Ovni et vie extraterrestre: les mystères des Ovnis
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 L'incroyable et ses preuves terrain n°14 mars 1990

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MessageSujet: L'incroyable et ses preuves terrain n°14 mars 1990   Mer 26 Aoû 2009, 14:18

terrain n°14 mars 1990 L'incroyable et ses preuves

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La dispute autour du mot « preuve » se réduit à une question : Qu'est-ce qui constitue une preuve ? Faut-il qu'un ovni atterrisse à l'entrée du Pentagone, près des bureaux des chefs d'État-Major ? Ou bien est-ce une preuve quand une station de radar au sol détecte un ovni, envoie un jet l'intercepter, que le pilote du jet le voit et le suit sur son radar pour finir par le voir disparaître à une vitesse phénoménale ? Ou est-ce une preuve quand un pilote tire sur un ovni et maintient son histoire même au risque de passer en cour martiale ? Est-ce que cela constitue une preuve ?

Capitaine Edward J. Ruppelt1

Face aux soucoupes volantes, les sociologues n'ont apparemment qu'une réaction : l'étonnement. Ainsi, une fois constaté, à la suite d'un sondage d'opinion parmi tant d'autres, qu'un tiers de la population croit aux ovnis, en vient-on à s'étonner de la persistance de telles croyances, dans notre « univers hyper-technique et hyper-scientifique » (Kapferer et Dubois 1981 : 10). La croyance est ainsi traitée comme une erreur - en effet « si c'est une croyance, ce n'est pas vrai », comme l'a maintes fois entendu dire J. Favret-Saada (1977 : 14) -, comme un phénomène psychologique faisant fi de la raison. Considérer ceux qui croient aux ovnis sous le seul angle de l'erreur, de l'irrationalité est critiquable. C'est ne pas tenir compte des débats permanents sur le sujet, évitant ainsi d'analyser des discussions qui portent non seulement sur la réalité ou la non-réalité des ovnis, mais également sur la rationalité, la scientificité, l'erreur, etc.

Étudier ces débats demande de prendre en compte le contenu de ces croyances, ce qui n'est que très rarement fait par les sociologues. Pour peu que l'on s'y essaie, le caractère apparemment simpliste de la croyance aux objets volants non identifiés (ovnis) apparaît alors comme la conséquence de l'approche sociologique et non pas comme une caractéristique propre du discours sur ce phénomène2. En effet, lorsqu'on prend la peine de suivre les affaires d'ovnis comme le ferait un ethnographe, on s'aperçoit que ces croyances ont une histoire, que leur contenu a changé au cours des quarante dernières années, souvent parce que, à côté du public « croyant » pris en compte par les sondages, il existe des personnes qui se désignent, ou que l'on désigne, du terme d'ufologue3. Les ufologues ne sont pas étiquetables comme de simples personnes qui croient-aux-ovnis-engins-spatiaux-venus-d'une-autre-planète. Leur croyance renvoie avant tout, comme le fait remarquer Ron Westrum dans ses analyses sociologiques des discours ufologiques, à toute une série d'opérations pratiques : « Avec l'ardeur du passionné, les enquêteurs amateurs interviewent des témoins d'ovnis, recherchent des traces physiques d'"atterrissages" d'ovnis, rédigent des rapports, les échangent entre eux, collectionnent les vieux livres et magazines ufologiques, discutent leurs enquêtes, tiennent des congrès, publient des revues et parfois écrivent des livres » (Westrum 1977 : 290).

Je voudrais, dans le texte qui suit, détailler la façon dont on produit des faits ufologiques, et la façon dont ces faits découlent de pratiques dont on ne peut dire a priori qu'elles sont irrationnelles ou qu'elles reflètent des formes de pensées pré (ou pseudo) scientifiques. Que se passe-t-il dans une affaire d'ovni, quelles sont les stratégies mises en place par leurs passionnés, et leurs détracteurs, pour construire, ou déconstruire la réalité de cet objet ? J'éviterai au long de ce texte d'adopter les termes utilisés par les personnes rencontrées, qu'il s'agisse des « croyants » ou des « sceptiques »4. Je m'attacherai plutôt à replacer les termes utilisés, comme « preuve », « enquête », etc., dans leur contexte qui, seul, leur donne sens (Latour 1983). Par ailleurs, je ne me limiterai pas à l'étude d'une partie seulement des acteurs, ceux qui croient, mais prendrai également en compte les témoins, les ufologues, leurs contradicteurs, les journalistes, etc., qui tous participent au travail de construction du fait ovni. Nous verrons ainsi qu'il est délicat de définir une frontière nette entre sceptiques et croyants. Mieux, nous verrons que les « croyants » tour à tour adhèrent plus ou moins à ce qui leur est dit ; par exemple, ils croient à certains ovnis mais pas à d'autres, que scepticisme et croyance sont à répartir de nouveau de façon équitable entre les acteurs, tant ces mots changent de définition selon les lieux et les moments. De même, il va de soi que je n'introduirai pas d'élément autre que ceux présents au moment dont il sera question (cela afin d'éviter d'introduire de façon anachronique un nouvel élément ou de trouver une nouvelle cohérence aux événements qui ne résulterait que d'un nouveau découpage des faits et non d'une explication des découpages opérés par les acteurs étudiés).

Certains sociologues anglo-saxons comme Westrum ont donné à l'étude des parasciences comme l'ufologie une dignité qu'elle n'a pas connue en France. Dans la foulée des études sur la sociologie des sciences, des chercheurs ont parfois aussi essayé de comprendre la « construction sociale » des phénomènes parapsychologiques, des ovnis, ou d'autres sujets de controverses (Wallis 1979, Collins et Pinch 1982) en proposant non pas « une sociologie des erreurs ou des pseudo-sciences, mais une appréciation sociologique des processus d'acceptation ou de rejet des énoncés de faits » (Shapin 1985 : 186).

Pourtant, il me semble que les remarquables analyses de Ron Westrum ont leurs limites. En effet, même s'il détaille les processus de circulation de l'information sur les ovnis, il a, me semble-t-il, tendance à sous-estimer le rôle de ces procédures dans la construction, la production des faits ufologiques (ou à propos d'autres anomalies). En effet, par un réflexe rationaliste assez classique, Westrum a tendance à faire se tenir entièrement la vérité ou la fausseté d'un événement en amont du processus de mise en forme ufologique, ce dernier ne venant plus que s'ajouter, son rôle se limitant à permettre ou empêcher la circulation de l'information. Ce faisant, Westrum détaille les procédures des autres mais oublie que la solution qu'il place a priori en amont l'est à la suite d'un travail de découpage, de tri, qu'il effectue lui-même. Bref, il s'illusionne sur ses propres procédures, les oubliant, pour ne plus détailler que celles des autres. Mon hypothèse de travail est tout autre. Il me semble plus intéressant de montrer ici que, à l'instar de ce qui a été établi par de nombreux travaux sur la construction des sciences (Callon 1988) et/ou des différents savoirs (Goody 1979, Latour 1983, 1989 : 289 sq.), c'est tout ce travail de construction des histoires d'ovnis qui va, dans le même mouvement, permettre de fixer le statut des rapports, de leurs auteurs, de leurs lecteurs, de leurs critiques. Je placerai donc le caractère vrai-faux-illusoire des soucoupes, la rationalité ou l'irrationalité des ufologues en aval, évitant ainsi de produire des anachronismes en expliquant une controverse à l'aide d'un élément dont cette controverse même cherche à fixer le statut, le degré de réalité.

Ce faisant, les mécanismes décrits par Westrum reprennent tout leur sens, une fois abandonnées les explications anachroniques qui font souvent appel à de grands bouleversements intellectuels (telle la « montée brusque de l'irrationalité »). Ces ensembles de pratiques de collecte, de sélection, de mise en fiches, de rédaction, etc., ne sont plus simplement des moyens pour atteindre ce qui « de toute façon était inéluctable », ce sont les explications mêmes de ce qui arrive. Ce n'est pas à cause d'une montée de l'irrationnel ou d'un changement du tissu délicat de l'univers que les gens se mettent à écrire, à conférer sur les soucoupes ou les phénomènes paranormaux ; c'est bien plutôt parce qu'ils se mettent à écrire, à publier des articles, à les comparer entre eux, à discuter, que les soucoupes deviennent possibles, visibles, ou au contraire - selon le contenu et la façon dont il est organisé - invisibles, irréelles (cf., sur d'autres sujets, les analyses d'Elizabeth Eisenstein (1980) sur le rôle de l'imprimerie dans la révolution scientifique et celles de B. Latour (1985) sur le rôle des inscriptions dans le travail scientifique). Ce n'est pas à la base qu'il y a des hallucinations ou des erreurs de perception puis des croyances qui rendraient artificiellement le tout matériel, c'est bien plutôt à la suite du travail des rationalistes que les soucoupes disparaissent et c'est à la suite du travail des ufologues qu'elles prennent forme, rentrent dans des catégories.

Pour illustrer ma démarche, je présenterai tout d'abord l'enquête effectuée au temps des origines de l'ufologie par the man who started it all : Kenneth Arnold, un jeune homme d'affaires américain de trente-deux ans au moment des faits. Nous sommes en 1947, dans le nord-ouest des États-Unis. Disons brièvement qu'Arnold est le « premier témoin » d'une observation de soucoupes volantes. Le dernier mardi de juin, il voit, depuis son avion privé, neuf engins bizarres voler près du mont Rainier. Il rapporte son observation, notamment à des journalistes (à la suite des articles desquels l'expression « soucoupe volante » a été forgée). S'ensuit une importante controverse. Beaucoup considèrent les soucoupes comme le résultat de mauvaises interprétations de phénomènes connus (ceux qui acceptent les témoignages parlent plutôt d'armes secrètes, américaines ou russes5). Arnold, insatisfait par la tournure prise par le débat, essaie de recueillir des éléments susceptibles de lui permettre d'argumenter ses dires. Ainsi, il rencontre d'autres témoins d'observations de soucoupes (par exemple, le capitaine Smith, cf. infra), essaie de voir à nouveau des disques volants, fait quelques exposés sur son observation auprès de Lion's Club locaux. Mais, surtout, à l'instigation d'un éditeur de Chicago, il effectue une enquête sur une affaire de soucoupes près de Tacoma, dans l'État de Washington. C'est une partie de cette enquête arnoldienne que je voudrais détailler. Cela afin de montrer comment Arnold et d'autres s'y sont pris pour recueillir, évaluer, accepter ou refuser les différents éléments de l'affaire. On verra ainsi comment les soucoupes ont acquis ou perdu leur réalité au fil de ces opérations.

http://terrain.revues.org/index2973.html

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