis.
[6]Communiquer avec nos voisins terrestres
Il est à se demander si la priorité des priorités en matière de communication extraterrestre ne serait pas finalement de regarder ce qui nous entoure, notre biosphère tout simplement et d’essayer de comprendre les animaux qui partagent notre monde. Nous avons peut-être sous la main tout ce qu’il faut pour mieux comprendre ce qui pourrait caractériser une communication avec une altérité éloignée et cela permettrait à l’homme d’acquérir un peu plus de sagesse et d’humilité en prenant conscience :
- qu’il n’est pas le seul à bénéficier de la montée en complexité et de l’intelligence
- de l’impact qu’il a sur les autres espèces.

A cette fin, 3 exemples non exhaustifs devraient nous interpeler :
La mouche
Le lecteur attentif notera aussi un lien des plus passionnants vers le site suivant.
http://tononi.psychiatry.wisc.edu/research_overview.html

On y apprend, entre autre, que les mouches peuvent rêver ! A quoi peut bien ressembler le paysage onirique d’un insecte ? L’activité onirique serait donc un phénomène commun partagé par de très nombreuses espèces conscientes et ayant atteint un certain degré de complexité ? Ce monde onirique, ne serait-il par un de ces univers frontières, s’alimentant des expériences oniriques de chaque individus et renvoyant les archétypes et formes spirituelles convergentes d’une espèce ? Quelque chose comme un réservoir d’informations, un monde imaginal en reprenant la pensée d’Henri Corbin, bien « réel », intriqué avec la matière, expression de la noosphère et partie intégrante de notre univers! Je sais, tout cela est très spéculatif mais mérite d’être étudié de façon plus sérieuse. Je constate avec intérêt que des scientifiques confirmés se penchent sur les problèmes de la conscience et de ce que cela implique.
According to it, consciousness corresponds to a system’s capacity to integrate information. This is indicated by two key phenomenological properties of consciousness: differentiation - the availability of a very large number of conscious experiences; and integration - the unity of each such experience. The theory claims that the quantity of consciousness is determined by the capacity to integrate information, which can be measured as the Φ value of a complex of elements. Φ is the amount of causally effective information that can be exchanged across the minimum information bipartition of a complex (its informational weakest link). A complex is a subset of elements with Φ>0 and no inclusive subset of higher Φ. The theory also claims that the quality of consciousness is determined by the effective information matrix of a complex, which specifies all informational relationships among its elements. Finally, each particular conscious experience is specified by the value, at any given time, of the variables mediating informational interactions among the elements of a complex.
Les oiseaux
Il semble bien que la culture et la langue ne soit pas l’apanage de l’humanité sur cette planète. D’autres espèces semblent avoir développé des systèmes embryonnaires ! Jetez un coup d’œil sur ceci concernant les oiseaux où la « langue » et la culture est un chant ( le fameux langage des oiseaux peut-être?) :
Two basic requirements for a theory of evolution are variability and heritability in the units of change. These requirements are fulfilled in cultural systems, and therefore it is possible to construct a theory of cultural evolution. In many species of birds, song is aquired by social learning, and bird song is often cited as one of the best examples of a culturally aquired trait in animals. As such, it provides a good subject to develop a model of cultural evolution.
http://www.semioticon.com/virtuals/imitation/alynch.html
Les dauphins
Et nos cousins éloignés, les dauphins, ont peut-être développé un langage « images », une mémétique de l’image pour communiquer qui ferait de la géométrie et des symétries un outil fort utile pour appréhender en synesthésie « son/image » les beautés de notre univers.
Dans la compréhension de l’alphabet dauphin, une étape importante vient d’être franchie. Des scientifiques anglo-saxons ont réalisé La première image haute définition de l’empreinte sonore que fait un dauphin dans l’eau. Ces « CymaGlyphes », ainsi qu’ils ont été nommés, sont des modèles reproductibles qui devraient former la base d'un lexique de la langue des dauphins, chaque glyphe représentant un « mot » image.
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/sciences/vivant/20081231.OBS7894/parler_dauphin.html


http://www.cymascope.com/cetacean.html

N’est-ce pas une invitation à observer et essayer de comprendre cette altérité qui fait partie de notre biosphère? Nous disposons aujourd’hui à travers la réalité virtuelle, d’un fantastique outil pour appréhender, émuler cette altérité et approcher la compréhension de mondes et cultures qui nous échappent complètement. Une façon peut-être de se préparer à cette altérité des années-lumière? Quelle fantastique « ouverture » pour nos systèmes de représentations et de croyances.
Dans un recueil de 8 nouvelles de science fiction, « Demain les chiens », Clifford Donald Simak trace les contours d’un futur où la communication inter espèce deviendrait la règle et ou l’humanité, dans son contact avec l’altérité éloignée retrouverait le règne animal. Insolite et passionnant.

[7] Sur quelques régimes de signes. Mille Plateaux : Gilles Deleuze – Félix Guattari.
Un régime de signes n’a pas seulement deux composantes. Il y a en fait quatre composantes, qui font l’objet de la Pragmatique. La première, c’était la composante générative, qui montre comment la forme d’expression, sur une strate langagière, fait toujours appel à plusieurs régimes combinés, c'est-à-dire comment tout régime de signes ou toute sémiotique est concrètement mixte. Au niveau de cette composante, on peut faire abstraction des formes de contenu, mais d’autant mieux qu’on met l’accent sur les mélanges de régimes dans la forme d’expression : on n’en conclura donc pas à la prédominance d’un régime qui constituerait une sémiologie générale et unifierait la forme. La seconde composante, transformationnelle, montrait comment un régime abstrait peut être traduit dans un autre, se transformer dans un autre, et surtout se créer à partir d’autres. Cette seconde composante est évidemment plus profonde, parce qu’il n’y a aucun régime mixte qui ne suppose de telles transformations d’un régime à un autre, soit passées, soit actuelles, soit potentielles (en fonction d’une création de nouveaux régimes). Là encore, on fait ou on peut faire abstraction du contenu, puisqu’on s’en tient à des métamorphoses intérieures à la forme d’expression, même si celle-ci ne suffit pas à en rendre compte. Or la troisième composante est diagrammatique : elle consiste à prendre les régimes de signes ou les formes d’expression pour en extraire des signes-particules qui ne sont plus formalisés, mais constituent des traits non formés, combinables les uns avec les autres. C’est là le sommet de l’abstration, mais aussi le moment ou l’abstraction devient réelle ; tout y passe en effet par des machines abstraites réelles (nommées et datées). Et si l’on peut faire abstraction des formes de contenu, c’est parce que l’on doit en même temps faire abstraction des formes d’expression, puisqu’on ne retient que des traits non formés des unes et des autres. D’où l’absurdité d’une machine abstraite purement langagière. Cette composante diagrammatique est évidemment plus profonde à son tour que la composante transformationnelle : les transformations-créations d’un régime de signes passent en effet par l’émergence de machines abstraites toujours nouvelles. Enfin, une dernière composante proprement machinique est censée montrer comment les machines abstraites s’effectuent dans des agencements concrets, qui donnent précisément une forme distincte aux traits d’expression, mais pas sans donner aussi une forme distincte à des traits de contenu- les deux formes étant en présupposition réciproque, ou ayant une relation nécessaire non formée, qui empêche une fois de plus la forme d’expression de se prendre pour suffisante (bien qu’elle ait son indépendance ou sa distinction proprement formelle).

Une autre approche qui a inspiré Korzybski concerne les fonctions doctrinales qui sont peut-être les prémisses d’une langue fonctionnelle.
The doctrinal functions of the late Professor Cassius Keyser. Mathematical philosophy: a study of fate and freedom. New York: E. P. Dutton & Co., Inc., 1922.
[8] Contact
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Ovnis Re: Les implications d'un éventuel contact avec des Extraterrestres

le Mer 22 Juin 2011, 23:36
Quel rapport peut-il y avoir entre l’équation de Drake et la révolution « Kantienne » cachée au sein du XVIII ième siècle ?
Réponse : La pluralité des mondes habités, celle de Fontenelle et que la science redécouvre petit à petit en ce début du XXI ième siècle avec des observables. C’est l’équivalent d’une révolution Copernicienne à la puissance dix ou aux puissances de dix [1] .
Commençons par l’équation de Drake. Celle-ci est souvent évoquée dans le cadre des OVNI. Il convient de rappeler que cette équation a évolué avec le temps .
1 L’originale :

Pour commencer, intéressons- nous à l’équation originale de Drake en prêtant une attention particulière à son dernier terme qui est souvent mal interprété. L’équation de Drake se lit de la façon suivante, N représentant le nombre de civilisations ayant la possibilité de communiquer en ce moment :
N = R*f( p)*n( e )*f(l)*f(i)*f(c )*L
R est le taux de formation des étoiles dans notre galaxie.
f (p )est la fraction des étoiles ayant des planètes.
n(e) est le nombre de planètes par étoile susceptibles d’accueillir la vie.
f (l) représente la fraction des planètes sur lesquelles se développe la vie.
f( i) est la fraction des planètes abritant la vie où se développe une vie intelligente.
f ( c ) est la fraction de cultures intelligentes qui développent des moyens de communication radio que l’on peut détecter.
Enfin L est le temps moyen passé par une civilisation pour communiquer de cette façon et non pas la durée de vie de cette civilisation
Ce dernier facteur est important car il vient d’être redécouvert dans une publication scientifique récente :

http://arxiv.org/abs/1007.0850

La faillite de la sérendipité, le Square Kilometre Array aura du mal à épier les intelligences extraterrestres comparables aux humains » une explication probable quant aux silences des cieux.
La modélisation s’est faite grâce aux tous derniers résultats notamment dans l’estimation des civilisations évoluées dans la galaxie.

2 Les évolutions

Shostak
L’équation a été ensuite modifiée par Shostak et en particulier le terme f( c) qui devient la fraction des civilisations qui disposent d’une technologie et de la volonté de communiquer

SETI 1
En 1999, le SETI produisit une autre version ou N représente le nombre de civilisations communicantes dans la galaxie dont les radio communications sont détectables .
R est ici la fraction des étoiles qui conviennent.
f (p )est la fraction des étoiles ayant des planètes.
n(e) représente alors le nombre de « Terres » par système planétaire.
f (l) représente la fraction des planètes sur lesquelles se développe la vie.
f( i) représente la fraction des sites de vie où se développe une vie intelligente.
f ( c ) est la fraction de planètes où se développe la technologie.

SETI 2
Un révision ultérieure de cette équation était présentée dans le rapport SETI de 2020 publié en 2002 ou cette fois n(e) représente le nombre de planètes par système planétaire, [b]offrant un environnement approprié à la vie ; f ( c ) est la fraction de civilisations qui développent une technologie qui diffuse des signes de leur existence dans l’espace ; et L est [b] la durée moyenne pendant laquelle de telles civilisations émettent des signaux détectables dans l’espace
Même révisée, l’équation de Drake se focalise sur les civilisations qui émettent des signaux électromagnétiques que nous pouvons détecter. Ce ne sont par conséquent pas toutes les civilisations !

Ward et Brownlee [2]
Ils proposèrent de modifier l’équation de façon à ce que le facteur biologique clé soit le pourcentage de la durée de vie d’une planète qui est marquée par la présence de vie multicellulaire. Ils ajoutèrent d’autres facteurs comme la fraction de planètes disposant d’un gros satellite (stabilisant leur rotation), la fraction de systèmes solaires avec des planètes de la taille de Jupiter (pour protéger les planètes plus petites des gros astéroïdes) et la fraction de planètes avec un faible nombre d’extinctions de masse.

Papagiannis et Mauldin [3] quant à eux ont remarqué que l’équation négligeait le facteur temps. Il est fait l’hypothèse que tous les facteurs sont inchangés sur les milliards d’années que la vie utilise pour développer une civilisation, alors que des processus catastrophiques se produisent dans la galaxie à une échelle de 100 millions d’années, ce qui peut être la cause d’une surestimation de la durée de vie des civilisations.
Enfin, l’équation de Drake est basée sur le présupposé que le mode de contact est la détection de signaux électromagnétiques d’étoiles distantes. Elle néglige la possibilité que des civilisations technologiques aient pu s’étendre au-delà de leur système. L’équation ne tient aucun compte de civilisation ayant pu développer l’exploration interstellaire, la colonisation interstellaire et le contact direct ! [4]


Poursuivons avec cette révolution cachée au cœur du XVIII siècle dont les ferments résonnent dans notre XXIième siècle débutant.

Si Copernic avait resitué la Terre dans le système solaire et de ce fait changé notre vision du monde, ce n'est rien en comparaison de cette révolution concoctée par 3 esprits éclairés du XVIII siècle, Wright, Kant et Lambert.

Cette révolution là comporte 3 actes:
• Le soleil est une étoile comme un autre immergée dans un ensemble, disque ou spirale dont la trace se traduit sur notre voute céleste par la voie lactée.
• D'autres disques, spirales, univers iles existent. Ils sont une multitude.
• D'autres systèmes comme le système solaire sont légions. La pluralité des mondes n'est pas une utopie, c'est la vie et le principe "anthropique" doit être généralisé et reformulé en principe d'êtres intelligents intriqués dans leurs biosphères respectives, un principe de vie, partout présent dans l'univers, si bien que l'altérité est une donnée première de l'infinité et par conséquent de l'humanité.
Il faudra un quatrième larron, Teihlard de Chardin, pour comprendre dans ce sinistre XX ième siècle, ce siècle de la mort, qu'une quatrième dimension doit être envisagée dans cette cosmophère, celle de la noosphère rebouclant ainsi le fabuleux dessin de ce fils de charpentier, Wright, légué à l'humanité. "L'œil était dans la galaxie et regardait la vie"!


Il est plus que temps de nous réveiller. La nature nous a donné un cerveau non pour consommer, ou sommer d'être cons mais pour penser!
[1] Les puissances de dix. Les ordres de grandeur dans l’univers- Philip Morrison, Phylis Morrison et l’agence Charles & Ray Eames.
[2]
http://en.wikipedia.org/wiki/Rare_Earth_hypothesis
[3] Michael Papagiannis « Colonies in the Asteroïd Blt, or the Missing Term in the Drake Equation” in Hart and Zuckerman, editors 77-84.
[4] Dyson et G.Seth Shostak. Third Decennial US-USSR Conference on SETI, Astronomical Society of the Pacific, 1993, 1994.
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Ovnis Re: Les implications d'un éventuel contact avec des Extraterrestres

le Ven 01 Juil 2011, 19:42
Bonsoir,

Réflexion intéressante M51.(merci pour ce post)...même si la conclusion me semble un peu élitiste.

Nous avons un cerveau pour penser....mais la société nous incite à consommer et surtout...à dormir tranquille....on s'occupe de tout pour nous.

Alors dormez bien brave gens.

Cordialement,
M51M51
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Ovnis Re: Les implications d'un éventuel contact avec des Extraterrestres

le Lun 11 Juil 2011, 23:19


Le visage des années lumière induit une machine abstraite déclenchant une nouvelle sémiotique, une langue fonctionnelle, une éthique de l’univers non pas repliées sur elles-mêmes mais déroulées dans l’espace et le temps de cette mesure qui les associe, l’année-lumière. A travers ce visage de l’autre si différent s’articulent les notions nouvelles et hétérodoxes spiralant et brisant une conformité totalitaire. « Il n’y a plus de mesure d’écart par rapport à une hypothétique normalité mais bien la pleine et entière mesure de la perception de l’étranger comme un autre.» (cette dernière phrase est extraite de « Gens de soi, gens de l’autre » de Robert Jaulin.)

Merci Louis591 pour votre intervention. Je ne pense pas que le questionnement sur la pluralité des mondes, les communications implicites qui en découlent et la question du contact et de ses conséquences soient une problématique élitiste. Il me semble que nous avons tous été pourvus par la nature d’une tête et d’un cerveau. Libre à chacun de nous de le cultiver (cultiver son jardin comme disait Voltaire) ou de le laisser en jachère afin que d’autres s’en servent et utilisent ce temps de cerveau disponible pour mieux nous asservir et nous transformer en cerfs veaux. Personnellement, je conçois plutôt cette problématique comme une magnifique machine à penser et de fait à résister à l’ânerie collective ambiante dont la propension à l’entropie généralisée semble marquer du sceau de l’infamie notre période actuelle, nous ne sommes pas très loin de nouveaux charniers identiques à ceux qu’a produit ce siècle de la mort, j’entends le XXième siècle. Aussi il me plait à penser que cette problématique du contact est en quelque sorte salvatrice, non parce que nous attendrions les bras croisés un hypothétique Eden apporté par des « êtres de lumière » mais bien plutôt en provoquant par effet miroir un questionnement intérieur à l’humanité qui lui permettrait de trouver les voies d’un développement harmonieux. N’attendons pas d’autrui du tout cuit, il faut nous retrousser les manches, bosser et comme le dit le fameux dicton populaire :

« Aide toi et le ciel t’aidera ». Aussi je me permets de développer ici les points de ma précédente intervention qui faisais référence à 3 génies que ce XVIII siècle a connus et qui contribuèrent chacun à leur façon à mettre en selle la conception de la pluralité des mondes habités, j’entends l’anglais Wrigth[1], le Français Lambert[2] et l’allemand Kant [3] avec pour le premier la prise de conscience de la dimension spirituelle (dimension spirituelle qui sera redécouverte pas Teilhard de Chardin au XX ième siècle dans le groupe Zoologique humain, la notion de noosphère et d’évolution orientée), le second la dimension scientifique, le dernier la dimension cosmique et éthique, une éthique non pas limitée aux êtres humains mais qui embrasse l’ensemble des êtres « rationnels » selon Kant.

Et oui, quel étonnement de constater que ces trois génies, malgré la faiblesse des moyens d’observation de l’époque ont eu l’intuition fantastique:

  • Que les étoiles étaient d’autres soleils et qu’elles devaient aussi accueillir d’autres systèmes planétaires. Ces systèmes accueillant potentiellement d’autres planètes similaires à la Terre et d’autres mondes habités !
  • Que les étoiles se rassemblaient en un grand ensemble, disque, dont la voie lactée représentait la trace sur notre voûte céleste, en fait l’empreinte de notre galaxie.
  • Qu’il devait exister d’autres galaxies comme la notre !


N’est-il pas incroyable de constater la portée de ces concepts. Voilà ce que je nomme une révolution cachée au coeur du XVIII siècle, révolution qui semble être passée inaperçue, car diluée, trop en avance sur son temps et par trop radicale où les ferments résonnent (pour nous inciter à raisonner) dans notre XXIième siècle débutant. Si Copernic avait resitué la Terre dans le système solaire et de ce fait changé notre vision du monde, ce n'est rien en comparaison de celle-ci qui débouche sur la pluralité, l’altérité, une cosmogénèse révolutionnaire et une éthique des années lumière. Ce qui va se passer et qui va véritablement percuter notre réalité, c’est que l’intuition géniale de ces précurseurs va être mise en évidence par la science du XXI ième siècle, les pièces tombent les unes après les autres. Le développement des techniques est tel qu’il permet d’envisager à courte échéance la découverte d’exoterres jusqu’à permettre l’analyse de leur atmosphère et par voie de conséquence la mise en évidence de biotopes, voire d’activités intelligentes. A titre d’exemple non exhaustif, voila à quoi pensent déjà les scientifiques pour mettre en évidence ces intelligences éloignées, la mise en évidence d’une activité minière…

Extrasolar Asteroid Mining as Forensic Evidence for Extraterrestrial Intelligence Duncan H. Forgan and Martin Elvis, March 29, 2011

http://arxiv.org/PS_cache/arxiv/pdf/1103/1103.5369v1.pdf

Et je ne parle même pas des changements de paradigmes en cours concernant la conception de notre univers et cette nouvelle physique qui se développe dans les très hautes énergies. Lorsque je lis ici ou là que nos « experts sceptiques » n’envisagent même pas la possibilité du voyage interstellaire, je me dis que ces gens là sont bien imbus de « leurs sciences » et qu’ils doivent avoir une connaissance intime des lois qui régissent l’univers pour professer de telles affirmations. En bonne sceptique fidèle à Sextus Empiricus, je me permets de douter et je considère la pertinence de ces propos comme équivalente aux déclarations positivistes du distingué Auguste Comte sur la nature des étoiles.

Une piste d’investigation et de recherche intéressante pour approcher les changements en cours me semble être donnée par cette astronomie des rayons X très durs et de l’astronomie gamma qui curieusement est un cheval de bataille de beaucoup de nations dans les prochains temps à travers les programmes spatiaux Asto-H, NuStar, Simbol-X, SRG, Xeus, Con-X, etc.

L’utilisation du gamma pour retrouver le point Omega de Teilhard de Chardin, ce n’est peut-être pas uniquement un jeu de mot mais il nous appartient que cela ne devienne pas de nouveaux maux.

Enfin dans un fil précédent que vous trouverez sur ce site, j’avais souligné à travers 3 films comment le cinéma contribuait à alimenter cette question extraterrestre et la problématique de l’altérité. Je me demande sincèrement si un processus d’acculturation concernant ces sujets n’est pas déjà en cours via le cinéma et la culture de masse (cf films récents et publicité, prenez celle par exemple sur les produits laitiers), tendances résultant d’un inconscient collectif auto entreprenant ou plus prosaïquement « d’un collège invisible » préparant le contact. J’en veux pour preuve un petit bijou du genre que j’ai vu récemment et que je ne saurai trop vous conseiller quelles que soient vos croyances. Deux nerds, passionnés de science fiction et de Bd traversent les Etats-Unis en camping car. Ils rencontrent, chemin faisant, un alien tout droit échappé de la zone 51. Le film est drolatique, plein de références cinématographiques mais pas seulement (on sent que l’équipe du film a particulièrement été bien conseillée pour qui connaît ces dossiers), de quoi faire un ET bullshit bingo pour identifier la road map en cours et pour penser « out of the box ». Tout en ayant l’air d’une blague de potaches, le film aborde de façon magistrale toute une palette de problématiques liées au contact y compris la religion. Un OVNI du cinéma pour passer un bon moment tout en s’initiant à des réflexions non triviales…










Bonne lecture, j’ai fait un peu long cette fois.

[1] Thomas Wright

Thomas Wright de Durham est un pionnier de l’astronomie sidérale. Il est né en 1711, mort en 1786 dans l’indifférence générale bien qu’il ait publié de nombreux livres et notamment son « Original Theory of the Universe » ou son livre magnifiquement illustré, le Clavis Coelestis dans lequel on trouve les premières références aux étoiles qualifiées « de grands globes de feu similaires au soleil qui peuvent être probablement les centres d’autres systèmes planétaires ». Dans son livre « An Original Theory or New Hypothesis of the Universe (1750), Wright évoque la voie lactée et cite ces lignes d’Edward Young :

« One sun by day, by Night ten Thousand shine, And light us deep into the Deity”
(Night Thoughts, Edward Young).
Il évoque dans la préface un passage du Cosmotheoros de Huygen mentionnant l’importance de la spéculation et rappelle une citation extraite du livre “Essay on Man” de Pope venant appuyer la pluralité des mondes. L’univers selon Wright consistait en une vaste infinité de mondes peuplés d’êtres vivants, chacun tendant selon leur talité, à la perfection. Parmi les neuf lettres qui constituent l’ouvrage de Wright, la première est un plaidoyer en faveur de la pluralité des mondes soutenu par des références à Bruno, Milton, Huygens, Newton, Pope et Young. La seconde est destinée à justifier le raisonnement analogique si importants pour les pluralistes. Wright déclare l’universalité des créatures rationnelles et des peuples de l’infini. La troisième apporte des éléments sur les planètes, Wright les considérant comme des corps similaires à la Terre, et reflétant la lumière du soleil. La quatrième évoque les étoiles comme étant des soleils entourés de planètes citant Joseph Addison :


When I consider that infinite Host of Stars… with those innumerable sets of Planets or Worlds, which were then moving round their respective Suns; when I still enlarge the Idea, and supposed another Heaven of Suns and Worlds rising still above this which we discovered; and these still enlightened by a superior Firmament of Luminaries, which are planted at so great Distance, that they may appear to the Inhabitants of the former as thestars do to us; in short, whilst I pursued this Thought, I could not but reflect on that little insignificant Figure which I myself bore amongst the Immensity of God’s Works...”
(Addison’s Spectator of July 9, 1714).


http://books.google.fr/books?jtp=645&id=K1cdAAAAMAAJ#v=onepage&q&f=false

Les lettres cinquième et sixième de Wright concernent les étoiles, leur distance, spéculant sur leurs mouvements et s’interrogeant sur leur distribution spatiale.

L’astronomie de Wright était enrichie du principe de plénitude et des notions pluralistes étroitement connectées avec la technique et la science. On doit à Wright cette envolée :

What ! a vast Idea of endless Beings must this produce and generate in our Minds; and when we consider them all as flaming Suns, Progenitors, and Primum Mobiles of a still much greater Number of people Words, what less than an Infinity can circumscribe them, less than an Eternity comprehend them, or less than Omnipotence produce and support them?


Dans sa lettre septième, Wright expose sa théorie sur la voie lactée, il montre que si nous sommes localisés un groupe d’étoiles aplati et étendu, alors nous verrions les étoiles comme elles apparaissent dans la voie lactée.

Les lettres 8 et 9 sont plutôt orientées vers la spiritualité, Wrigth mélangeant matière et spiritualité dans certaines de ses représentations très élaborées, notamment la planche XXXII où il représente de nombreuses étoiles et leurs systèmes avec en leur centre l’œil de la providence ou plutôt celui de la noosphère auto créée !

On trouvera sur le site suivant,

http://media4.obspm.fr/public/AMC/pages_18e/impression.html

une description sommaire de l’approche de Wright et de sa cosmogonie époustouflante pour l’époque.

Publié en 1750, il s'intitule On Original Theory or New Hypothesis of the Universe.

L'auteur cherche avant tout à proposer une œuvre pionnière et novatrice. Du point de vue théologique, Wright est d'une grande prudence, puisqu'il explique que la recherche d'autres mondes participe à l' « adoration » du Créateur.

Thomas Wright suppose donc que notre position d'observateur nous fait percevoir deux catégories d'étoiles : celles qui font partie de la Voie Lactée et celles qui sont en dehors. Pour le savant britannique, l'ensemble des astres s'organiserait selon un seul et même plan d'ensemble. ….

On Original Theory or New Hypothesis of the Universe, Londres, 1750, p. 130). Par analogie, Thomas Wright souhaite montrer que c'est désormais la place centrale du Soleil qu'il convient de remettre en cause dans l'organisation de l'univers. L'un des arguments de Wright consiste à relativiser notre position d'observateur dans l'univers. Cette dernière nous donne à voir une forme particulière d'organisation du monde, mais ne nous permet pas d'en percevoir l'architecture d'ensemble.

  • La première considère que toutes les étoiles « se déplacent de la même façon, et ne dévient jamais du même plan comme le font les planètes dans leur mouvement héliocentrique autour du Soleil ». Ce modèle est à la fois circulaire et planaire. Bien que Wright ne le précise pas, ce modèle n'est pas celui qu'il préfère.
  • « La seconde méthode pour résoudre le phénomène, est par un ordre sphérique d'étoiles, se déplaçant toutes dans des directions différentes autour d'un centre commun, comme les planètes et les comètes tournent autour du Soleil, dans une sorte de coquille, ou orbite concave ». (Thomas Wright, On Original Theory or New Hypothesis of the Universe, Londres, 1750, p. 138). Les étoiles sont donc insérées dans une strate mince, animée d'un mouvement de rotation. Wright soutient que le centre de rotation de l'ensemble des étoiles est un centre divin. L'image de la Voie Lactée que nous percevons est produite par la position particulière du système solaire dans la strate stellaire.


L'ouvrage de Thomas Wright se termine sur une perspective plus générale concernant l'organisation de l'univers.

Dans la 8e lettre, l'auteur assure que la Voie Lactée comporte soixante millions de mondes planétaires comme le nôtre. Ces « mondes habitables » sont supposés être « d'une nature terrestre » et « occupés par des êtres d'espèces humaines ». Outre cette pluralité des mondes semblables à la Terre, Wright considère, dans sa neuvième et dernière lettre, qu'il existe aussi d'autres systèmes semblables à la Voie Lactée. On mesure donc à quel point les propositions de Wright constituent une matrice particulièrement féconde des approches cosmologiques
Ce qu’il y a de plus troublant, c’est qu’il semble avoir partagé cette intuition géniale de façon concomitante et indépendante avec deux autres personnages célèbres de son époque. Comme souvent en science, il semble qu’il existe une sorte de convergence qui conduit quelques esprits éclairés à tracer les contours du futur.

[2] Jean-Henri Lambert

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Henri_Lambert

Jean-Henri Lambert est arrivé à la même conclusion que Wright sur la voie lactée et la pluralité des mondes de façon indépendante. La plupart des écrits significatifs de Lambert sur le sujet sont présentés dans son livre « Cosmologische Briefe über die Einrichtung des Weltbaues » de 1761. Il écrit notamment à propos de son intuition sur la nature de la voie lactée :

Un soir de 1749, je regardais le ciel étoilé de ma fenêtre et en particulier la voie lactée. J’écrivis sur une feuille de papier l’idée qui me vint selon laquelle la voie lactée pourrait être un ensemble d’étoiles vu par l’écliptique.


Il partagea plus tard (1761) sa vision avec Kant et notamment cette idée de disque galactique et l’approche que certaines nébuleuses (Andromède) soient des systèmes indépendants comparables à la voie lactée.

Lambert était aussi un avocat de la cause pluraliste et les discussions sur la vie extraterrestre abondent dans ses lettres. Lambert déclarait d’ailleurs à Frédéric le grand que le public considérait ses lettres comme le second volume de la pluralité des mondes de Fontenelle et un professeur de physique Italien, Rev. Giuseppe Toaldo, le tenait pour le livre pluraliste le plus accompli.

Ce qu’il y a d’encore plus troublant dans le cas de Lambert, c’est qu’il s’intéressait aussi de très près aux comètes, considérant qu’il existait des milliers voir des millions de comètes circulant dans notre système solaire (le nuage d’Oort avant l’heure…) et par analogie dans d’autres systèmes comme le notre que ces comètes pouvaient circuler pour certaines d’entre elles de systèmes en systèmes et qu’elles pouvaient abriter la vie voir être utilisées comme un véhicule pour les voyages intersidéraux ! William Herschel considérait Lambert comme quelqu’un doué de la plus fertile imagination. Voici ce que Lambert écrivait à Herschel à propos des comètes :

I rank highest the astronomers which, you, Sir, place on such celestial bodies. Their route proceeds from suns as we go from city to city on earth, and when in our case a few days go by they count in myriads of our years… Our greatest measures are their differentials, and our millions can hardly suffice as their table of multiplication. They know the warmth and brightness of each sun, and with a single conclusion they determine the general characteristics of the inhabitants of each planet which orbits around it at a given distance. Their year is the time from one sun to another. Their winter falls in the middle of the intervening space, or of the journey which they make to another sun, and they celebrate the moment when their fomer course turns into a new one. The perihelion of each course is their summer.


Lorsque l’on jette un coup d’œil à la science contemporaine et notamment aux productions de ses spécialistes, Dave Jewitt et son « ultrared matter » et Chandra Wickramasinghe élève du grand Fred Hoyle et de la panspermie, c’est, comment dire, étourdissant, époustouflant d’anticipation !

http://www.answers.com/topic/johann-heinrich-lambert

The suggestion that there might be further galaxies beyond our own was first made by him and this was subsequently confirmed observationally by William Herschel. Lambert was the first to invent an accurate way of measuring light intensities and the lambert, a measurement of light intensity, was named for him


[3] Emmanuel Kant

C’est dans son ouvrage « Histoire générale de la nature et Théorie du ciel » de 1755 que le jeune Kant va développer une conception correcte de la structure de notre Galaxie, étendant ses investigations au royaume des nébuleuses extragalactiques, et développant ce que la postérité appellera la théorie des « Univers-îles ». C’est aussi dans ce livre qu’il évoque la pluralité des mondes. Vous trouverez une traduction de son ouvrage ici et quelques extraits sélectionnés qui me plaisent bien : http://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_naturelle_g%C3%A9n%C3%A9rale_et_th%C3%A9orie_du_ciel

Le Mémoire de M. Wright, de Derham, dont j'ai eu connaissance par les Freye Urtheile und Nachrichten, de Hambourg, pour l'année 1751, m'a conduit à considérer les étoiles fixes, non comme une fourmilière disposée sans ordre apparent, mais comme un sys­tème qui a la plus grande ressemblance avec celui des planètes, si bien que, de même que les planètes se trouvent au voisinage d'un plan commun, de même aussi les étoiles se rapprochent autant que possible d'un plan que l'on doit se figurer mené à travers tout le ciel, et, par leur amoncellement dans ce plan, produisent la frange lumineuse que l'on appelle la Voie lactée. Je me suis assuré que notre Soleil doit se trouver aussi presque exactement dans ce plan, par la raison que cette zone illuminée par d'innombrables soleils a presque exactement la forme d'un grand cercle. En examinant de plus près la cause de cette distribution des étoiles, j'ai trouvé fort vraisemblable l'opinion que les étoiles dites fixes sont bien plutôt des astres errants d'un ordre supérieur, animés d'un mouvement propre très lent. Comme confirmation de cette idée, que l'on trou­vera exposée en son lieu dans la suite de mon travail, j'invoquerai ici une page extraite d'un écrit de M. Bradley sur le mouvement des étoiles fixes. « S'il est permis de se prononcer à ce sujet, (l'invariabilité ou la variation de position des étoiles), d'après les résultats de la comparaison de nos meilleures observations modernes à celles qui ont été faites antérieurement avec un degré tolérable d'exactitude; il semble qu'il s'est produit un chan­gement réel dans les positions relatives de quelques étoiles fixes; et ce changement paraît être indépendant de tout mouvement de notre système et ne pouvoir être attribué qu'à un déplacement des étoiles elles-mêmes. Arcturus en est un exemple probant : car la comparaison de sa déclinaison actuelle avec celle que lui assigne Tycho ou Flamsteed fait ressortir une différence beaucoup plus grande que celle qui peut être attribuée à l'incer­titude des observations



Tous les soleils du firmament sont donc animés de mouvements orbitaires, soit autour d'un centre unique commun, soit autour de plusieurs centres. Et par analogie avec ce qui se remarque dans notre monde solaire, on doit croire que, comme la cause qui a communiqué aux planètes la force centrifuge en vertu de laquelle elles, décrivent leurs orbites a en même temps donné à ces orbites une position très voisine d'un même plan; de même aussi les causes, quelles qu'elles soient, qui ont donné l'impulsion aux soleils des mondes supérieurs, et en ont fait autant de planètes d'ordres plus élevés, ont en même temps amené leurs orbites à coïncider dans un même plan, en ne leur permettant que des écarts très limités. D'après cette conception, on peut se représenter le système des étoiles comme un système planétaire énormément agrandi. Si au lieu des six planètes entourées de dix satellites, on en imagine des milliers, et au lieu de 28 ou 30 comètes qui ont été observées, si l'on en suppose des centaines et des mille ; si l'on se figure en outre ces corps lumineux par eux-mêmes; le spectateur, qui de la terre considérera cet ensemble, aura devant les yeux l'apparence des étoiles de la Voie lactée. Car ces planètes supposées, par leur proximité d'un plan commun, dans lequel se trouve aussi la Terre, produiront une zone illuminée par d'innombrables étoiles, qui suivra un grand cercle de la sphère céleste. Cette traînée lumineuse sera toujours en tous ses points suffisamment garnie d'étoiles, quoique, selon notre hypothèse, il s'agisse d'étoiles en mouvement, et non d'un amoncellement d'étoiles immobiles; car leur transport même amènera toujours en chaque point assez d'étoiles pour remplacer celles qui auront abandonné cette position. La largeur de cette zone lumineuse, qui figure une sorte de bande zodiacale, sera déterminée par les différents degrés d'écart des étoiles égarées de part et d'autre du plan relatif et par l'incli­naison de leurs orbites sur cette même surface. Comme d'ailleurs le plus grand nombre reste au voisinage de ce plan, elles sont de plus en plus rares à mesure qu'on s'en éloigne



Mais les comètes, qui occupent toutes les régions du ciel, couvriront de tous côtés les espaces célestes. L'aspect du ciel étoilé est donc dû à une distribution systéma­tique des étoiles, qui reproduit en grand ce qu'est en petit notre système planétaire; l'ensemble des soleils forme un système, dont le plan général est la Voie lactée ; les soleils qui échappent à l'at­traction restent à côté de ce plan, ils sont pour cette raison moins condensés, largement dispersés et rares. Ce sont pour ainsi dire les comètes du système stellaire. Cette nouvelle conception conduit à attribuer aux étoiles un mouvement de progression, et pourtant tout le monde les consi­dère comme immobiles et fixes dans l'espace depuis leur origine

.…

Supposons un sys­tème d'étoiles ramassées aux environs d'un plan commun, à la ma­nière de celles de la Voie lactée, mais situé si loin de nous que la lunette même ne puisse nous faire distinguer les astres dont il se compose; supposons que sa distance soit à la distance qui nous sépare des étoiles de la Voie lactée, dans le même rapport que celle-ci à la distance de la Terre au Soleil ; un tel monde stellaire n'apparaîtra à l'observateur qui le contemple à une si énorme dis­tance que comme un petit espace faiblement éclairé et sous-tendant un très petit angle; sa figure sera circulaire, si son plan est perpen­diculaire au rayon visuel, elliptique s'il est vu obliquement. La fai­blesse de sa lumière, sa forme et la grandeur apparente de son diamètre différencieront d'une manière évidente un pareil phéno­mène des étoiles isolées qui l'environnent. Il n'y a pas à chercher longtemps dans les observations des astronomes pour rencontrer de semblables apparences. Elles ont été vues par divers observateurs. On s'est étonné de leur rareté ; on a imaginé sur leur compte et l'on a admis tantôt les fantaisies les plus étonnantes, tantôt des conceptions plus spécieuses, mais qui n'avaient pas plus de fondement que les premières. Nous voulons parler des nébuleuses, ou plus exactement d'une espèce particu­lière de ces astres, que M. de Maupertuis décrit ainsi (') : ce sont de petites plaques lumineuses, un peu plus brillantes seulement que le fond obscur du ciel; elles se présentent dans toutes les ré­gions; elles offrent la figure d'ellipses plus ou moins ouvertes; et leur lumière est beaucoup plus faible que celle d'aucun autre objet que l'on puisse apercevoir dans le ciel.

Je citerai volontiers ici la boutade satirique d'un spirituel écri­vain de la Haye, qui, après avoir passé en revue les nouvelles géné­rales des Sciences, exposait plaisamment l'hypothèse de l'habita­tion nécessaire de tous les astres. « Les créatures, disait-il, qui habitaient les broussailles de la tête d'un gueux s'étaient habituées à regarder leur demeure comme une sphère immense, et à se con­sidérer elles-mêmes comme le chef-d'œuvre de la création; lors­qu'un jour une d'entre elles, que le ciel avait douée d'un esprit plus fin que les autres, un petit Fontenelle de son espèce, aperçut à l'improviste la tête d'un gentilhomme. Aussitôt elle rassemble les fortes têtes de son quartier et, d'un ton convaincu, leur dit : Nous ne sommes pas les seuls êtres vivants de la nature : voyez, voici un nouveau monde, sur lequel il y a encore plus de poux que chez nous. » Cette conclusion fait rire ; et pourtant le raisonnement de cet insecte ne diffère pas beaucoup de celui des hommes et repose sur des motifs tout semblables. Mais l'erreur nous paraît plus excu­sable de notre part que de la sienne.

Et pourtant examinons les choses sans prévention. Cet insecte d'abord ne me parait pas mal choisi comme terme de comparaison ; par ses mœurs et le dégoût qu'il inspire, il représente très bien une classe d'hommes trop nombreuse. Parce que, dans son esprit, la nature est infiniment intéressée à son existence, il tient tout le reste delà création pour négligeable, dès qu'elle n'a pas son espèce comme but unique et direct. L'homme, placé lui aussi infiniment au-dessous de l'essence des Etres supérieurs, n'est pas moins ridi­cule lorsque sa vanité se complaît dans la pensée de la nécessité de son existence. L'infini de la création comprend en soi, au même degré de nécessité, toutes les créatures que produit sa surabon­dante richesse. Depuis la classe la plus sublime des êtres pensants jusqu'au plus vil insecte, aucun membre n'est indifférent; aucun ne pourrait manquer sans altérer la beauté de l'ensemble, qui a sa source dans l'enchaînement des êtres.



En fait, l'insecte de tout à l'heure peut nous paraître aussi infime qu'on voudra : la nature est certainement plus intéressée à la conservation de son espèce entière qu'à l'existence possible sur quelque région déserte d'un petit nombre de créatures plus excellentes, dont il existe ailleurs un nombre infini. Par cette raison qu'elle est inépuisable dans la production de ces deux espèces de créatures, elle aban­donne sans souci leur conservation et leur mort à l'action des lois générales.

….

Il n'en est pas moins vrai que la plupart des planètes sont certai­nement habitées et que celles qui ne le sont pas le deviendront un jour. Comment varient maintenant les caractères des habitants de ces astres, suivant la position de leur demeure dans le monde rela­tivement au centre du système, d'où émane la chaleur qui vivifie tout? Il est bien certain que cette chaleur, agissant diversement sur les matériaux de ces astres en proportion de.la distance, établit entre leurs propriétés des rapports déterminés (une définition avant l’heure des zones habitables, Terrestrial Haitable Zone ?). L'homme, qui, de toutes les créatures raisonnables, est celle que nous connaissons le mieux, quoique sa nature intime soit encore pour nous un mystère insondable, doit nous servir de base et de point de repère général pour cette comparaison. Nous n'avons pas d'ailleurs à le consi­dérer ici au point de vue de ses propriétés morales ni même de sa conformation physique; nous avons seulement à voir jusqu'à quel point et comment la faculté de penser raisonnablement et le mou­vement de son corps obéissant à la pensée sont limités par les propriétés de la matière à laquelle l'homme est uni, propriétés qui sont elles-mêmes en relation avec la distance au Soleil

.…

Si l'on recherche les causes des obstacles qui retiennent la nature humaine dans un si profond abaissement, on les trouve dans la grossièreté de la matière dans laquelle sa partie spirituelle est sub­mergée, dans la rigidité des fibres, l'inertie et l'immobilité des fluides qui doivent obéir aux excitations de l'âme. Les nerfs et les liquides de son cerveau ne lui apportent que des perceptions gros­sières et indistinctes; et comme il ne peut opposera l'excitation des sensations extérieures que des conceptions trop peu puissantes pour maintenir l'équilibre dans l'intérieur de sa faculté pensante, il se laisse entraîner par ses passions, étourdir et troubler par le tumulte des éléments dont est formée sa machine. Les efforts de la raison pour lutter contre les passions et pour en dissiper les ténébreuses erreurs par la lumière du jugement ne sont que des éclats fugitifs d'un soleil dont d'épais nuages interceptent et obscur­cissent incessamment la clarté.…

L'homme est bâti pour recevoir les impressions et les émotions que le monde doit éveiller en lui, par l'intermédiaire du corps, qui est la partie visible de son être, et dont la matière non seule­ment sert à imprimer à l'âme invisible qui habite en lui les pre­mières connaissances des objets extérieurs, mais aussi intervient inévitablement dans ce commerce intérieur qui consiste à répondre aux impressions et à les combiner, en un mot dans l'acte de la pensée (une conception que ne renieraient pas les ummites…)

S'il est, parmi les créatures pensantes qui habitent notre planète, des êtres assez dégradés pour ne pas sentir le vif attrait de ce sublime sujet de méditations et lui préférer l'esclavage des vains plaisirs ; oh ! Combien malheureuse est la Terre qui a enfanté de si misérables créatures! Mais, par contre, quelle heureuse destinée est la sienne, lorsqu'elle voit s'ouvrir devant elle une voie qui doit la conduire, dans les conditions les plus agréables, à des hauteurs et à une félicité qui dépassent infiniment les préro­gatives les plus excellentes que la nature a pu donner aux planètes les plus favorisées !



On pourrait dire qu’il s’agit d’une œuvre de jeunesse de Kant et qu’elle n’est pas représentative de la pensée de ce grand philosophe. C’est faux ! Kant ne reniera pas sa position pluraliste dont il se fera l’avocat dans ses publications ultérieures et notamment,

Dans « L’unique fondement possible d’une démonstration de l’existence

de Dieu» publié en 1763 qui contient non seulement un passage résumant ses principales doctrines astronomiques mais aussi le sentiment qu’il éprouva lorsqu’il fit l’expérience du microscope qu’il l’étendit au télescope (encore une histoire de puissance de dix !)

http://www.goodreads.com/book/show/1541774.The_One_Possible_Basis_for_a_Demonstration_of_the_Existence_of_God

…when I see the intrigue, power and a scene of turmoil in a bit of matter and then turn my attention from that to boundless space, swarming with worlds like bits of dust, no human language can express the feeling such reflection excites and all subtle metaphysical analyses fall far indeed from the grandeur and value that are part and parcel of such a vision.


Ou encore plus tard dans la Critique de la raison pure (1781)

http://translate.google.fr/translate?hl=fr&langpair=en%7Cfr&u=http://ebooks.adelaide.edu.au/k/kant/immanuel/k16p/part2.2.html

I should not hesitate to stake my all on the truth of the proposition- if there were any possibility of bringing it to the test of experience — that, at least, some one of the planets, which we see, is inhabited. Hence I say that I have not merely the opinion, but the strong belief, on the correctness of which I would stake even many of the advantages of life, that there are inhabitants in other worlds.


Ce qu’il y a de plus prodigieux, ce sont ses réflexions sur les bases d’une éthique qui ne serait non plus uniquement humaine mais qui embrasserait les peuples du cosmos, éthique qu’il envisage dans son Fundamental principles of the Metaphysic of Moral (1785) dans lequel il décrit que son but est de formuler une éthique applicable à tous les êtres rationnels quels qu’ils soient. Prodigieux !

http://philosophy.eserver.org/kant/metaphys-of-morals.txt



Enfin dans la « Critique de la raison pratique » (1788) il aura cette phrase fantastique qui est une invite à redécouvrir Kant sous cet angle pluraliste et cette éthique des années lumière dont les hommes de ce XXIième siècle feraient bien de s’inspirer :

« Deux choses remplissent mon esprit d’une admiration et d’un respect incessants : le ciel étoilé au dessus de moi et la loi morale en moi. »


Bienqu’au terme de morale connoté, je préfère plutôt substituer le mot d’éthique.

Ce n’est donc pas un hasard si Mme Mioara MUGUR-SCHÄCHTER (voir chapitre 1.4 du document cité en référence) et son infra mécanique quantique nous invite à redécouvrir Kant et à nous départir de nos trompe-l’œil conceptuels pour aborder le réel et notamment l’inconnu qui frappe à notre porte, qu’il s’agisse de comprendre « l’invalidation conceptuelle du théorème de localité de Bell » ou plus simplement ces fameux OVNI ! C’est de la science en mouvement !

http://arxiv.org/ftp/arxiv/papers/0903/0903.4976.pdf

Ce livre s’adresse à tous ceux qui désirent pénétrer jusqu’aux racines de la conceptualisation humaines et former une vue sur la manière dont y émergent les descriptions de microétats incorporées à l’état cryptique dans le formalisme mathématique de la mécanique quantique fondamentale. Sa lecture aura également l’effet de les rendre immédiatement réceptifs à l’exposé de la méthode générale de conceptualisation relativisée (Mugur-Schächter [2006]), une épistémologie qualitative mais formalisée, solidement fondée dans la pensée scientifique actuelle et qui couvre les processus de génération de connaissances depuis l’encore jamais conceptualisé et jusqu’à la frontière entre le connu et le métaphysique.


La ligne de fuite sur la question extraterrestre est un rhizomique questionnement aux frontières de notre entendement. Il s’agit de tracer les cartes d’un devenir dont les singularités tracent les lignes d’un futur aux antipodes de la conformité. Il ne s’agit plus de raisonner sur un signifiant acquis mais de résonner, vibrer sur des quantas de sens qui filent, s’effilochent en lignes molaires, segments de possibles; en fait tracer les contours d’une cartographie exotique, incarnation d’une déterritorialisation/reterritorialisation de la pensée, la construction d’un compossible.



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Ovnis Re: Les implications d'un éventuel contact avec des Extraterrestres

le Dim 31 Juil 2011, 08:44
Dans cette approche imaginant un futur contact exotique, on pourrait se poser la question de savoir quelles seraient les notions ou concepts qui « supporteraient » notre réflexion et nous aideraient à passer ce cap difficile, ce nouveau paradigme remisant bien des idées reçues au panier ; des concepts qui nous permettraient d’établir une sorte de pont cognitif/ « sémantique » avec une réalité et des connaissances exogeognosologiques.
A titre d’exemple on pourrait être amené à s’interroger comme le fait Renaud Barbaras sur le rapport entre le vivant et l’inerte

http://execo.univ-paris1.fr/spip.php?article294
…on se trouve confronté à une autre question, très difficile, celle du rapport entre le vivant et l’inerte, le sujet vivant et la nature physique. Y a-t-il un sens à distinguer l’organique de l’inorganique ? C’est notamment pour cela que je m’intéresse à Whitehead, qui propose une cosmologie ou une philosophie de l’organisme, puisqu’il refuse la distinction même de l’organique et de l’inorganique. Il cherche par conséquent à penser un mode d’être qui soit, là encore, plus profond que la différence de l’organique et de l’inorganique.
Au fil de mes lectures, il m’est apparu que certaines avancées de contemporains ou de géniaux précurseurs pouvaient nous montrer le chemin et nous aider dans cette approche. J’entends les notions de time binding/Extelligence, de cadacualtez, de semovience , de conatus, d’énaction et d’analogons. Que sa quo ? me demanderez-vous avec juste raison tant ces notions/mots/concepts sont peu usités dans notre langage courant et pourtant quelle puissance! Ne voyez ici aucune volonté d’étaler des connaissances (j’ai conscience d’avoir fait un peu touffu, mais vous voyez bien que ce sujet dépasse de très loin le carcan stérilisateur des « petits hommes verts » de la représentation commune) mais bien plutôt une sorte de partage de pistes qui me paraissent très fécondes dans la problématique qui nous intéresse. C’est aussi une invite à penser différemment et quelque part à résister à l’« anthropologie ganglionnaire » de cette société entropique actuelle qui nous conduit tout droit vers une impasse monstrueuse [0]. En bref de faire acte de résistance en inventant un autre cogito qui serait plutôt « Je pense donc, je peux » sinon tout, au moins quelque chose comme par exemple de ne plus accepter l’inacceptable et d’exprimer ce que la vie nous a donné!

Time Binding /Extelligence:
Commençons par cette notion de Time Binding en saluant ce véritable génie méconnu du XXième siècle, Alfred Korzybski, que j’ai déjà évoqué au début de ce fil. En lisant Manhood of humanity, écrit en 1921 (qui est un prélude au chef d’œuvre « Science and sanity » ) on trouve deux observations remarquables (Manhood of humanity appendix II, page 224, biology and time-biding).
-L’homme dispose par rapport aux autres êtres vivants de la planète d’une faculté bien spécifique qu’il appelle le time-binding. Le time-binding correspond à notre capacité d’ « accumuler » les savoirs, enseignements de nos prédécesseurs (science, culture, idées, etc.) et à passer le relai à nos descendants. Cette noosphère de l’intelligence progresse de façon exponentielle à condition que cette faculté de time-binding soit utilisée correctement et avec sagesse. Il fait le parallèle, dans le cheminement vers le complexe, avec le monde végétal doué de « Chemical-binding » (maitrise de la chimie nécessaire à la biosphère) et le monde animal doué de la maitrise de l’espace (space-binding). Encore faut-il que l’homme reconnaisse et utilise cette faculté de time-binding et ne reste pas coller au stade « animal » du space binding que l’on retrouve dans tous les comportements de prédation, de guerre de territoire, de sélection du meilleur qui semblent marquer l’époque actuelle, nos élites, nos cornacs. Après la lecture de « Manhood of Humanity » et « Science and Sanity », on comprend d’ailleurs mieux pourquoi, ce genial Alfred Korzybski est resté si méconnu et si confidentiel. Les méthodes qu’il propose d’utiliser en matière d’enseignement mettraient à jour très rapidement la structure délirante du monde actuel et provoqueraient une révolution des consciences que nos psychopathes désincarnés ne peuvent pas tolérer.
- Notre modèle de société basé sur la conquête de territoire (au sens propre comme au figuré) et de nouvelles frontières à dépasser ne peut fonctionner en monde clos et c’est pure folie que de continuer à le promouvoir. Nous devons troquer les modèles économiques et politiques actuels hérités du space binding et développer notre sagesse grâce aux savoirs transmis par nos ancêtres. C’est la condition sine qua non de notre évolution et on ne nous permettra pas de quitter ce berceau qui est la Terre sans avoir fait cette révolution des cerveaux.
Il m’est apparu qu’il pouvait peut-être exister une autre échelle dans la maîtrise de l’univers, la faculté de l’Imaginal- binding ou virtual-binding ou encore spiritual-binding qui correspondrait à la capacité d’orienter sa/les noosphères, l’espace imaginal. L’homme n’en serait pas forcément doté. Je reviendrai ultérieurement sur ce côté « imaginal » de notre univers qui selon moi est une « réalité » à part entière et qui pourrait aussi donner lieu à de la recherche scientifique au même titre que notre univers matériel.
Il est intéressant de constater que cette notion de time-binding semble être redécouverte sous cette notion d’extelligence[1][2]. Je reprends un passage du très bon papier « Where are the Dolphins ? » de Jack Cohen et Ian Stewart (traduction rapide et approximative et quelques commentaires personnels entre parenthèses)
Une question clé de la xénobiologie est la question de l’intelligence. L’intelligence est-elle universelle ? La réponse n’est pas claire. Le niveau d’intelligence humaine n’est arrivé qu’une seule fois sur Terre (là, je ne m’aventurerai pas aussi loin), aussi, selon des critères normaux, elle devrait être considérée comme très locale. D’un autre côté, notre intelligence n’est pas si différente de celle qui peut être trouvée chez les grands singes, les cétacés et les pieuvres. Les cochons sont excellents aux jeux vidéo, les perroquets ont des facilités étonnantes pour les langues, et mêmes les poissons épinoches et les crevettes mantes peuvent résoudre des problèmes. L’intelligence apparaît être un universel car elle semble offrir des avantages évolutifs majeurs, quelque soit le contexte. Cependant, l’ingrédient le plus important pour des aliens techniquement compétents et doués de perception n’est pas l’intelligence, mais plutôt une propriété que nous avons partout appelé « extelligence ». C’est l’analogue contextuel de l’intelligence individuelle. L’hypothèse d’une domination globale de l’humanité est une histoire d’extelligence : Le langage, les archives permanentes d’information comme les livres, et la communication dans toutes ses formes technologiques. Comparée à toutes autres formes de vie, notre intelligence est marginalement plus grande que celle des chimpanzés : C’est notre extelligence qui a conduit notre croissance culturelle et technologique. L’extelligence humaine est bien plus puissante que celle de toute personne, mais nous pouvons y contribuer collectivement, puiser en elle et l’exploiter.
Compte tenu des évidences disponibles, L’extelligence peut être aussi un particularisme. Mais de nouveau, il semble qu’elle procure un tel avantage généralisé que nous pourrions être tentés de la considérer comme universelle. Des aliens technologiquement avancés posséderont, par définition, l’extelligence comme l’intelligence (et peut-être aussi bien d’autres choses !). C’est là où quelques espèces intelligentes de la Terre semblent déficientes. Les dauphins par exemple, sont capables de communiquer entre eux, mais ne semblent pas être extelligents- Nous ne voyons pas la technologie des dauphins. Il reste possible que les signes ne la technologie des dauphins existent mais dans une forme qui nous est tellement étrangère que nous ne pouvons pas la reconnaitre, mais pour le moment, nous considérons cela comme peu probable(Et si la « technologie » des dauphins se trouvait dans ce monde « imaginal » ?)

Voilà encore une histoire de l’un (intelligence individuelle contribuant à l’intelligence collective) et du multiple qui est un (intelligence collective inspirant l’intelligence individuelle) comme un va et vient incessant d’actions, de rétroactions et d’énactions dans ce miroir d’Amoli de la vie.
Cadacualtez :
J’avoue que pour cette notion, j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois et lire et relire pour essayer de m’imprégner de ce concept étrange mais qui est paradoxalement, quelque part, notre « cœur » intérieur. La Cadacualtez pourrait se traduire en français par quelque chose comme « l’unicité de chacun »
Dans chaque conscience, existence, psyche, âme ou esprit existant dans la nature (c'est-à-dire non dans la représentation cognitive de son identité, mais dans son ontologie d’appui quelle qu’elle soit), la cadacualtez désigne le fait que chaque psyché diffère des autres avant même de se différencier à partir des contenus mentaux.
La cadacualtez est un concept voisin de la notion de Jemeinigkeit proposée par le philosophe Martin Heidegger tout en étant différente de celle-ci. Le concept de cadacualtez fait l’hypothèse que dans la nature une diversité de psychés se trouve localisé dans les organismes vivants comme les êtres humains, les chiens, les singes – mais pas dans les montagnes ou les pins, ni dans une subjectivité générale ou âme du monde (une thèse appelée panpsychisme, la vue selon laquelle toute matière a une conscience). Comme il est largement connu, les psychés, les esprits ou les existentialités trouvés dans la nature diffèrent entre elles comme elles développent des contenus mentaux différents. Par exemple, chaque être humain apprend des choses différentes, un chien ou phoque est familier avec une certaine personne et a appris certaines compétences que ne posséderont pas d’autres chiens ou phoques.La notion de cadacualtez insiste sur le fait que avant même d’être différencié par leur développement, les psychés différent déjà entre elles et sont quelque part uniques [3]
La cadacualtez est la singularité intrinsèque, l’unicité, la non répétabilité, l’incommunicabilité de tout être vivant et pour résumer, le fait de naître dans un corps spécifique à l’exclusion d’un autre, au sein d’une famille particulière et à une époque donnée.
Semovience
la « Semovience », c’est à dire le fait pour quelqu’un de pouvoir initier une nouvelle séquence de causalités ou d’actions, simplement en le voulant, l’habilité inhérente de chaque esprit trouvé dans la nature (c'est-à-dire dans chaque psyché ou finitude existentielle composant un organisme ) de commencer de nouvelles séries causales et de ne pas simplement continuer des séquences causales qui sont transmises d’ailleurs. La sémovience transcenderait la mort physique en permettant, à des existentialités finis d’être opératives post mortem, quelque chose qui pourrait se rapprocher de ce monde imaginal d’Henri Corbin et de l’approche soufiste et qui pourrait-être développée en créant un pont (cinvat ?) entre une spiritualité des « lumière » ou des années lumière et la science, condition sine qua non d’une évolution positive. L’univers dans lequel nous interagissons serait en fait constitué de deux paires d’univers, une paire réelle dans laquelle se déplacerait notre corps physique, une paire « imaginaire » dans laquelle s’ébrouerait notre esprit (cf travaux récents de Jean-Pierre Petit). Pour être tout à fait complet, on pourrait lier cette approche aux travaux de Jean E.Charon sur la relativité complexe et notamment son livre « l’esprit cet inconnu » dont j’extrais les trois citations ou passages suivants :
Une citation d’Alexis Carrel
Nous devons libérer l’homme du cosmos créé par le génie des physiciens et des astronomes, de ce cosmos dans lequel il a été enfermé depuis la Renaissance. Malgré sa beauté et sa grandeur, le monde de la matière inerte est trop étroit pour lui.
Une citation de Pierre Teilhard de Chardin :
Le moment est venu de se rendre compte qu’une interprétation, même positiviste, de l’Univers doit, pour être satisfaisante, couvrir le dedans aussi bien que le dehors des choses- l’Esprit autant que la Matière. La vraie Physique est celle qui parviendra, quelque jour, à intégrer l’Homme total dans une représentation cohérente du monde. »
Et enfin ceci de Jean E. Charon :
Jusqu’au jour où tous nos « Je » éoniques réunis dans une immense structure plus néguentropique que toutes celles du passé, nous serons arrivés là où le temps semble s’arrêter, là où toute cette gigantesque évolution a finalement conduit l’Esprit, dans les verts pâturages où l’Univers retient enfin son souffle, prêtant l’oreille à cette musique secrète qui court maintenant comme un chant éthéré, entre les formes mouvantes des éons de cette fin du monde.

Conatus :
S’il est un philosophe qui nous montre le chemin à suivre, c’est bien Spinoza, tant son éthique est une invitation à la connaissance de la vie, finalement quelle qu’elle soit y compris dans une approche non anthropomorphique, ce qui, soit dit en passant, est un véritable tour de force de la part du génial Spinoza, qui bien que « projeté » dans son humaine condition élabore les fondations d’une éthique des années-lumière. Prodigieux de trouver cette approche au cœur du XVII ième siècle!
http://www.spinozaetnous.org/wiki/Conatus
J’ai apporté quelques compléments au texte entre parenthèse
Le conatus est un terme latin habituellement rendu par "effort", que nous pouvons comprendre comme exercice de la force d'exister d'un être (d'une essence singulière, possédant une nature propre). C'est chez Spinoza l'affect fondamental : "l'effort" d'exister, autrement dit de persévérer dans l'être constitue l'essence intime de chaque chose (Ethique démontrée suivant l’ordre géométrique : Troisième partie- De l’origine et de la nature des passions-Proposition 7)
Cette idée est valable pour l'homme mais comme l'indique aussi cette citation, toute autre chose : un chat, une araignée, un brin d'herbe, un grain de sable. Toutes, nous dit Spinoza sont "animées à des degrés divers" (Ethique démontrée suivant l’ordre géométrique : Troisième partie- De l’origine et de la nature des passions-Proposition 13, scholie) La vie étant justement la force par laquelle les choses persévèrent dans leur être (Pensées métaphysiques, deuxième partie, chapitre VI, de la vie de Dieu-au sens de WOA ?).
….
Et pour cause, chaque chose singulière est mode de la substance unique, ce qui revient à dire que chaque chose est Dieu d'un point de vue déterminé ou encore une expression de la puissance d'un de ses attributs, comme l'extension (en longueur, largeur, profondeur...) ou la cogitation (intelligence, raisonnement, affectivité...). Comme Dieu est puissance infinie d'exister, chaque chose est donc puissance d'exister d'un point de vue déterminé. Puissance d'exister est alors à comprendre autant comme effort de conservation de son essence que comme augmentation, extension indéfinie de cette essence.
Analogons
Il s’agit d’un des mots clés de « L’imaginaire » de Sartre qui l’utilise dans le sens « d’un équivalent à la perception ». Sa fonction consisterait à « tracer la ligne de division entre le monde sensible et le monde intelligible, d’établir les relations entre la réalité et l’apparence. L’analogon faciliterait cette rencontre avec la réalité du monde dans la diversité de ses manifestations, dans un intense effort de compréhension de l’autre qui est consubstantiel à toute pensée , comprendre le monde en tant que rapports de transcendance avec un monde réel : en tant que consciences singulières, à tout moment contraintes de se dépasser vers un indépassable » ! [4]
Selon Sartre, Husserl ne nie point l’existence de données visuelles ou tactiles qui font partie de la conscience comme éléments subjectifs immanents. Mais elles ne sont pas l’objet : la conscience ne se dirige pas sur elle ; à travers elles, elle vise la chose extérieure. Cette impression visuelle qui fait présentement partie de ma conscience n’est pas le rouge. Le rouge est une qualité de l’objet, une qualité transcendante. Cette impression subjective qui, sans doute, est « analogue » au rouge de la chose, n’est qu’un quasi-rouge » : c’est-à-dire qu’il est la matière subjective, la « hylé » (signifiant les données des sens avant l’intervention de l’activité intentionnelle de l’esprit qui leur confère un sens) sur laquelle s’applique l’intention qui se transcende et cherche à attraper le rouge hors de soi.
http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/23206/DIDASKALIA_1994_3_109.pdf?sequence=1
Les analogons sont des pièces significatives entrant dans la composition d'une construction analogique.
….
.., c'est le genre de conclusion que l'on peut tirer de la lecture de Judith Schlanger (Stengers & Schlanger, 1991) sur la pensée inventive. EIIe place la conception des idées neuves au centre de la réflexion scientifique et montre que ce sont surtout les modèles métaphoriques (iconiques, analogiques ou théoriques) qui sont le plus directement liés à la conceptualisation inventive.
A propos de la communication analogique, l’auteur fait référence à Paul Watzlawick (que j’avais déjà évoqué à propos de communication extraterrestre), je me suis permise d’ajouter quelques références.

Sur le plan sémiologique iI est proposé dans cette théorie de considérer deux véhicules de communication pour servir de substrat aux messages que s'échangent les humains. En d'autres termes, il y aurait lieu de distinguer deux matériaux d'encodage : les signes analogiques et les signes digitaux (alpha-numériques). Ainsi, pour désigner les objets, il est possible d'utiliser quelque chose qui leur ressemble comme un dessin (l'analogique) ou bien de leur donner un nom (le digital). Or, si le matériau analogique a des rapports directs avec ce qui est représenté - ce qui est le plus souvent le cas pour des maquettes - le digital se sert d'un mot qui est arbitraire et résulte d'une convention sémantique.

L'analogique est considéré ici comme étant en fait toute communication non verbale ; le verbal étant pour sa part le digital avec lequel d'ailleurs on produit ces figures de style que sont les analogies.
Enfin un passage particulièrement intéressant concernant le rôle de l’analogie comme processus cognitif. J’ai mis en gras ce qui me parait très important.

L'étude de l'induction occupe une place importante dans la didactique des sciences, et l'analogie y jouerait un rôle prépondérant. L'induction peut être définie comme un procédé de la pensée pour produire des inférences. Celles-ci sont des prédictions faites au sujet de changements anticipés dans l'environnement. Quand c'est la pensée déductive qui produit des inférences, leur validité est garantie par un formalisme rigoureux. Par ailleurs, la validité des inférences inductives est assurée par le feedback du succès ou de l'échec des prédictions. Comme le signalent Holland et al. (1986), l'étude de l'induction se résume donc à l'étude de la façon dont la connaissance est modifiée à partir de son utilisation.
L'induction intègre des connaissances acquises afin de modéliser une situation nouvelle. Ainsi, devant une situation, l'induction fournirait tout d'abord
un modèle général par défaut-toujours d'après Holland. Si celui-ci ne fonctionne pas, alors des sous-modèles sont proposés pour des cas particuliers. S'il n'y a toujours aucun modèle qui soit opérationnel, alors s'engage la résolution de problèmes. Et c'est ¡ci qu'entre en jeu l'analogie, cette fois-ci non pas comme support de communication mais comme processus cognitif. Nous ne décrirons pas tout le détail des explications sur la source et la cible dans la production ou l'utilisation d'une analogie. Dans le contexte de l'étude des maquettes il nous importe de mentionner que l'analogie peut être un moyen privilégié pour la construction de modèles concrets ou de modèles conceptuels.
La maquette analogique peut constituer une forme de représentation intermédiaire entre le réel perçu et le modèle conçu. EIIe sert d'interface entre ces deux aspects, et la mise en évidence des correspondances entre la maquette et l'objet étudié constitue une première forme d'abstraction, antérieure à la généralisation et à la décontextualisation des relations amenant à induire le modèle formel.. Les règles illustrées par l'intermédiaire de l'analogie continuent de se modifier au fur et à mesure que de nouveaux exemples peuvent leur être associés, amenant ainsi de nouvelles inductions.
C’est à se demander si, à travers ces courriers ummites, nos mystérieux correspondants ne nous donnent pas des éléments de base pour fabriquer une « maquette » de ce que pourrait-être une intelligence exotique, histoire de nous donner les éléments pour l’établissement d’une « représentation intermédiaire » facilitant l’atterrissage de cette réalité exotique !

Sartre « voulait rencontrer la réalité du monde « dans la diversité de ses manifestations », dans un intense effort de compréhension de l’autre qui est consubstantiel à toute sa pensée ; et, enfin, il voulait comprendre les hommes « en tant que rapports de transcendance avec le monde réel : en tant que consciences singulières, à tout moment contraintes de se dépasser vers un indépassable ». Les lettres ummites nous y invitent finalement d’une certaine façon.

Enaction:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Enaction
La perspective de l'enaction proposée par le biologiste, neurologue et philosophe chilien, Francisco Varela est un paradigme qui défend l'idée que la cognition est d'abord incarnée et qui essaye ainsi de dépasser le piège de « la représentation ».
Ainsi le monde n'est ni totalement objectif, une réalité prédonnée à laquelle nous accédons à travers des représentations, ni totalement subjectif, pure projection création ex nihilo d'un monde de représentations.
Dire que la cognition est incarnée c'est prendre en considération le fait que chaque espèce a son propre Umwelt (Jacob von Uexküll) comme diraient les biosémioticiens. Espèce-spécifique (specie-specific) Umwelt qui a été enacté à travers l'évolution. L'évolution est prise, non comme un processus clairement finalisé mais comme « dérive naturelle » pour reprendre le terme de Varela.
S'inspirant de la phénoménologie de Merleau-Ponty et de Heidegger, Varéla entend concrétiser la relation entre l'expérience humaine et la science.
http://jerome.grondin.pagesperso-orange.fr/enaction.htm

Dans un petit essai intitulé « Quel Savoir pour l’éthique ? » Francisco Varela met en exergue l’étroite corrélation entre perception et action. Je cite :
Les structures cognitives « supérieures » émergent aussi des schémas récurrents de l’action guidée par la perception. Ainsi, la cognition n’est pas affaire de représentation mais d’actions incarnées. En corollaire, nous pouvons dire que notre monde n’est pas prédéterminé : Il est énacté grâce à notre histoire du couplage structurel , et les charnières temporelles qui articulent l’énaction sont enracinées dans un certain nombre de micromondes possibles activés dans chaque situation. Ces possibilités sont à l’origine du sens commum et de la créativité dans la cognition.
Pour illustrer cette affaire de façon concrète, Francisco Varela évoque l’expérience de Held et Hein (une sorte de caverne de Platon pour les chatons !). « Ils ont élevé des chatons dans l’obscurité et ne les ont exposés à la lumière que dans des conditions contrôlées. Les chatons furent répartis en deux groupes : Le premier pouvait se déplacer normalement, mais il était attelé à un chariot où le second groupe était installé. Les deux groupes partageaient donc la même expérience visuelle, mais le second était entièrement passif. Lorsque les animaux furent libérés après quelques semaines de ce traitement, les chatons du premier groupe se comportèrent normalement, mais ceux qui avaient été transportés se comportèrent comme s’ils étaient aveugles : ils se cognaient et tombaient. »
On peut penser que cette approche fonctionne tant dans le monde réel que dans ce monde imaginal précédemment évoqué. A l’image des chatons et en faisant un parallèle, finalement que vaut-il mieux ? Se faire balader et rester passif ou passer à l’action et énacter avec notre(nos) univers ?

[0]L’anthropologie ganglionnaire, un psychovirus démasqué. Mariela Szirko.
http://www.scribd.com/doc/28499356/L%C2%92anthropologie-ganglionnaire-un-psychovirus-demasque-M-Szirko

[1] Where are the dolphins? JACK COHEN AND IAN STEWART, Mathematics Institute, University of Warwick, Coventry CV4 7AL, UK [/b]

[2] Stewart, I. & Cohen, J. Figments of Reality (Cambridge Univ. Press, Cambridge, 1997).[/b]
http://web.cecs.pdx.edu/~mm/figments-of-reality-review.pdf

[3]Cadacualtez
http://knol.google.com/k/cadacualtez-or-why-one-is-not-another#

[4] Ce passage est trés largement inspire de la communication de Nathalie Bittoun-Debruyne au XLIX congrés de l’Association, le 10 juillet 1997 « Sur l’imaginaire : Sartre et Hursserl ». Je me suis permise quelques petites modifications.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/caief_0571-5865_1998_num_50_1_1325
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Ovnis Re: Les implications d'un éventuel contact avec des Extraterrestres

le Mar 02 Aoû 2011, 22:06

Histoire de poursuivre dans la philosophie et de mettre en lumière un penseur hors du commun que j’ai déjà évoqué sur ce fil, je vous livre une récente découverte littéraire. Il me semble que les choses évoluent lentement sur le front de l’exotique même s’il s’agit d’un prétexte pour, peut-être, s’interroger sur notre propre sort. J’en veux pour preuve cet ouvrage récemment publié, « Kant, chez les extraterrestres » de Peter Szendy qui traque les autres mondes dans la philosophie de Kant.

Je me permets de reproduire ici quelques critiques de l’ouvrage
Ceci :
http://www.sophieslovers.com/fr/livre/?GCOI=98222100241460
« Kant, oui, a parlé des extraterrestres ». Ainsi pourrait s'ouvrir ce petit traité de philosofiction (comme on parle de science-fiction). Ce qu’il s’agit avant tout d’interroger, avec ces aliens que Kant a dû prendre au sérieux comme nul autre dans l’histoire de la philosophie, ce sont les limites de la mondialisation. C’est-à-dire ce qu’il nommait le cosmopolitisme. Toutefois, avant de lire les considérations kantiennes sur les habitants des autres mondes, avant de suivre son aliénologie raisonnée, on en passe par l’analyse de la guerre des étoiles qui fait rage au-dessus de nos têtes.
Et l’on envisage d’abord les actuels traités internationaux réglant le droit de l’espace, ainsi que la figure de ces cosmopirates que Carl Schmitt a pu évoquer dans ses écrits tardifs. A suivre ensuite les allées et venues des extraterrestres dans l’oeuvre de Kant, il apparaît qu’ils sont la condition nécessaire pour une introuvable définition de l’humanité. Infigurables, échappant à toute expérience possible, ils sont pourtant inscrits au coeur même du sensible.
Ils en sont le point d’Archimède, depuis lequel se trame son partage. Lire Kant, le lire en le faisant dialoguer avec des films de science-fiction qu’il semble avoir vus d’avance, c’est le faire parler des questions qui nous pressent et nous oppressent : notre planète menacée, l’écologie, la guerre des mondes… Mais c’est aussi tenter de penser, avec lui ou au-delà, ce qu’est un point de vue.
Ou ceci :
http://www.leseditionsdeminuit.com/f/index.php?sp=liv&livre_id=2665
L'Ovni, please l"ovni. Peter Szendy traque les autres mondes dans la philosophie de Kant
Kant, n'étant jamais sorti de Königsberg, avait apparemment moins de chance d"aller sur la lune que Cyrano ou Fontenelle, lequel se rendit au moins de Rouen à Paris. Ou peut-être, justement, rester sur place fut pour Kant la condition nécessaire à la proximité la plus grande avec le plus lointain.

Arrivé à Kant, Szendy reprend la célèbre question du sentiment esthétique dans la Critique du jugement. On sait à quel point elle est politique, Kant n’ayant «cessé de vouloir penser la faculté de juger comme adoption du regard de l’autre, voire de tout autre comme étant chaque fois le tout-autre». Affirmer «ceci est beau», c’est poser la souveraineté du jugement certes autonome, mais également «orienté par la perspective de son partage universel». Traquant longuement et habilement l’«effiction» (la fiction comme efficace) chez Kant, Szendy en arrive aux extraterrestres (bon, n’exagérons rien, à«l’extraterrianité», disons) pour montrer que «nous les Terriens, nous les humains […], nous n’avons de point de vue qu’à le laisser hanter par le tout-autre», qu’il décrit comme«l’écart du voir au voir».
Lire aussi sur le même site la critique de Thérèse Moro.

Mais sortons temporairement de la philosophie pour aborder ce sujet par un angle, comment dire, plus ethnologique. Les spéculations sur les conséquences d’un contact extraterrestre ont été dominées par les occidentaux, en particulier les anglo-saxons avec des contributions importantes de plusieurs pays européens. Bien que les soviétiques soient à l’origine de nombreuses idées, la Russie d’aujourd’hui contribue assez peu au débat.
Ce débat manque de la contribution de la région la plus peuplée de la planète, le continent asiatique. Si des travaux ont été menés dans les langues asiatiques, peu ont été traduits et sont disponibles à l’ouest. Cela parait doublement malheureux compte tenu de la longue tradition historique de l’Asie en matière de religions, de philosophies et de conceptions du monde.
Certains défendent ce biais occidental en le justifiant comme Paolo Musso, prétextant que la culture occidentale est la plus à même de faire l’expérience d’un premier contact et de prendre les premières décisions sur la façon de le conduire Personnellement, il me semble qu’il s’agit d’une belle ânerie ! En effet, je pense qu’il est particulièrement important de provoquer un changement paradigmatique de nos conceptions et quoi de mieux que de commencer à explorer cette possibilité du contact à travers le filtre d’autres cultures humaines et en particulier celles qui offrent différentes métaphysiques et épistémologies, où les humains n’ont pas occupé traditionnellement la place centrale de l’univers ! Cette démarche ferait peut-être apparaître quelques invariants sous-jacents qui nous guideraient certainement le jour venu où le contact sera d’actualité. C’est un peu comme faire l’état des lieux de la science à travers des cultures différentes ou pour prendre un exemple plus concret de découvrir que les mathématiques (ethnomathématiques cf « Mathematics across Cultures, the history of the Non-Western Mathematics ») sont aussi présentent dans les cultures non occidentales depuis la nuit des temps. On pourrait appeler cette approche une sorte Ethno xéno prospective. En poussant le raisonnement encore plus loin on pourrait s’intéresser aux cultures embryonnaires animales et procéder de même en focalisant sur comment « l’autre », l’alien est perçu qu’il soit de la même famille ou d’une autre espèce, un champ d’étude peut-être à créer s’il n’existe pas déjà ?
En attendant, penser que l’autre moitié du monde se croisse les bras en attendant le contact, et que l’occident est le plus avancé dans cette course à l’échalote, c’est peut-être faire fausse route. Au fil de mes pérégrinations, je suis tombée sur ceci dont je vous traduis rapidement quelques passages. Je pense que ce n’est pas un hasard :

http://arxiv.org/ftp/arxiv/papers/1105/1105.3794.pdf
THE FIVE-HUNDRED-METER APERTURE SPHERICAL RADIO TELESCOPE (FAST) PROJECT
Le radio telescope sphérique de 500 m d’ouverture appelé FAST pour Five hundred meter Aperture Spherical Radio Telescope est un projet de méga science chinois pour construire le plus grand radio télescope du monde. Son concept technique innovatif et sa conception marque la nouvelle route pour réaliser une antenne parabolique énorme de la façon la plus efficace. FAST représente aussi la contribution chinoise dans les efforts internationaux pour construire le square kilometer array (SKA). En étant le radio telescope le plus sensible, FAST permettra aux astronomes d’adresser plusieurs buts scientifiques, comme par exemple surveiller l’hydrogène neutre dans la voie lactée et dans d’autres galaxies, détecter les pulsars faibles, chercher les premières étoiles, écouter les signaux éventuels d’autres civilisations., etc.

L’idée d’installer une grande antenne parabolique dans une dépression karstique est née avec le télescope d’Arecibo. FAST est une antenne de type Arecibo avec 3 aspects remarquables : La taille de la dépression karstique utilisée qui est suffisamment grande pour accueillir le télescope de 500 mètres et profonde pour permettre un angle au zénith de 40 °, le réflecteur principal actif corrigeant l’abération sphérique au sol pour permettre une polarisation complète et une large bande sans impliquer des systèmes d’alimentation complexes ; et la cabine d’alimentation légère conduite par des cables, un servoméchanisme et un robot parallèle comme système secondaire ajustable pour se déplacer avec une grande précision. Les études de faisabilité de FAST ont été menées pendant 14 ans, supportées par la Chine et les communautés astronomiques mondiales. Le financement de FAST a été approuvé par le Développement National et la Commission de la Réforme en juillet 2007 avec un budget d’investissement de 700 million RMB. La durée du projet est de 5,5 ans à partir du commencement des travaux en mars 2011 (cela a déjà démarré !) et la première lumière est attendue pour 2016.

Bonne lecture…


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Ovnis Re: Les implications d'un éventuel contact avec des Extraterrestres

le Mar 09 Aoû 2011, 07:22
Dans son dernier livre, « les OVNIS et la Science », Jean-Pierre Petit émet une idée totalement révolutionnaire, celle consistant à dire qu’une des fonctions de la technologie serait de rendre possible le voyage interstellaire, voyage interstellaire qui aurait comme objet de nous permettre de rencontrer les « autres », des intelligences extraterrestres. Le problème c’est que cette même technologie qui mènerait aux années lumière pourrait aussi nous conduire directement vers le néant dans un dépassement de finalité vénérant le veau d’or entropique, expression de la connerie anthropique. Ce dépassement hypertélique ne pourrait être conjuré que par le développement d’une éthique/ spiritualité chevillée à la vie et dont « l’autre » serait une composante.

Je me permets de citer un passage qui se trouve à la fin de cet ouvrage :
Comparez l’homme et le singe, sur Terre. Leurs génomes ne présentent que des différences minimes. Tous deux ont quatre membres, une tête, les mêmes organes sensoriels. Deux yeux, un nez, une bouche. Et pourtant une immensité de conscience les sépare, au point d’interdire pratiquement toute communication, tout véritable échange entre deux espèces, l’une ne pouvant que manipuler l’autre.
On évalue à cent milliards le nombre de galaxies présentes dans l’Univers accessible aux observations. S’il y a un million de planètes hébergeant une vie organisée dans chaque galaxie, comment voulez-vous que sur les cent millions de milliards de planètes porteuses d’une vie organisée qui peupleraient l’univers nous soyons la plus évoluée ? Et dans ces conditions, si une espèce plus avancée dans l’évolution nous visitait serions-nous capables d’appréhender les connaissances de tels êtres pourraient posséder ? Ne nous retrouverions-nous pas comme nos singes, totalement incapables d’imaginer la façon nous concevons l’Univers.
C’est le dernier saut que, pour le moment, les scientifiques se refusent à franchir, tant il les terrorise. Personnellement, je vous l’ai dit, j’incline à penser que la technologie des voyages interstellaires ne se situe pas à une très grande distance de notre futur. Cela va de pair avec la maîtrise des énergies nécessaires, ce qui n’était pas le cas avant l’entrée dans l’ère nucléaire ».
Cela expliquerait la recrudescence des visites, qui signifierait « Ne faites pas les imbéciles ! Vous êtes près de nous rejoindre, de pouvoir communiquer avec vos voisins. Au besoin, nous pourrions vous aider en ce sens. Mais arrêtez vos chamailleries de cour d’école, devenues cette fois fort dangereuses ! »
Selon Paul Heyller (voir déclarations de 2009 en fin d’ouvrage) ils ont tenté de le faire à la fin des années quarante, et n’ont récolté que des volées de plomb.

En développant cette idée de Jean-Pierre Petit et en la situant du côté de l’altérité, on pourrait dire que cette rencontre avec « l’autre » que permet la technologie du voyage interstellaire permettrait d’enrichir nos noosphères respectives [0]. Je m’explique, comme évoqué précédemment dans ce même fil, le monde pourrait être en fait constitué d’une infinité de quadruplets dont notre univers serait un quadruplet particulier (+1 : Notre univers matériel, -1 : Notre jumeau matériel permettant le voyage interstellaire, la vitesse de la lumière y serait plus importante, + i : notre monde imaginal, monde spirituel, -i : le complémentaire de ce monde imaginal, pendant de l’antimonde matériel) [1] . Et au milieu de tout cela nous et les autres, les êtres doués de conscience qui chevaucheraient (ou le subiraient ou l’énacteraient, en fait en fonction de notre attitude, de notre être au monde, être le monde-cf Robert Jaulin) la bête à quatre pattes, ce pégase des cieux, ce quadruplet (paire matérielle via nos sens, paire imaginale via notre âme ou notre esprit).
Les noosphères se façonneraient réciproquement dans ce monde imaginal, s’inter-féconderaient dans cette deuxième paire d’univers. Cette épiphanie d’autrui dans ce que Levinas nomme le « visage », je l’étendrais au visage des années lumière et celle-ci nous conférerait d’emblée une responsabilité, une structure constitutive de notre devenir, une relation primordiale essentielle. La rencontre avec l’Autre suppose un rapport immédiat et direct qui est autant conscience de la distance et de la différence, que conscience de l’infini et de la transcendance d’Autrui manifestées par son visage. Ce face à face, cette rencontre du Je avec Autrui est le point de départ d’une relation éthique situé dans l’espace métaphysique dans « un regard et une parole qui maintiennent à distance et interrompent toutes les totalités »(Jacques Derrida ) et leur corollaire, l’égocentrisme totalitaire dont l’impasse mène au néant.
Il m’est apparu que cette idée était peut-être le deuxième étage d’une « fusée de la vie ». Je m’explique. Le premier étage de cette fusée pourrait concerner la paire d’univers matériel à travers l’épandage des briques de la vie complexe via les « transporteurs » que sont les météores, comètes et autres astéroïdes. Une sorte d’harmonisation panspermique de la vie dans l’univers au niveau matériel (cf les travaux du disciple de Fred Hoyle) ou dit d’une autre façon, le façonnage de l’univers matériel vers l’intelligence afin de permettre, chaque fois que les conditions seraient réunies et le permettraient, l’éclosion, l’épanouissement d’une biosphère/noosphère (Vernadsky/Teilhard de chardin[2]) qui viendrait constituer grâce à la technologie le deuxième étage de cette fusée de la complexité. J’avais déjà évoqué en partie ce point dans le fil
https://www.forum-ovni-ufologie.com/t12199-un-ciel-desesperement-vide-faut-il-deja-tirer-un-bilan-de-seti#ixzz1UE8FJRSo
Cet article est important car il apporte des éléments concrets en faveur de la panspermie. Il montre aussi s’il le fallait, l’ostracisme d’une communauté scientifique dont les méthodes et les comportements n’ont vraiment rien de rationnels. Ils s’apparentent plus à des techniques mafieuses voir dignes de la sainte inquisition. Ce qui est aussi intéressant, c’est de remarquer que la plupart des chercheurs qui innovent, sortent des sentiers battus (Petit, Benveniste, etc ) subissent les foudres de ces bandar logs qui par tous les moyens essayent d’empêcher le changement de paradigme en cours. Les mêmes qui vous explique doctement que la vie est peut-être unique dans l’univers et qu’elle se trouve uniquement sur la Terre (Cf Gould). Nous serions donc les seuls…la même argumentation d’avant 1995 concernant les exoplanètes et les autres terres…Le temps passe mais il n’y a pas d’évolution sémantique du discours, les affirmations péremptoires s’effilochent pourtant avec le temps! Peine perdue, devant le développement exponentiel de nos techniques d’observation, la moisson des faits qui viennent contredire les dogmes est tel que les rafistolages, rapiéçages à coup de « matière noire », « supercordes », « M théorie » et autres épicycles du XXième siècle vont proprement voler en éclats. Le brouillard va enfin se dissiper et laisser la place à une période d’une furieuse « création » jusqu’à l’établissement du prochain paradigme.
EXTRATERRESTRIAL LIFE AND CENSORSHIP de N. Chandra Wickramasinghe
http://arxiv.org/ftp/arxiv/papers/1104/1104.1314.pdf
Dans cet article je rappelle une série d’évènements clés importants, parmi lesquels j’ai été personnellement impliqué, et qui relate le développement de la théorie de la vie dans le cosmos. L’interprétation de évènements présentés ici pourrait inviter à ressentir de l’incrédulité de la part du lecteur, mais les faits en eux-mêmes sont irréprochables au regard de leur authenticité. Il est d’un intérêt particulier de se pencher sur l’ensemble des interactions entre les acteurs clés dans le drame en développement de la théorie de la vie dans le cosmos. Les tentatives de censurer les preuves incompatibles avec la théorie de la vie cosmique commencent à paraître futiles et représentent un important retard dans le changement de paradigme qui doit être concédé.
….
Naissance de la censure
Mon premier soupçon concernant la censure relative à la vie extraterrestre vint lorsque nous fîmes le saut intellectuel de la prébiologie dans l’espace à une biologie arrivée à maturité en dehors de la Terre ((Hoyle and Wickramasinghe, 1976, 1982; Hoyle et al, 1984). En partant de l’hypothèse que les grains interstellaires n’étaient pas seulement des polymères organiques abiotiques mais des cellules bactériennes se trouvant à divers états de dégradation, nous fîmes la prédiction que les poussières interstellaires dans la région du spectre infrarouge devaient avoir la signature des bactéries (Hoyle et al, 1982). Les sources infrarouges proches du centre galactique furent une première cible de cette recherche et nos instigations pour obtenir du temps d’observation au (AAT- Anglo Australian Telescope) furent faites auprès des comités du Télescope Anglo-Australien pour tester selon toute apparence notre hypothèse sauvage. Une demande de temps d’observation pour ce projet fut faite par mon frère Dayal T.Wickramasinghe et David Allen et fut refusée comme prévu comme « n’ayant pas de valeur scientifique » (Wickramasinghe, 2005). Dans l’éventualité, Dayal, qui avait du temps alloué sur le AAT pour un projet totalement différent, trouva une raison pour étudier de façon illicite le spectre de la source GC-IRS7 du centre galactique. Quand il le fît, il découvrit une étonnante similarité entre notre courbe des absorptions prévues pour les bactéries- une prédiction émise bien 3 mois avant l’observation faite ( Hoyle et al, 1982) voir figure 1.

Depuis 1982 à aujourd’hui, les observations astronomiques des poussières interstellaires et des molécules dans les longueurs d’onde allant du lointain ultraviolet à l’infrarouge ont continué à supporter l’origine biologique. Il apparaitrait qu’une grande portion des grains interstellaires et des molécules devraient avoir une provenance biologique, impliquant que la vie microbienne existerait à grande échelle dans la galaxie et même au niveau cosmologique (Wickramasinghe, 1994, 2010 ; Hoyle et Wickramasinghe, 2000J.Wickramasinghe et al, 2010; Gibson and Wickramasinghe, 2010; Gibson, Schild and Wickramasinghe, 2010))
Après 1982, quand l’évidence de la vie cosmique et de la panspermie acquirent un statut proche de l’irréfutable, les possibilités de publication qui étaient jusqu’alors disponibles se fermèrent brusquement. Avec la découverte inattendue que les comètes ont une composition organique, avec des poussières cométaires possédant des spectres infrarouges cohérents avec du bio matériel (Hoover et al, 1986 ; Hoyle et Wickramasinghe, 1986a, b) les attitudes se durcirent jusqu’à rendre la panspermie et les questions associées comme tabou par tous les institutions et journaux respectables. Le système de « peer review » qui était appliqué servait non seulement à exclure les travaux de faible qualité mais aussi de filtrer délibérément les publications de tout travail qui remettait en question la théorie standard sur les origines de la vie.

La saga des microfossiles dans les météorites.
Cette campagne de désaveu et de censure peut avoir commencé entre 1962 et 1965 lorsque des microorganismes furent récoltés de la stratosphère en utilisant des ballons volant à des altitudes entre 20 et 43 km. Bien que les altitudes les plus faibles dans cette gamme n’étaient pas suffisantes pour exclure une contamination terrestre, la relation entre la densité et la hauteur de récupération des particules était consistante avec un tau de chute de 10 puissance 19 cellules par année (Greene et al, 1962-65). Ce travail de pionnier important , mené par la NASA à l’aube de l’âge spatial, fit tinté quelques alarmes auxquelles les autorités devaient réagir, et réagir ils le firent surement. Leslie Hale, un scientifique de l’atmosphère du Penn State University, m’informa que ce programme de travail excitant fut brusquement arrêté, le financement ayant été retiré. Rien de plus ne fut dit.
Des journaux comme Nature et Science ont servi pendant très longtemps comme les loyaux gardiens des paradigmes régnant dans toute la science, chevauchant la cosmologie et la biologie, agissant, en un sens, comme les « protecteurs séculier de la foi ». Néanmoins, les contraintes imposées par un tel rôle de ces journaux leur faisaient en fait publier, occasionnellement, des travaux novateurs qui contredisaient les paradigmes régnant. Quelquefois ils publiaient des travaux très controversés et invitaient au débat et à la réfutation.
Les premiers rapports de la détection de fossiles microbiens dans les météorites furent publiés dans les colonnes de Nature par Claus, Nagy et d’autres ((Claus and Nagy, 1961; Nagy et al, 1962,
1963). Aussitôt après ces publications, une campagne vigoureuse de réfutation et de dénis fut organisée par Anders et d’autres, et aussi dans les colonnes de Nature (Anders, 1962;
Anders and Fitch. 1962; Fitch et al, 1962). Avec un impitoyable et très puissant dénigrement de ces revendications basé sur une contamination présumée, la saga des microfossiles s’effaça de la vue pendant près de 20 années pleines. Et avec une véritable armée de défaitistes brayant de façon si stridente que le monde fut convaincu que c’était un bourbier dans lequel on ne devait pas s’aventurer.

Les premiers pionniers de la découverte des microfossiles furent donc silencieux et n’avaient d’autre choix que de se désavouer. On me raconta, par un témoin fiable, que Claus fut violemment persécuté jusqu’à la capitulation, et Nagy fit aussi retraite continuant toutefois à signaler dans ces écrits qu’il pourrait en être ainsi, à la manière des chuchotements de Galileo Galilei « E pur si mouve » et pourtant elle tourne.
Alors que de tels grondements continuaient, les premiers travaux de Claus et Nagy furent dépassés en qualité par les recherches menées par Hans Dieter Pflug en 1981. 20 après, avec des techniques de préparation d’échantillon améliorées, la microscopie électronique et des sondes spectroscopiques laser, le rapport signal sur bruit de la détection de microfossiles était amélioré d’au moins un ordre de grandeur. En 1980, Hans Pflug échangea avec Fred Hoyle et moi-même pour nous informer que ses nouvelles études corroboraient les nôtres, revendications maintenant plébiscités de la vie microbienne extraterrestre. Dans son enquête concernant la météorite de Murchison, des tranches ultra fines de météorite furent placées sur une membrane parfaitement propre et la matrice minérale lessivée avec de l’acide hydrofluoridrique, laissant donc toute structure organique incluse intacte. Pflug découvrit de nombreuses structures organiques étrangement similaires aux microorganismes terrestres ; et avec la sonde laser et les analyses EDAX il trouva que leurs compositions chimiques et leurs formes étaient compatibles avec des fossiles microbiens.

J’invitai Hans Pflug à nous visiter à Cardiff et le 26 novembre 1981 il donna une conférence, introduite par Fred Hoyle, qui laissa l’audience sans mot. Le poster de la conférence et quelques unes de ses images clé sont montrées en figure 2. La réponse aux découvertes de Pflug différe nettement des premières attitudes envers Claus et Nagy. Pflug n’était pas attaqué sur le terrain de la contamination ou des artéfacts, mais on lui donnait ce que nous pourrions décrire comme « le traitement du silence ». C’était de la même manière que mes propres collaborations avec Hoyle étaient reçue. Il y avait des chuchotements étouffés dans les sales communes de l’université, mais rien en matière de critique bien formulée sur le plan technique ne fut jamais imprimé.

Chandra nous fait alors vivre la mémorable conférence au Sri Lanka où il visait la reconnaissance de l’origine cosmique de la vie. Intitulée « Etudes fondamentales et le futur de la science » cette conférence rassemblait plusieurs des participants clé du domaine et notamment Fred Hoyle qui inaugura la conférence avec une intervention intitulée « Du virus à l’homme » suivi par Hans Pflug présentant son travail sur les microfossiles des météorites. C’est alors que Gustaf Arrhenius, le petit fils de Svante Arrhenius exécuta Pflug implacablement en l’accusant de faire revivre l’ignominieuse saga des microfossiles de 1960 (Ce qui au passage est assez cocasse, son ancêtre étant un des pères de la panspermie !). Il ajouta, « qu’il ne fallait pas faire attention à la morphologie. Tout cela était possible dans les processus de formation des météorites à travers la catalyse, la chimie et la minéralogie. Ce que Hans Pflug nous a montré à Colombo était en fait des artéfacts ! Cela ressemble à la vie mais ce n’est pas la vie ! » Il s’ensuivit de chaudes discussions … En résumé, malgré le poids des faits, les évidences présentées et l’humour qui prévalait, peu admirent d’avoir changé de point de vue. Comme Jules César déclarait « Les gens croient volontiers ce qu’ils veulent croire… ».
Au titre des éléments appuyant la panspermie, Chandra évoque ensuite les nombreux développements récents montrant s’il le fallait, la solidité de cette approche. Que les détracteurs répondent aux faits présentés par des critiques construites. En attendant, la liste des éléments en faveur de la panspermie donnés par Chandra :
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- Etudes complémentaires et observations approfondies des poussières interstellaires, des comètes, des débris cométaires et des météorites (J.Wickramasinghe et al, 2010; Smith et al, 2007).
- Observations astronomiques utilisant de nouveaux télescopes et des instruments fournissant des données spectroscopiques qui confirment la prépondérance des molécules organiques complexes similaires à la dégradation de produits biologiques dans les nuages interstellaires et même dans des galaxies distantes à fort décalage vers le rouge (Wickramasinghe et al 2004; Wickramasinghe, 2010; Gibson and Wickramasinghe, 2010)
- Théorie dynamique hydro gravitationnelle (HGD) supportant la panspermie cométaire et la formation de vie complexe très tôt, dans les océans d’eau chaude des planètes d’hydrogène que formèrent les premières étoiles (Gibson, Schild and Wickramasinghe 2010; Gibson, Wickramasinghe and Schild, 2011).
- Etudes extensives des comètes après le passage au périhélie de la comète de Halley. La mission Giotto montra, à la consternation de beaucoup d’astronomes que les poussières cométaires contenaient une grande proportion de complexes organiques avec des spectres ressemblant à des biomatériaux.
- Récupération de poussières cométaires dans le cadre de la mission Stardust vers la comète Wild 2 qui confirma aussi la présence de produits issus de la dégradation de la vie ou des blocs de construction du vivant dans les trainées laissées par le freinage des particules de poussière à haute vitesse Malheureusement, comme l’aérogel était non stérilisé , aucune inférence ne put être tirée.
- La mission Deep Impact vers la comète Tempel 1 en 2004 confirma de nouveau la composition organique des comètes mais aussi mit en évidence la présence de minéraux argileux, cohérent avec la présence d’eau liquide très tôt dans l’histoire de la comète (A’Hearn et al, 2005; Lisse et al, 2006). C’est important car cela prouverait que les comètes pourraient-être des habitats pour la réplication des bactéries cosmiques-faisant donc de ces corps célestes des habitations viables pour la vie.
- Les études de 2001-2009 ISRO-Cardiff de poussières récupérées en utilisant des ballons volant à des altitudes de 41 km dans la stratosphère montrèrent non seulement la présence de cultures viables de microorganismes résistants aux UV, mais aussi des preuves d’amas d’organismes dormants de la taille de 15-20 microns (Narlikar et al, 2003; Wainwright et al, 2003). La possibilité d’une contamination terrestre était virtuellement exclue, la hauteur de 41 km étant trop haute pour héberger de grands amas de matériaux terrestre depuis la surface, et donc nous amena à conclure que c’était ici une preuve de l’intrusion continue de microorganismes depuis l’espace. D’après nos statistiques, nous estimâmes un apport journalier de biomatériaux viables d’environ 0,1 tonne en moyenne sur toute la Terre.
- C’est avec cette toile de fond que l’on devrait approcher le réexamen récent des microfossiles de la météorite de Murchison (Hoover, 2005, 2011). En utilisant le nec plus ultra de la technologie Hoover conclut que les fossiles microbiologiques existent sans aucun doute possible en grande quantité. La fureur qui accueillit cette nouvelle publication, avec des condamnations bruyantes des journaux scientifiques et des responsables de la Nasa, montre que les premières tactiques de rejet par le silence ont été maintenant remplacées par des harangues stridentes et des insultes personnelles. Si nous vivions au moyen âge, il n’y aurait pas de doute que Richard B Hoover, et peut-être Fred Hoyle, Pflug, et moi aussi, nous finirions mal, subissant le sort de Giordano Bruno en 1600 !

Pourquoi selon vous cette histoire de panspermie est-elle battue en brèche ? Tout simplement parce qu’elle ouvre la porte à un univers grouillant de vie et en corollaire, d’intelligences et de consciences! A l’heure où il ne se passe pas une journée sans la découverte de nouvelles exo planètes, ces bio matériaux qui se baladent dans l’espace et qui viennent ensemencer ces astres froids sont autant de graines des futures noosphères en devenir ! En bref, vous ouvrez la boite de Pandore.
La période que nous traversons est peut-être la plus importante de l’histoire de l’humanité et par voie de conséquence de notre biosphère/noosphère. Par analogie avec le déplacement dans l’atmosphère et le mur du son, nous avons un mur de la « complexité » à passer, mur de la »complexité » que je détaillerai à l’occasion en m’inspirant des travaux de Sander van der Leeuw et de sa conférence remarquable “The Archaeology of Innovation”. Ce mur de la complexité est directement lié au développement hypertélique de la technologie et des modifications que nous faisons subir à notre biosphère. Pour sans sortir, notre alternative est de contrebalancer cet éléphantiasis technologique par le développement éthique, une sorte de verrouillage de cette raison de progression géométrique thanatonique. Il semble que la distance à franchir soit immense tant l’actualité nous donne à voir et à attendre d’horreurs et de malheurs qui nous font douter de la nature humaine et de la capacité (de nuisance ?) de nos effendi actuels à apporter des solutions concrètes. Nous pourrions être envahis par un pessimisme qui pave cette impasse menant au néant et que l’on retrouve par exemple chez Freud avec cette « pulsion de mort » ou incarné dans ce nihilisme totalitaire et le monstre Nechayev (Cf Robert Paine, « Zero the story of terrorism ») mais la vie est aux antipodes de ces marchands d’enfer. Elle est acte de néguentropie, énaction d’une cadacualtique conscience et il me plait à penser que nous sommes peut-être dans un état de surfusion de la conscience globale qui ne demande qu’à cristalliser d’un bloc à la reconnaissance de notre fragilité et de nos responsabilités. « L’autre » dans ce cadre pourrait-être un déclencheur au même titre que ces impuretés qui provoquent la prise en masse soudaine de la glace.
[0] Noosphère
La noosphère, selon la pensée de Vladimir Vernadsky1 et Pierre Teilhard de Chardin, désigne la « sphère de la pensée humaine »2.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Noosph%C3%A8re
Je me permettrai une modification de cette définition en « sphère » de la pensée des êtres doués de conscience d’un astre froid. Par analogie d’ailleurs avec les étoiles, chaque esprit doué de conscience pourrait être assimilé à une étoile, ceux-ci se rassembleraient et pourraient former des amas « ouverts » ou « globulaires » , puis des noosphères à l’échelle planétaire et ainsi de suite par un jeu de poupées russes s’emboitant pour dessiner une structure à grande échelle de l’univers « imaginal » à l’image du Bolchoï

A l’échelle terrestre, des scientifiques et ingénieurs de l’université de Princeton tentent de mettre en évidence cette noosphère à travers le projet « Global Consciousness Project ».
http://noosphere.princeton.edu/
[1] La logique aristotélicienne serait complètement inadaptée pour appréhender ces deux paires d’univers et il faudrait la troquer contre une approche tétravalente. Dans un petit livre curieux intitulé « Le secret de la lettre de Ryad » son auteur, D.F.B Seco de Lucena (un nom d’emprunt sans doute) évoque une approche de la tétralité. Entre théorème de Fermat, langage et paradoxe de Russel, un livre intelligent et étrange.
[2]Vernadsky
La première page de l’ouvrage « La biosphère dans le cosmos » de Vernadsky s’ouvre sur une vision à la fois étrange et prémonitoire :
La face de la Terre, son image dans le Cosmos, perçue du dehors, du lointain des espaces célestes infinis, nous parait unique, spécifique, distincte des images de tous les autres corps célestes. La face de la Terre révèle la surface de notre planète, sa biosphère, ces régions externes , régions qui la séparent du milieu cosmique. Cette face terrestre devient visible grâce aux rayons lumineux des astres célestes qui la pénètrent, du soleil en premier lieu. »
Rien d’extraordinaire me direz-vous de tenir ces propos aujourd’hui étayés par les magnifiques photographies de notre orange bleue prises par les nombreuses missions spatiales. L’unique différence, c’est que Vernadsky formule cette vision en 1926, invention qui précède de trente ans ce moment inédit dans l’histoire de l’humanité où les premiers cosmonautes feront la découverte de notre planète depuis leur vaisseau spatial !
Il inspirera Teilhard de Chardin lors des conférences et séminaires donnés à la Sorbonne durant sa période parisienne (1922  1926).
Jean Curnonix
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Ovnis Re: Les implications d'un éventuel contact avec des Extraterrestres

le Mar 09 Aoû 2011, 08:53
Bonjour M51M51,

Au moins ne peut-on pas exprimer que vous ne phosphorez pas le sujet, que vous ne le "chiadez" pas, même ! Wink (… pardon pour cette réminiscence d’argot estudiantin, qui, bien évidemment, n’a rien de péjoratif).

Cordialement,

Jean
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Ovnis Re: Les implications d'un éventuel contact avec des Extraterrestres

le Jeu 25 Aoû 2011, 23:22
Merci Jean. J’essaye de faire de mon mieux pour montrer en quoi ce sujet est loin d’être banal et trivial mais qu’il est au contraire une fantastique source de réflexion et d’anticipation. Je pense même qu’il peut conduire/provoquer un changement de paradigme en percutant les idées reçues et en modifiant l’équilibre de la stérilisante conformité. Nous sommes ici aux antipodes des usurpateurs du scepticisme qui « ne croient que ce qu’ils voient » sans se rendre compte qu’ils ne voient qu’à travers le filtre de leurs croyances qu’ils érigent en principe fondateur d’une réflexivité totalitaire. De cette boucle infernale, de cette spirale du malheur, il me semble qu’il y a bien des chemins pour désorbiter et trouver dans l’espace de nouvelles vues plus prometteuses pour l’espèce. C’est pour cela que j’aime bien le terme « percuter » car il donne l’impulsion nécessaire pour évoluer et j’invite tout un chacun à percuter ces âneries négatives qui nous sont données comme des vérités inoxydables, des cocons de conneries nous empêchant de déployer nos ailes. Je devrai compléter sous peu ce dossier.
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