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 Article: Roswell L’ultime enquête par Gildas Bourdais, mars 2007

  
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MessageSujet: Article: Roswell L’ultime enquête par Gildas Bourdais, mars 2007   Sam 25 Aoû 2007, 00:28






Roswell. L’ultime enquête:
le flop de Karl Pflock

par Gildas Bourdais, mars 2007






Le livre Roswell. L’ultime enquête, paru début mars 2007, n’est nouveau qu’en français (1). C’est la traduction d’un livre de l’Américain Karl Pflock, aujourd’hui décédé, paru en 2001 aux États-Unis, dont j’ai déjà fait la critique dans mon livre Roswell. Enquêtes, secret et désinformation, paru en 2004 (2). La thèse centrale du livre de Pflock, reflétant fidèlement celle du Pentagone, est que les officiers d’élite de la base de Roswell, chargés des bombardiers atomiques, qui avaient annoncé la découverte d’un «disque volant» le 8 juillet 1947, s’étaient lourdement trompés. Ils avaient en réalité récupéré, sur le ranch du fermier Brazel, les débris d’un train de ballons très secret, appelé «Mogul», dont ils ignoraient les essais en cours dans la région, et l’avaient pris pour une «soucoupe volante» à un moment où l’on en voyait beaucoup aux États-Unis. L’armée de l’Air avait démenti cette annonce sensationnelle le soir même en expliquant qu’ils avaient juste trouvé un petit ballon météo et sa cible-radar - un léger cerf-volant monté sur baguettes de balsa - et tout le monde l’avait crue, malgré la faiblesse évidente de cette «explication». Cependant, l’affaire de Roswell ayant refait surface dans les années 90, avec une multitude de témoins retrouvés en faveur de la récupération secrète d’un ovni accidenté, le Pentagone a alors «corrigé le tir», en 1995. Il a expliqué, dans un gros livre de mille pages, The Roswell Report, qu’il s’agissait «probablement» d’un grand train de ballons du projet «Mogul», dont on avait caché l’existence à l’époque car c’était un projet très secret de détection des futures bombes atomiques soviétiques.








Couverture des deux livres
(ces deux ouvrages sont en vente dans notre boutique www.ovnilivres.com - GREPI)


Cette thèse «Mogul» du Pentagone a fait l’objet de critiques approfondies par de nombreux spécialistes de Roswell, qui ont bien exposé ses faiblesses, mais certains enquêteurs, comme Karl Pflock, ont continué à la défendre, et elle reste encore plus ou moins admise par les grands médias aujourd’hui. Cependant, contrairement au titre péremptoire de la traduction française, Roswell. L’ultime enquête, l’affaire est loin d’être définitivement classée.
Ce livre, certes bien documenté (avec presque tous les «affidavits» de témoins, traduits en en Annexe), peut convaincre ceux qui connaissent très mal l’affaire. Je vais essayer cependant de montrer brièvement que cette explication du ballon «Mogul» est une imposture, et je reviendrai ensuite sur quelques autres aspects, non moins critiquables, du livre de Karl Pflock. Pour en savoir plus, je ne peux que renvoyer à mon livre le lecteur intéressé (2).




Un train de ballons pas si impressionnant


Le train de ballons Mogul était-il si impressionnant que les officiers chargés des bombardiers atomiques aient pu le prendre pour un ovni? L’armée de l’Air a insisté sur l’aspect imposant de ce train de ballons, de 200m de haut - les deux tiers de la Tour Eiffel! – et Karl Pflock a fait chorus, décrivant ainsi dans son livre les trois trains de ballons, des 4, 5 et 7 juin, censés avoir comporté des cibles radar:
«Les trois trains de ballons et d’instruments étaient énormes et complexes, atteignant en vol une hauteur de plus de 200 mètres de la base au sommet. Chaque assemblage comprenait de 20 à 30 ballons-sonde météo en néoprène (les ballons spéciaux en polyéthylène n’étaient pas encore disponibles) et une charge répartie en plusieurs paquets, comprenant les instruments de transmission de données et de contrôle d’altitude, le parachute et le lest.» (page 193 de la traduction). Tout cela, ajoute-t-il, était accroché à un fil en nylon particulièrement résistant.
Cette description est trompeuse. Il faut d’abord souligner que ce train de ballons ne comportait aucun matériel mystérieux, et qu’il n’y avait rien, en réalité, d’impressionnant. Le néoprène dont étaient faits les petits ballons se détériorait au soleil en une demi-journée (selon le rapport technique des essais), et c’était un pis-aller en attendant la livraison de grands ballons en polyéthylène, beaucoup mieux adaptés. Au bout de quelques jours, il n’en restait que des lambeaux noircis et sentant mauvais, comme les débris qu’on peut voir sur les photos prises dans le bureau du général Ramey, lors du démenti au ballon météo.










Ballon météo avec sa cible radar, et débris photographiés à Fort Worth.
On voit les restes noircis du ballon en néoprène aux pieds du général Ramey et de son adjoint, le colonel DuBose.


Ces petits ballons ne pesaient que 350 grammes, et l’ensemble du train de ballons ne pesait guère plus de vingt kilos. Et que dire des fameuses cibles radar, petits cerf-volants ne pesant pas plus de 150 grammes! Le commandant Jesse Marcel, qui avait inspecté le champ de débris avec le capitaine Sheridan Cavitt, et d’autres témoins qui avaient eu en main des débris trouvés sur le ranch du fermier Brazel, ont décrit des débris étranges, notamment des petites poutrelles, très légères mais très résistantes. C’est là que les cibles radar montées sur baguettes de balsa entrent en scène pour jouer un rôle clé dans cette comédie: selon le Pentagone, c’est cela que les témoins avaient trouvé et pris pour des poutrelles d’ovni! Pour se faire vite une idée de la valeur de cette explication, il suffit d’acheter dans un magasin de fournitures artistiques une baguette de balsa de 8mm de section (conforme au modèle de l’époque), et de voir avec quelle facilité on peut la casser entre ses doigts. Quant aux appareillages accrochés au trains de ballons, tels qu’un réservoir de ballast et une bouée acoustique, ils étaient tout aussi ordinaires. Pas très impressionnant, ce «mastodonte», comme ose l’appeler Karl Pflock dans son livre (p. 194).













Bouée acoustique, et réservoir de ballast



Les officiers d’élite des bombardiers atomiques de Roswell avaient-ils pu prendre de tels matériaux pour ceux d’une «soucoupe volante», et annoncer leur découverte par communiqué de presse au monde entier? Ce n’est pas tomber dans un «conspirationnisme» éhonté - dénoncé par le sociologue Pierre Lagrange dans sa préface du livre - que de supposer qu’ils n’étaient pas idiots à ce point! Encore une fois, c’étaient des officiers triés sur le volet, responsables de la seule force atomique à l’époque. Pourtant, c’est bien l’explication que beaucoup de gens continuent à accepter, effrayés sans doute par l’alternative - la découverte d’un engin non-humain accidenté - qui leur paraît encore plus invraisemblable, voire insupportable. En effet. L’enjeu de cette affaire est la perspective d’un énorme choc historique et culturel pour l’humanité.

On sent déjà, a priori, la faiblesse de l’explication «Mogul», mais il y a beaucoup d’autres éléments en faveur de la découverte d’un engin d’origine non-humaine. En premier lieu, un faisceau impressionnant de témoignages concordants sur la découverte de matériaux extraordinaires. Je les ai exposés en détail dans mon livre Roswell. Enquêtes, secret et désinformation (chapitre II). Mais allons tout de suite au cœur de l’intrigue: le fameux train de ballons Mogul 4, le seul de la série lancée à White Sands qui comportait des cibles radar, indispensables pour donner un semblant de consistance à cette explication, n’avait en fait même pas décollé!

Le vol Mogul 4 avait été annulé


Il faut d’abord expliquer l’importance du vol Mogul numéro 4 dans cette histoire. Ces essais de trains de ballons, effectués pour tenter de mettre au point – sans succès - un système de détection en altitude des futures explosions nucléaires soviétiques, avaient été menés par une équipe de la New York University (NYU) sous contrat militaire, d’abord sur la côte Est, puis au Nouveau-Mexique (sur le terrain de White Sands, près d’Alamogordo), jouissant d’un climat plus favorable. Le jeune physicien Charles Moore, de l’équipe de NYU, avait eu l’idée d’utiliser des cibles radar pour repérer le trajet avec le radar déjà en place pour les essais de fusées V-2. Ils disposaient d’un modèle plus grand mais plus fragile, renforcé par un fabricant de jouets new-yorkais avec du papier collant orné de dessins de fleurs. Détail «capital» pour les tenants de Mogul car ces dessins de fleurs stylisés allaient servir à expliquer les signes étranges – des sortes de «hiéroglyphes» – observés sur les poutrelles par le commandant Jesse Marcel! Mais il y avait un petit problème: dès le premier lancement réussi à White Sands, celui du train Mogul No 5, le 5 juin, ils avaient déjà abandonné ces cibles radar, beaucoup trop fragiles, au profit d’une radiosonde. Il ne restait que le vol Mogul 4, censé être équipé des précieuses cibles, tous les essais précédents ayant eu lieu sur la côte Est. Et voici le nœud de l’imposture Mogul: ce train de ballons No 4, dont le lancement était prévu dans la nuit du 3 au 4 juin, avait été annulé à cause du temps couvert! Il n’est même pas mentionné dans les rapports détaillés de NYU, ni dans le texte, ni dans le tableau complet des vols (reproduits intégralement dans le gros Roswell Report de l’Air Force). En revanche, cette annulation est précisée dans le journal personnel du géophysicien Albert Crary, chef des essais. Mais alors, comment pouvait-on quand même soutenir le scénario Mogul 4? Par une autre entourloupe du physicien Charles Moore, que voici.
Albert Crary précise dans son journal qu’il avait lancé le lendemain matin une simple petite grappe de ballons avec un instrument - une bouée acoustique - comme ils en lançaient tous les matins pour s’entraîner. Eh bien, Charles Moore, dans son livre UFO Crash at Roswell, et l’Air Force dans son gros rapport, ont décidé que c’était bien le train de ballons Mogul 4. En réalité, rien ne colle dans ce scénario. Charles Moore s’est livré à un échafaudage de manipulations compliquées (qui ont été épinglées par les critiques) pour arriver à faire atterrir ce train de ballons hypothétique précisément sur le lieu du champ de débris de Brazel, à plus de cent milles de là. Mais pour cela, même en triturant les données météo, il fallait que le train ait décollé vers 3 heures dans la nuit. Or Moore avoue dans son livre qu’il n’en a aucun souvenir, lui qui était en première ligne sur ce projet. Et pour cause, le vol ayant été annulé. Il décide néanmoins qu’il a bien dû décoller puisqu’on l’a trouvé sur le terrain de Brazel, alors que c’est cela, justement, qu’il fallait démontrer! Il a ainsi modifié le tableau du rapport de la New York University pour y rajouter son train de ballons fantôme Mogul 4: voir les tableaux comparés à, la fin de cet article. C’est aussi simple que ça!

L’argument du «scotch à fleurs»


Il y a cependant une objection importante des sceptiques, dont Karl Pflock, bien entendu.
Le fermier Brazel avait sans doute trouvé une petite grappe de ballons avec ces cibles radar, le 14 juin, comme il l’a raconté lors de son interview sous escorte militaire, le soir du 8 juillet, changeant son premier récit. Et il y avait des baguettes avec du «scotch à fleurs»! C’est tout à fait possible car l’équipe de White Sands en avait lancé tous les jours en juin pour s’entraîner. Elles comportaient trois à cinq ballons et deux ou trois cibles radar. Brazel avait sans doute trouvé une telle grappe, avait ramassé ces débris dans un sac et les avait oubliés dans sa remise. Cela n’avait rien à voir avec sa découverte du champ de débris étrange, début juillet, qui avait motivé son voyage à Roswell. Encore une fois, sans faire une poussée de fièvre conspirationniste, on peut supposer que les militaires de Roswell, qui avaient cuisiné Brazel sur la base toute le journée du 8 juillet, lui avaient dit de remplacer sa découverte de début juillet par celle du 14 juin. Cela explique pourquoi les deux dates ont été citées, d’abord dans la semaine précédant le 8 juillet, selon le communiqué de presse du matin, puis le 14 juin dans l’interview du soir.
Il y a d’autres raisons pour lesquelles la théorie Mogul ne tient pas. Par exemple, le gros livre de mille pages de l’Air Force dit tout sur les ballons mais n’a rien, pas le moindre bout de papier, qui confirmerait la découverte du train de ballons sur le ranch de Brazel. D’ailleurs, on n’y a jamais retrouvé le moindre instrument de Mogul. Mieux encore, le témoignage du capitaine Sheridan Cavitt, l’homme qui avait inspecté le champ de débris avec le commandant Marcel toute la journée du lundi 7 juillet, aurait dû être décisif en faveur de Mogul. Or, longuement interviewé en 1995 par le colonel Weaver dans le Roswell Report, il s’en est tenu au démenti intenable de 1947 (un seul ballon météo et sa cible) et a nié avoir trouvé un train de ballons Mogul. Si bien qu’il est en fait un témoin négatif contre Mogul. Questionné sur Karl Pflock, qui était déjà devenu à ce moment un ardent promoteur de Mogul, il a eu ce mot ironique: «Karl Pflock? Je le soutiens, c’est notre meilleur debunker!». Pour ma part, j’ai rencontré Pflock en 1995, au symposium du MUFON, et je lui ai fait observer que la description du champ de débris par Marcel impliquait une violente explosion au-dessus du sol. Après avoir tourné autour du pot, il a fini par l’admettre. Or, les ballons gonflés à l’hélium n’explosent pas. Mais deux heures plus tard, lors du débat final, il a affirmé avec une belle assurance que c’était bien un train de ballons Mogul. J’ai compris alors à qui j’avais affaire.


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Dernière édition par Benjamin.d le Lun 27 Déc 2010, 18:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Article: Roswell L’ultime enquête par Gildas Bourdais, mars 2007   Sam 25 Aoû 2007, 00:28

Autres exemples d’entourloupes


Il est impossible de détailler dans un simple article toutes les falsifications et entourloupes que contient le livre de Karl Pflock, qui est une sorte de chef d’œuvre en la matière. Tout est bon pour dénigrer les témoins, les uns après les autres. Il est exact que certains sont fragiles, qui ont par exemple changé leur témoignage initial (tiens, comme Brazel!). Mais il restait encore des témoins très solides, qu’il fallait absolument mettre en doute. C’est le cas, par exemple, du général DuBose, à l’époque colonel, adjoint du général Ramey (voir la photo plus haut), à qui l’on a fait dire que l’on avait bien montré les vrais débris à la presse. En réalité, il dit exactement le contraire dans sa déclaration signée sous serment et devant témoin (affidavit, figurant d’ailleurs en Annexe: il faut le lire! Voir aussi mon livre, pages 224 à 252). C’est le cas aussi du Major Jesse Marcel, accusé d’avoir menti sur sa carrière militaire. Kevin Randle, qui reste sans doute le meilleur enquêteur sur Roswell, et est officier lui même, a complètement démonté cet argument, expliquant par exemple que, à l’instar de Marcel, son dossier militaire comportait des erreurs. Il y manque, notamment, des médailles qui lui ont bien été décernées. En revanche, le dossier de Marcel contient des éloges impressionnants de toute sa hiérarchie (voir mon livre, pages 413 à 423).
Voulez-vous un autre exemple de falsification? Karl Pflock met en doute un autre témoin important: le sergent Lewis Rickett, assistant de Sheridan Cavitt, qui l’avait emmené sur le terrain. Il avait vu des militaires en train ramasser les débris et avait noté leurs propriétés étonnantes, à la fois très solides et très légers. Pflock le met en doute – il y consacre même tout le chapitre 10, usant d’arguments discutables qu’il serait trop long de décortiquer ici (voir mon livre, pages 100 à 108) - mais il s’en sert quand même (page 32), car Rickett a dit qu’il avait vu peu de débris, ce qui pourrait aller dans le sens de la découverte de Mogul sur le terrain de Brazel. Mais ça ne colle pas du tout, car Rickett dit aussi, dans un entretien réalisé par Mark Rodeghier, du CUFOS, dont j’ai le texte intégral, qu’ils avaient roulé seulement trois quarts d’heure en voiture, alors que le terrain de Brazel était à plus de trois heures de route. Bien entendu, ce «détail» est omis par Pflock. Ils étaient allés, en fait, sur l’autre site, plus proche de Roswell, où l’on avait sans doute récupéré l’ovni (il y a d’autres témoignages là-dessus).
Citons encore un autre argument, avancé cette fois par Pierre Lagrange dans son introduction à l’édition française. Jouant avec l’idée que toute l’affaire de Roswell aurait pu être lancée par les services de désinformation pour cacher les vrais black programs, il insinue habilement que les sceptiques pourraient soupçonner Kevin Randle, ancien officier de renseignement lui-même, d’avoir participé à une telle supercherie. Non, pas lui, bien sûr: des sceptiques un peu conspirationnistes, eux aussi, à leur manière. Il faut ne rien savoir de Kevin Randle (que je connais et que j’estime), ni de Roswell, ni des ovnis en général, pour prendre au sérieux un tel argument. Karl Pflock lui-même n’aurait jamais osé écrire cela. Mais Lagrange a bien planté l’idée, et elle va peut-être faire son chemin.
_______________________
Annexe


1) Tableau 1 des vols Mogul – Extraits, selon le rapport complet des vols de la New York University, reproduit dans le «Roswell Report» de l’US Air Force, 1995.
Extraits traduits en français
A noter que les essais numéros 2, 3 et 4, tous ratés, ne figurent même, pas sur le tableau.




No
de
vol


Date
et heure
de lanct


Site de
lancement


Description
des ballons


Poids des ballons

Description de l’équipement

Critique
résumée



A

20/11/46
14h38
East

New York University
Etat de NY

2 ballons météo
de 350g

0,7kg

Radiosonde

N’a pas décollé


B

16/12/46
14h38
East

Idem

Idem

Idem

Idem

N’a pas décollé


1

3/4/47
14h12
East

Bethlehem,
Penn.

14 ballons météo
de 350g
Long train

4,9kg

radiosonde et
ballast

Echec. Mauvais accrochage
Ballons explosés


5

5/6/47
15h17 MST

Alamogordo
Nouveau Mexique

29 ballons météo
de 350g
Long train

10,2kg

Radiosonde
Appareils d’enregistremt.
Ballast

Premier vol réussi avec
charge utile


6

6/6/47
5h09
MST

Idem

28 ballons

9,8kg

Radiosonde
Transmetteur
Ballast

Echec





Fac-similé du tableau de NYU (extraits)


2) Tableau des vols selon Charles Moore, dans son livre “UFO Crash at Roswell”, 1997.
Extraits traduits en français
Changements par rapport au tableau original de NYU: les premiers essais, numérotés A et B sont supprimés. Les trois essais suivants, numéros 2, 3 et 4, tous ratés et absents du tableau original de NYU, ont été rajoutés par Charles Moore, de manière à y faire figurer le vol numéro 4. Or celui-ci avait été annulé pour cause de temps couvert. Ce rajout par Charles Moore est mensonger.





Vol No

Date et
heure


Site de
lancement


Description des
ballons


Equipement

Site de
Récup.


Commentaires


1

3 avril
14h12 East

Bethlehem
Pa.

14 ballons
de 350g
en train

Radiosonde
et ballast

Pas récupéré

Echec. Mauvais accrochage


2

18 avril
heure
inconnue

Idem

23 ballons
idem

Bouée acoustique
Cibles radar
Radiosonde
Et ballast

Pas de
données

Pas de vol
Echec de télémétrie


3

8 mai

Idem

Idem

Idem

Pas
récupéré

Ballons
échappés


4

4 juin
sans doute
vers 3h MST

Alamogordo
N.M.

28 ballons
en train

Idem
Plus ballast liquide
Pas de radiosonde

Ranch
Foster?

Echec de
Télémétrie
au-dessus de
Arabella


5

5 juin
5h16 MST

Idem

Idem

Idem mais sans
Cibles radar

25 miles à l’est de
Roswell

Premier vol
Réussi avec charge lourde


6

7 juin
5h09 MST

Idem

Idem

Idem

18 miles sud-est du site

Contrôle d’alt.
abîmé
au lancement

Fac-similé du tableau selon Charles Moore, dans son livre UFO Crash at Roswell






---------------------
Notes
(1) Karl Pflock, Roswell. L’ultime enquête, 2007. Édition Terre de brume (Ed. orig. Roswell. Inconvenient Facts and the Will to Believe, Prometheus Books, 2001).
(2) Gildas Bourdais, Roswell. Enquêtes, secret et désinformation, 2004. JMG Editions, 8, rue de la Mare, 80290, Agnieres. Pour le commander, tél: 03 2290 1103.
Email: jmgeditions@orange.fr ou jmg-editions@wanadoo.fr
(En vente également dans notre boutique en ligne www.ovnilivres.com - GREPI)

http://www.ovni.ch/guest/bourdais7.htm

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MessageSujet: Article: Roswell Enquêtes, secret et désinformation de Gildas Bourdais    Mar 25 Sep 2007, 10:51


Roswell:

Enquêtes, secret et désinformation

Par Gildas Bourdais (janvier 2004)





Roswell est peut-être le nom le plus connu dans le monde, concernant les ovnis, mais c'est aussi le plus galvaudé. Rappelons qu'il s'agit de l'accident supposé, en 1947, d'un "disque volant" ou "soucoupe volante," comme on les appelait alors, dans la région de Roswell, au Nouveau-Mexique. Le 8 juillet 1947, la base aérienne des bombardiers atomiques de Roswell avait diffusé un communiqué de presse annonçant la découverte d'un disque volant dans les environs ; mais cette nouvelle spectaculaire, en pleine vague d'observations de ces engins mystérieux - la première grande vague médiatisée des ovnis - avait été démentie le soir même par le général Ramey, commandant la région aérienne à Fort Worth, au Texas : les aviateurs de Roswell avaient trouvé un ballon météo et sa cible radar, et l'avaient pris pour une soucoupe ! La presse avait aussitôt accepté cette explication, et l'incident avait été oublié pendant trente ans. Mais, en 1978, l'ufologue américain Stanton Friedman avait retrouvé, presque par hasard, un témoin essentiel, l'ancien Major (commandant) Jesse Marcel, responsable de la sécurité de la base, qui avait ramassé des débris sur le terrain. Marcel, alors en retraite en Louisiane, avait confirmé à Friedman que ces débris étaient très étranges et ne ressemblaient à rien de connu. C'est ainsi que l'affaire de Roswell a été relancée et a fait l'objet de nombreuses enquêtes, d'une multitude de publications, livres, articles et débats depuis une vingtaine d'années. Plusieurs équipes de chercheurs ont accompli un travail considérable et ont retrouvé de nombreux témoins qui ont fait de Roswell l'une des affaires les mieux documentés. Or, elle reste mal connue, même dans le milieu ufologique. Comment cela se fait-il ? Sans doute parce nulle autre n'a souffert d'autant de confusion, de thèses contradictoires et, manifestement, de désinformation.

Confusion et désinformation

J'avais écrit un livre sur Roswell, Sont-ils déjà là ? Extraterrestres : l'affaire Roswell, paru en 1995 aux Presses du Châtelet. Ce livre est épuisé, et il avait besoin, de toutes façons, d'une grosse mise à jour, car il s'est passé beaucoup de choses depuis cette date. C'est ce que j'ai tenté de faire dans mon nouveau livre, Roswell. Enquêtes, secret et désinformation (1).




Lorsque l'on évoque le "crash de Roswell", il s'agit, pour beaucoup de gens, du "canular de l'extraterrestre de Roswell", et de rien d'autre. L'événement le plus marquant en effet, et aussi le plus destructeur, a été la diffusion en 1995, par un petit producteur de musique britannique, d'un film censé montrer l'autopsie d'un extraterrestre découvert à Roswell. Aussitôt dénoncé comme un canular, ce film étrange a fait un beau scandale et a causé un tort considérable, non seulement à l'affaire de Roswell, mais aussi à l'ufologie en général, avec l'aide des sceptiques qui se sont fait un plaisir de pratiquer l'amalgame. C'est l'un des aspects importants qu'il faut analyser pour comprendre à quel point le dossier de Roswell a été plongé dans la confusion, mais il y en a beaucoup d'autres.

En 1994, l'armée de l'Air américaine, pressée par une enquête ouverte par la cour des comptes du Congrès, le GAO (General Accounting Office) à la demande du député Steven Schiff, a remplacé l'explication initiale du ballon météo pas une hypothèse plus complexe, celle d'un train de ballons "Mogul", lancé sur la base de White Sands. C'était un projet très secret, destiné à mettre au point un moyen de détection des futures explosions atomiques soviétiques, et c'était, selon l'Air Force, la raison pour laquelle on avait caché à l'époque sa découverte. Or, malgré la publication en 1995 d'un énorme document d'un millier de pages, The Roswell Report, puis d'un second livre en 1997, intitulé bravement The Roswell Report. Case Closed, les militaires américains n'ont pu apporter aucune véritable preuve de cette nouvelle explication. Pas le moindre bout de papier, télex ou note en archive, qui la prouverait indubitablement. Au contraire, leur documentation indique assez clairement que le train de ballons Mogul numéro 4, le seul qui aurait pu théoriquement causer cette méprise, n'avait très probablement jamais décollé ! C'est l'un des aspects nouveaux que j'ai développés dans mon livre. A l'inverse, les témoignages sur la découverte très secrète d'un ovni et de cadavres non humains, dans la région de Roswell, se sont plutôt renforcés ces dernières années. Il est vrai qu'il y a eu des défections, telles que celles de Frank Kaufmann et Jim Ragsdale, qui ont été bien entendu soulignées par les sceptiques, comme Karl Pflock, mais d'autres témoins ont été retrouvés, si bien que la thèse de l'ovni tient toujours. Il y a donc un travail à faire pour "réhabiliter", en quelque sorte, cette affaire de Roswell. Pour en avoir une idée, je renvoie le lecteur au sommaire détaillé du livre à la fin de cet article. Pour l'instant, je propose de regarder d'un peu plus près cette drôle d'histoire de ballons que les aviateurs de Roswell auraient pris pour une soucoupe.

Soucoupe ou ballon ?

En 1994, l'armée de l'Air a concédé qu'elle n'avait "pas dit toute la vérité" : c'était en fait un grand train de ballons, très secret, avec des cibles radar et des instrument. Mais il est facile de souligner les faiblesses de cette nouvelle histoire de ballons. D'abord, les divers éléments qui le composaient n'étaient pas plus mystérieux qu'un seul ballon. Vingt ballons font-ils une soucoupe ? Bien sûr que non. Il aurait suffi aux officiers de Roswell d'identifier un seul élément de cet attirail banal pour clore la question. Par exemple, l'une des fragiles baguettes de balsa servant d'armature aux cibles radar, lesquelles ressemblaient plus à un cerf volant qu'à une soucoupe ! Ou même l'un des instruments attachés à la corde en nylon, qui n'étaient pas plus mystérieux : réservoir de ballast, batterie électrique, émetteur radio, "bouée acoustique" à l'allure de bidon métallique. En outre, ces instruments n'ont même pas été retrouvés parmi les débris découverts sur le ranch Foster, ni par le fermier "Mack" Brazel, ni par les militaires venus les récupérer. Il n'y a aucune preuve sérieuse de l'hypothèse "Mogul", pas même le fameux "scotch à fleurs", dont je vais parler plus loin.

Une autre question vient vite à l'esprit, au sujet du communiqué de presse : comment ces officiers d'élite avaient-ils pu, non seulement se tromper aussi lourdement - s'il l'on en croit l'armée de l'Air - mais en outre aggraver leur cas dramatiquement en faisant cette annonce extraordinaire, au mépris des règles les plus élémentaires de secret militaire, auxquelles ils étaient pourtant particulièrement bien formés ? Ce n'est pas le moindre mystère de cet incident du 8 juillet. Pour une telle erreur, ils auraient dû être sévèrement sanctionnés, or il n'en a rien été. Le colonel William Blanchard, qui commandait cette base, fit ensuite une remarquable carrière jusqu'au sommet de l'armée de l'Air, atteignant le grade de général à quatre étoiles. Le Major Jesse Marcel, l'homme qui avait récolté les débris sur le terrain, était très bien noté de ses supérieurs, avant et après l'incident, comme le prouve son dossier militaire, contrairement aux calomnies dont il a été victime ces dernières années. Il fut promu quelques mois plus tard au Pentagone à un poste de responsabilité où il devait, justement, s'occuper de la détection des futures bombes atomiques soviétiques ! Si Marcel avait vraiment pris un train de ballons Mogul, destiné à la détection de ces explosions atomique soviétiques, pour une soucoupe volante, l'aurait-on affecté à ce poste ? Et en plus, aurait-il eu envie d'en reparler trente ans plus tard avec les enquêteurs sur Roswell ? Lors du démenti de Fort Worth, Marcel a été photographié devant des débris de ballons, mais il a bien confirmé, contrairement à certaines allégations visant à semer la confusion, qu'il ne s'agissait pas des "vrais" débris. C'est l'un des aspects de la polémique que je me suis efforcé de clarifier dans mon livre.





Le Major Jesse Marcel photographié devant des débris de ballon et de cible radar, à Fort Worth le 8 juillet 1947


(The Roswell Report. Case Closed)


L'hypothèse du train de ballons Mogul a été défendue avec acharnement par les sceptiques, au premier rang desquels figure le professeur Charles Moore (à ne pas confondre avec l'ufologue William Moore). Il était à l'époque jeune étudiant et membre de l'équipe de la New York University chargée de mettre au point ces trains de ballons. En 1995, Charles Moore s'est lancé dans des calculs byzantins pour arriver à faire atterrir le train de ballons numéro 4, le seul qui pouvait théoriquement convenir car il était censé comporter des cibles radar, sur le terrain du fermier Brazel, à l'endroit exact où il avait trouvé le mystérieux champ de débris. Des ufologues tenaces, en particulier David Rudiak et Brad Sparks, ont souligné le caractère illusoire de ces calculs (et entachés d'erreurs selon eux), Moore n'ayant en fait aucune donnée sur ce lancement et devant s'inspirer des vols suivants. Ils ont fait un remarquable travail, mais on peut en faire un critique encore plus radicale, et très simple : selon toute vraisemblance, ce train de ballons n'avait jamais décollé ! Cela apparaît clairement dans les documents que contient le volumineux Roswell Report de l'Air Force, notamment les rapports de la New York University, qui ne mentionnent absolument pas de vol Mogul 4, et surtout le journal personnel du géophysicien Albert Crary qui dirigeait ces lancements. Il y a écrit clairement que le vol, prévu à la fin de la nuit du 3 au 4 juin, avait été annulé à cause du mauvais temps. Après cette annulation, Crary avait lancé dans la matinée du 4 une simple grappe de ballons, telle que l'équipe en lançait tous les jours à White Sands, pour s'entraîner et tester les équipements.






Schéma des petites grappes de ballons lancées tous les jours par la New York University

à White Sands en juin 1947 (The Roswell Report)



Ces grappes comprenaient trois à cinq ballons météo (jusqu'à sept selon Karl Pflock), et deux ou trois cibles radar. Crary dit dans son journal qu'il y avait accroché une bouée acoustique, qui avait peut-être nécessité quelques ballons de plus, mais on restait encore loin d'un train complet selon le modèle "Mogul". Ce qui a pu se produire, en revanche, c'est que l'une de ces petites grappes - celle du 4 juin, ou une autre - soit tombée sur le terrain du fermier Brazel et qu'il l'ait trouvée le 14 juin, comme il l'a raconté aux militaires, puis à la presse sous leur direction. Mais cette découverte, à laquelle il n'avait d'ailleurs attaché aucune importance, n'avait rien à voir avec sa découverte du grand champ de débris étranges, au début de juillet, qui avait motivé son voyage à Roswell, et le "branle bas de combat" des militaires. Cela expliquerait très simplement pourquoi Brazel avait mentionné, parmi les débris de ballons du trouvés le 14 juin, du ruban adhésif décoré de dessins de fleurs stylisées, dont étaient justement dotées les cibles radar utilisées par la New York University. On a fait grand cas de ce détail pour "expliquer" les symboles étranges remarqués par le Major Marcel et son fils sur les vrais débris, mais en réalité cet argument est ridicule et n'explique rien. Les aviateurs d'élite de Roswell n'auraient pas pu prendre de tels débris, avec des dessins de fleurs sur du papier collant, pour ceux d'une soucoupe volante, et en plus l'annoncer au monde entier. L'explication de l'armée de l'Air est aussi fragile que les petits ballons météo et cibles radar sur lesquels elle en est réduite à s'appuyer, et le mystère de Roswell reste entier.

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MessageSujet: Re: Article: Roswell L’ultime enquête par Gildas Bourdais, mars 2007   Mar 25 Sep 2007, 10:51

(1) Roswell. Enquêtes, secret et désinformation.
JMG Editions, 8, rue de la Mare - 80290 Agnières.
Diffusion Casteilla. ISBN 2-915164-07-X. Prix : 18,50 Euros.

Sommaire détaillé :


Avant-propos pour la seconde édition
Chapitre 1 : L’incident du 8 juillet 1947

L’étrange communiqué de la base de Roswell - Le démenti du général Ramey - Des aviateurs d’élite ont-ils pu prendre un ballon pour une soucoupe ? - Le colonel Blanchard a-t-il décidé seul ce communiqué de presse ? - Agitation dans la haute hiérarchie militaire - L'incident de Roswell, point culminant de la vague de 1947.
Chapitre 2 : D'étranges débris

Trente années de silence, et premières enquêtes, en 1978 - Le témoignage du Major Jesse Marcel - Le témoignage controversé de Lydia Sleppy - Quel rôle a joué le FBI en 1947 ?
1988 : Relance des enquêtes par Kevin Randle et Donald Schmitt - Un vaste champ de débris - Quelles dimensions ? - Y avait-il un sillon creusé dans le sol ? - Des débris très étranges
Deux témoins importants : le capitaine Cavitt et le sergent-chef Rickett - Les principaux types de débris - Pressions sur le fermier et les journalistes - Le témoignage divergeant de la fille du fermier.
Chapitre 3 : La controverse des ballons " Mogul "

La thèse de l'armée de l'Air : un train de ballons "Mogul" - Avant Mogul, d'autres hypothèses
Une bombe-ballon japonaise ?- Une fusée V-2 ou un avion expérimental ?- Un accident de bombardier atomique ?- Un phénomène venu d'une autre dimension ?

1994 : L'enquête du GAO au Congrès américain - Les trains de ballons de la New York University (NYU) - Pouvait-on prendre cet équipement pour une "soucoupe volante" ?
Fragiles cibles radar - "Scotch à fleurs" ou "hiéroglyphes" ?

L'hypnose controversée du Dr Marcel Jr - Des ballons gonflés à l'hélium ne peuvent pas exploser - Un champ de débris bien trop vaste pour Mogul - Quel train de ballons ?
Train de ballons Mogul, ou petite grappe de ballons ? - Le vol Mogul numéro 4 avait été annulé ! - La trajectoire compliquée de Mogul 4 selon Charles Moore - Pas de Mogul, pas de documents, pas de témoins.
Chapitre 4 : La mise en scène de Fort Worth

Les principaux témoignages : DuBose, Marcel, Porter - Le témoignage évolutif de l'adjudant Irving Newton - Moore et Shandera, des enquêteurs qui embrouillent tout - En 1989, Bill Moore avoue avoir fait de la désinformation - 1991 : les entretiens de Moore et Shandera avec DuBose - La réfutation par Randle et Schmitt - Bond Johnson reprend la thèse de Moore et Shandera - L'équipe RPIT entre en scène - Le déchiffrage du télex du général Ramey.
Chapitre 5 : Un ovni et des cadavres ?

Les confidences de l'ingénieur Barnett - L'hypothèse de la plaine de San Agustin - Le témoignage discrédité de Gerald Anderson - A la recherche de l'équipe archéologique
Le témoignage controversé de Glenn Dennis - 1994 : le scénario "révisé" de Randle et Schmitt - Jim Ragsdale, un témoignage qui tourne à la science-fiction - Frank Kaufmann, un témoin majeur discrédité - Des témoignages crédibles sur l'ovni et les cadavres
Que savait le shérif Wilcox ?- Des témoins militaires importants - Deux anciens commandants

Chester Barton, un témoin militaire remarquable - Un extraterrestre survivant ? - Un témoin important intercepté ! - "Tex", un témoin qui ne fait pas l'unanimité - Encore d'autres témoignages - Quatre points de convergence - Des cadavres au ranch de Brazel ? - Témoins indirects, ayant vu des documents - Les pistes de Wright-Patterson et de Kirtland-Sandia - Une explication du communiqué de presse ?
Chapitre 6 : Le "scandale "de l’[b]autopsie
[/b]
1995 : tournant dangereux pour Roswell et pour l'ufologie - Le débat : canular ou film authentique ? - Ce n'était pas un canular ordinaire - Des critiques graves, mais non décisives
Le débat sur le cadavre - Les critiques de Theresa Carlson -

Une opération de désinformation ? - Ce film est-il dans les archives de l'armée de l'Air et de la CIA ? - Un nouveau témoin, Mike Maloney - Le récit invraisemblable du cameraman
Un autre crash, dans la région de Socorro ?- Encore une autre piste : Oscura Peak, selon les documents "MJ-12" !

Chapitre 7 : Nouvelles controverses

1997 : The Roswell Report : Case Closed. Des Martiens en parachute ! - La controverse des ovnis relancée par la CIA - Le réquisitoire de Kent Jeffrey - Le débat sur les documents militaires - Violentes attaques contre le Major Marcel - Un officier très apprécié de ses supérieurs - Le livre controversé du colonel Corso - Des fragments d'ovnis : vrais ou faux ?
1997 : le fragment analysé par le Dr VernonClark - Soudain, de nombreux fragments sont apparus -
2002-2003 : Roswell relancé dans les médias.
Liste des notes bibliographiques
Documents en Annexe

http://www.ufocom.org/pages/v_fr/m_presse/GB_roswell.htm

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MessageSujet: Article: Roswell ? Case very much not closed! (Gildas Bourdais)   Sam 12 Jan 2008, 22:30

ROSWELL ? CASE VERY MUCH NOT CLOSED !

Gildas Bourdais


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ROSWELL : AUTOPSIE D'UN MYTHE - KENT JEFFREY


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Message publiée le 10/08/99 sur la liste OVNI-Sciences

Roswell et les ufologues américains

Bonjour à tous.

Voici un petit tour d'horizon des ufologues américains qui s'intéressent toujours à Roswell. Ceci pour répondre à de récentes déclarations faisant croire que les ufologues américains rangent ce genre d'histoires dans le folklore. Il est vrai que pas mal d'ufologues américains sont sceptiques sur Roswell, notamment Kent Jeffrey et son fameux article de Juin 1997 dans le MUFON UFO Journal, mais voyons cela de plus près.

Je rappelle les auteurs de livres sur Roswell, qui persistent et signent :

Kevin Randle et Donald Schmitt, qui ont écrit deux livres ensemble, en 1991 et 1994, puis se sont séparés. Ils ont commencé leurs enquêtes pour le compte et à la demande du CUFOS ("Center for UFO Studies", l'un des trois principaux organismes américains, créé par l'astronome Allen Hynek, ancien conseiller scientifique de l'armée de l'air), vers la fin des années 80. Ils ont continué leurs enquêtes séparément, et ils continuent à affirmer la réalité du crash d'un ovni près de Roswell.

Randle m'a écrit, dans un message du 14 mai dernier : "Je crois toujours que Roswell représente le crash d'un véhicule spatial extraterrestre ("alien spaceship") et je trouve l'explication des ballons ridicule. Les gens de Roswell n'auraient pu confondre en aucune façon des débris de ballon avec ceux d'un engin venu d'un autre monde". Signalons que Randle, ancien officier de renseignement, et depuis peu titulaire d'un doctorat de science humaines, est tout le contraire d'un naïf crédule. Il vient de publier un gros livre "The Abduction Enigma", sceptique sur les histoires d'enlèvements. Le CUFOS lui même a publié un ouvrage collectif en juillet 1991, "The Roswell Report. A historical perspective", dans lequel sont repris de nombreux articles de la revue du CUFOS, l' "International UFO Review" (IUR), tous favorables à Roswell.

De son côté, Donald Schmitt continue à enquêter, en association avec un ufologue respecté du CUFOS, Thomas Carey.

Thomas Carey, membre du conseil du CUFOS et diplômé en anthropologie (masters degree), a écrit plusieurs articles favorables à Roswell dans la revue réputée du CUFOS, l' "International UFO Reporter". En particulier un article excellent sur Sheridan Cavitt, l'ancien officier de contre-espionnage qui avait accompagné le commandant Marcel sur le champ de débris : "Will the real Sheridan Cavitt please stand up ?" : ("Le vrai Sheridan Cavitt veut-il bien se révéler ?") (IUR, automne 1998). Carey a fait le point de ses nouvelles enquêtes avec Donald Schmitt dans le MUFON "UFO Journal" de mai 1999 : "Roswell 1999 : What's new ?", dans lequel il annonce de nouvelles pistes intéressantes.

Rappelons que le MUFON (Mutual UFO Network), est l'un des trois principaux organismes privés de recherche américains, auxquels le rapport du COMETA rend justement hommage. Le troisième est le Fund for UFO Research (FUFOR), qui ne publie pas de revue mais soutient financièrement des enquêtes ovni, notamment sur Roswell. C'est le FUFOR qui a publié deux vidéocassettes de témoignages de premier plan sur Roswell.

Stanton Friedman et Don Berliner sont coauteurs d'un livre paru en 1992, "Crash at Corona". Friedman, qu'on ne présente plus (physicien nucléaire et l'un des "anciens" de l'ufologie américaine), a écrit une réfutation percutante de l'article de kent Jeffrey contre Roswell, qui était paru dans le MUFON UFO Journal de juin 1997. Incidemment, voilà typiquement un texte que la revue "Anomalies", qui a traduit le texte de Jeffrey, ne publiera pas, je peux l'avancer sans crainte d'être démenti. Signalons que ce numéro de juin 1997 du MUFON UFO Journal, qui contenait aussi un article du sceptique Karl Pflock, avait conduit le rédacteur en chef Dennis Stacy à démissionner peu après, face au mécontentement des lecteurs. Depuis, Stacy s'est enfoncé dans un scepticisme virulent sur internet, remettant tout en question, même l'excellente observation de Kenneth Arnold !

Don Berliner, qui fait partie du Fund for UFO Research (FUFOR), n'a pas changé d'avis non plus, depuis son livre de 1992. Il a exprimé des réserves sur les documents "Majestic 12" et sur le film de l'étrange "autopsie d'un cadavre de Roswell", mais il ne mélange pas les choses, comme d'autres se plaisent à le faire.

Don Berliner est l'un des principaux auteurs d'une importante publication, "UFO Briefing Document. The best Available evidence", présenté en décembre 1995 conjointement par les trois organismes CUFOS, FUFOR et MUFON, et adressé aux dirigeants politiques américains et étrangers. Un chapitre sur Roswell concluait : "A la suite du constat du GAO qu'il n'avait trouvé aucune preuve en faveur d'un ballon Mogul, et du fait que l'armée de l'air a elle même éliminé la plupart des autres explications possibles, celle d'un OVNI reste une possibilité très tentante" ("a tantalizing possibility"). Cette phrase figure aussi dans le "Executive Summary", c'est à dire le "résumé pour les dirigeants" qui avait été préparé par un autre ufologue du FUFOR, particulièrement respecté, Richard Hall, l'un des piliers du FUFOR.

Incidemment, Richard Hall, l'un des anciens de l'ufologie américaine (il a fait partie du défunt NICAP dans les années 50 !), vient de mettre fin à sa collaboration à la revue "UFO magazine", devenue trop commerciale à ses yeux. Mais, dans un texte publié sur internet, "Appelez moi un puriste !", il signale au passage que pour lui Roswell reste valable à la base ("I consider it valid at the core").

C'est un autre pilier du FUFOR (lui aussi un ancien du NICAP, et l'un des fondateurs du FUFOR) qu'il faut citer ici : Bruce Maccabee, physicien de la marine (PhD). Maccabee a pris position a plusieurs reprises sur internet (Liste UFO Updates) de manière non équivoque en faveur de Roswell. Mieux même, au dernier congrès du MUFON (juillet 1999) il a rouvert un autre vieux dossier de crash d'ovni, qui serait peut-être authentique, celui de Del Rio, en 1950 sur la frontière entre le Texas et le Mexique.

Au CUFOS, Jerome Clark, le rédacteur en chef de la revue IUR, s'est prononcé plus d'une fois de manière favorable,
notamment sur internet (UFO Updates). Il m'a écrit personnellement, dans un message du 4 juin 1998 : "Je n'arrive toujours pas à comprendre comment une personne rationnelle peut prendre l'explication Mogul au sérieux".

Toujours au CUFOS, c'est le directeur scientifique Mark Rodeghier (PhD) qui a été l'un des premiers à commenter le rapport du GAO sur Roswell, soulignant les étranges disparitions de documents (IUR de juillet-août 1995, avec Mark Chesney, consultant scientifique).

Il faut également citer, au CUFOS, Michael Swords (PhD, professeur de biologie), qui a publié notamment un article très appronfondi, "The McCoy letter" (IUR printemps 1997) contredisant totalement l'argumentation de Kent Jeffrey et autres sur l'absence de preuves de crash dans les documents américains.

Au MUFON, c'est le directeur lui même, Walter Andrus, qui a pris ses distances vis à vis de l'article de Kent Jeffrey, dans le numéro d'août 1997 : "ce n'est en aucune façon le point de vue philosophique ou éditorial, ni du Mutual UFO Network, ni de l'équipe de rédaction du MUFON UFO Journal". Tout en laissant ouvert le débat sur Roswell, Andrus dénonçait cependant, dans le même article, le second rapport du Pentagone, "Roswell : Case Closed" , publié en juin 1997 juste avant le cinquantième aniversaire de Roswell : "La conférence de presse de l'USAF du 24 juin 1997 a été une farce et une moquerie perpétrée à la face du public, quand ils ont essayé d'expliquer la découverte de quatre cadavres en juillet 1947 en proposant que c'étaient des mannequins de 2 m de haut et de 100 kg utilisés pour des essais de parachutes dans les années 50".

Signalons encore, parmi les nombreuses prises de positions en faveur de Roswell :
- les articles de Robert Durant, ancien pilote américain de la même compagnie que Kent Jeffrey, Delta Airlines (IUR été 1998, et hiver 1998). Durant s'est fait prêter par Kent Jeffrey les enregistrement vidéo des deux séances de régression hypnotique faites avec le fils du commandant Marcel, Jesse Marcel Jr. Selon Jeffrey, Marcel ne se rappelle que de débris ordinaires. Or l'opinion de Durant est totalement contraire ! J'ai d'ailleurs rencontré longuement Jesse Marcel Jr (pendant une semaine au forum international de Brazilia en décembre 1997) et il m'a dit : "Je ne comprends pas Kent. Je me rappelle bien les débris que mon père m'avait montrés en 1947 (il avait 11 ans et demi) et je confirme que c'étaient des matériaux extraordinaires".

- Un ingénieur, Robert Galganski, a fait des essais de résistance avec des baguettes de balsa trempées dans de la colle à bois comme l'étaient les baguettes de cibles radar Mogul. Les tests sont concluants : de telles baguettes n'ont pas du tout la résistance que leur prêtent les sceptiques sur Roswell (IUR, hiver 1997-98).

Arrêtons là l'énumération (qui pourrait être poursuivie) : je crois qu'elle suffit pour faire comprendre à tout lecteur objectif que "les ufologues américains" sont loin de considérer tous Roswell comme du folklore, contrairement à ce que semble vouloir dire le sociologue Pierre Lagrange, cité par l'Express du 5 août dans un article qui mêle l'ignorance à l'arrogance : "Ovnis : un rapport délirant". Pauvre presse !

Gildas Bourdais


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Extraits du message publié le 01/09/99 sur la liste OVNI-Sciences

[...] Contrairement à une opinion très répandue, semble-t-il, dans l'ufologie francophone, de nombreux ufologues américains continuent à prendre ce dossier très au sérieux, et n'ont pas été du tout convaincus par les critiques venant, soit de l'armée de l'air (deux gros rapports), soit d'ufologues indépendants comme Kent Jeffrey. Je déplore que le public français soit si mal informé à ce sujet. Il est absolument inadmissible de traduire le texte de Kent Jeffrey sans donner la moindre information sur toutes les autres opinions, comme l'a fait Pierre Lagrange dans sa revue "Anomalies". Je renvoie à mon analyse parue sur OVNI Science le10 août dernier : "Roswell et les ufologues américains" (voir plus haut - NDT). J'y cite quelques noms réputés, au moins ouverts sur Roswell, notamment :

- Le directeur scientifique du CUFOS, Mark Rodeghier (PhD), qui a fait une critique cinglante de l'armée de l'air lors de la publication du rapport du GAO en 1995 ;

- Michael Swords, du CUFOS, professeur de biologie (PhD), qui a analysé les documents militaires américains et réfuté les arguments de Kent Jeffrey, dans la revue du CUFOS "International UFO Review" ;

- Bruce Maccabee, physicien de la marine (PhD) et l'un des piliers du FUFOR, dans de nombreux messages sur internet (liste UFO Updates) ;

- L'astronaute Edgar Mitchell (PhD), qui affirme avoir recueilli des témoignages et vu des documents (non divulgués à ce jour) qui confirment le crash de Roswell ;

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MessageSujet: Re: Article: Roswell L’ultime enquête par Gildas Bourdais, mars 2007   Sam 12 Jan 2008, 22:31

- Kevin Randle (depuis peu PhD lui aussi !), qui continue à affirmer la réalité de Roswell, de même que Stanton Friedman, même s'ils divergent sur le scénario ;

-Robert Durant, ancien pilote de Delta Airlines (comme Kent Jeffrey), qui réfute l'analyse faite par Kent Jeffrey des séances d'hypnose de Jesse Marcel Jr. De même que les autres personnes qui ont vu les enregistrements. Sans parler de Jesse lui même, que j'ai pu interroger directement, l'ayant côtoyé une semaine à Brasilia en décembre 1997, et qui m'a dit : "Je ne comprends pas Kent. Je sais ce que j'avais vu, et c'étaient des débris extraordinaires".

Je rappelle au passage ma critique de Kent Jeffrey, très résumée dans un message sur la liste OVNI Science, du 23 décembre 1998. Je la recopie en annexe à ce questionnaire, pour ceux qui veulent en savoir un peu plus (Voir plus bas, NDT).

Je pourrais continuer ainsi sur de nombreuse pages. Je signale encore que le "Journal of Scientific Exploration" (le "top" pour l'ufologie américaine) a vivement critiqué Kent Jeffrey en 1998 dans un communiqué de presse diffusé sur Internet. Voilà un excellent document qui devrait être traduit dans les revues françaises ! Il n'est pas très long, à peine deux pages.

En bref, contrairement à ce que l'on raconte souvent en France, l'affaire Roswell est très loin d'être classée aux Etats-Unis. Comme dit l'excellent ufologue/journaliste Michael Lindemann : "Roswell, case very much not closed !".

Annexe : quelques arguments sur la critique de Kent Jeffrey.

Il y aurait de nombreuses pages de commentaires à faire sur le texte de Kent Jeffrey, et d'autres aspects récents du débat sur Roswell, notamment la thèse du photographe Bond Johnson qui vient à mon avis compliquer et obscurcir le débat de manière assez désastreuse, comme s'est efforcé de l'expliquer Kevin Randle (sans s) sur Internet (UFO Updates). Mais je voudrais juste faire un bref commentaire sur l'analyse de Kent Jeffrey. En gros, il y a trois arguments dans son article, qui sont tous réfutables :

1) Les documents militaires déclassifiés disent qu'il n'y a pas eu de crash. Cette affirmation est contredite par des ufologues réputés comme le physicien Bruce Maccabee (du FUFOR) et le professeur Michael Swords (du CUFOS). Je peux donner des références de ces opinions. Très simplement, on peut observer qu'un secret de très haut niveau comme la découverte d'un ovni ne pouvait figurer dans de tels documents (lesquels sont d'ailleurs très contradictoires, comme la lettre du général Twining et l'Air Intelligence Report. J'ai développé cela dans mon livre "OVNI. 50 ans de secret", paru en juin 1997). Mieux même, il pouvait être de bonne politique de nier cet évènement dans de tels documents.

2) Les anciens pilotes de Roswell que Jeffrey a pu rencontrer ne savaient rien. Là dessus, deux remarques. Ils n'étaient même pas au courant du communiqué de presse du colonel Blanchard et sa réfutation le soir même par le général Ramey. C'est déjà assez curieux quand on sait que c'était le plus gros titre dans la presse américaine du lendemain matin (9 juillet) : même dans le New York Times ! (j'ai l'article). Selon Jeffrey, quelques-uns se rappelaient quand même du bruit qui avait circulé sur la base : on avait trouvé une petite quantité de débris, qui tenaient dans une brouette. Ce détail est intéresant car il montre bien que, même s'il s'était agi d'un train de ballons "Mogul", on leur avait raconté une "cover up story". Cela aurait été le cas a fortiori si ç'avait été une soucoupe !

3) Kent Jeffrey fait grand cas de deux nouvelles séances de régression hypnotique de Jesse Marcel Jr, qui n'aurait révélé que des débris très ordinaires. Ce n'est pas l'opinion d'un autre pilote ami de Kent Jeffrey, Bob Durant, à qui il a prêté les bandes vidéo. Durant en a fait une analyse très détaillée, publiée notamment dans le MUFON Journal debut 1998, qui contredit totalement les allégations de Jeffrey. J'en enverrai une copie à qui voudra. Bien entendu, Lagrange n'en dit rien dans sa revue estampillée du sceau de l'US Air Force. Pour ma part, il se trouve que j'ai pu discuter de cela avec Jesse Marcel lui même, pendant une semaine à l'occasion d'une conférence internationale à Brasilia (en décembre 1997). Jesse est formel, il m'a dit : "je ne comprends pas ce qui est arrivé à Kent. Je sais ce que j'avais vu, c'étaient des débris extraordinaires". C'était d'ailleurs, bien sûr, le sujet de sa conférence à Brasilia.

D'autre part, au sujet du rapport du GAO, passé inaperçu en juin 1995, noyé par le "scandale" du film de l'autopsie (il tombait bien, celui là), je vous signale que le GAO n'a pas accepté l'expliquation des ballons, contrairement à ce qu'a écrit Pierre Lagrange (dans Libération du 8 août et ailleurs). Le GAO s'est borné à déclarer : "Le débat sur la nature de ce qui s'est écrasé à Roswell continue".

Il faudrait reprendre analyser point par point ce dossier très complexe de Roswell, ce qui est impossible ici (je vous signale quand même mon livre de 1995 qui, je crois, tient encore la route : "Sont-ils déjà là ? Extraterrestres : l'affaire Roswell"). Je me borne ici à vous signaler encore un argument, plutôt amusant. Il y a un homme encore vivant qui sait ce qu'il a vu ce jour là. C'est Sheridan Cavitt, le capitaine de contre-espionnage qui avait accompagné Jesse Marcel toute la journée sur le terrain. Il y a un entretien de 30 pages entre lui et le colonel Weaver dans le "Roswell Report" de l'US Air Force. Or Cavitt ne se rappelle nullement d'un train de ballons Mogul. Et il trahit son opinion sur cette théorie quand il dit de Karl Pflock (qui l'avait présentée en 1994) : "... c'est notre meilleur debunker" ! Certes, il n'a pas dit non plus qu'ils avaient trouvé des débris de soucoupe, mais il était, et est toujours, tenu au secret. Par contre, il n'était pas obligé de mentir sur Mogul, et il ne l'a pas fait. Dommage pour l'Air Force.


Gildas Bourdais


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Suite à mon message publié le 12/09/99 sur la liste OVNI-Sciences...

J'ai sous les yeux un exemplaire du premier hors-série de VSD intitulé "OVNIS, les preuves scientifiques". Une photo figurant en pages 12 et 13 et représentant le champ du fermier Mc Brazel vu du ciel laisse clairement apparaître comme les traces d'un impact très violent. J'aimerai un avis, notamment de Gildas, car j'ai du mal à imaginer qu'un ballon, même du projet Mogul, ait pu créer une telle trace ! Il y a là quelque chose, à mon avis, d'assez étonnant sur cette photo...

... voici la réponse de Gildas dans un message publié le 14/09/99 sur cette même liste

En effet.
Le journaliste de VSD Bernard Thouanel m'en avait parlé à l'époque où il avait pris cette photo. Il avait été impressionné par ces traces, de même que son pilote qui était un ex-Colonel de l'US Air Force, et ancien pilote de F4 Phantom pendant la guerre du Vietnam.

Il faut rappeler que plusieurs témoins avaient signalé des traces, comme un "sillon" (a "gauge") dans le sol, notamment Bill Brazel, le fils du fermier, et plus tard le général Exon qui avait survolé le site. En revanche, le Major Marcel n'en avait pas parlé. En revoyant cette photo, je me dis qu'elle n'était peut-être pas très visible, vue du sol ? Les sceptiques ont toujours souligné ce silence de Marcel.

Ceci me rappelle une petite conversation que j'avais eue avec Karl Pflock, le principal "inventeur" de l'explication Mogul, lors du symposium du Mufon à Seattle en 1995. Je lui avais demandé comment il pouvait expliquer la description du vaste champ de débris, fait de petits morceaux très solides éparpillés sur près d'un km de long, sinon par une violente explosion, or des ballons remplis d'hélium ne peuvent exploser. Il avait essayé de répondre à côté de la question en me parlant de l'absence de trace, selon Marcel. Comme j'insistais, il avait fini par me lancer : "Eh bien oui, peut-être qu'il y avait eu une explosion !". Philip Klass, qui assistait à notre échange sans rien dire, avait alors lâché ces mots historiques : "Bon, je vais fumer ma pipe dans le jardin". Deux heures plus tard, Pflock réaffirmait sans aucune nuance, lors du débat final, que c'était un train de ballons Mogul.

Moralité : on ne peut JAMAIS coincer un debunker. Si vous ne croyez pas que Pflock est un debunker, sachez que c'est le Colonel Sheridan Cavitt qui l'a appelé ainsi, dans son long entretien avec le Colonel Weaver, publié par l'armée de l'air dans son "Roswell Report" de 1995 ! Cavitt était l'homme qui avait accompagné Marcel sur le terrain toute la journée du lundi 7. Son commentaire sur Pflock : "Je l'aime bien, c'est notre meilleur debunker !".


Toujours à propos de Roswell, voici un petit rappel pour les sceptiques. Le dimanche 6 juillet, le fermier Brazel arrive à Roswell avec quelques débris. Les officiers de Roswell sont suffisament intrigués pour alerter le Pentagone. Le général McMullen, chef adjoint de l'Air Force ordonne l'envoi immédiat des débris sous sac scellé, ce qui est fait. Le général DuBose en a témoigné sous serment. Il était là à l'escale de Fort Worth, Texas, et avait lui même attaché le sac scellé au poignet du Colonel Clark, en direction du pentagone.

Maintenant, faites bien attention à ceci : S'il s'agissait d'une lamentable méprise avec des débris de ballon, ils avaient tout le temps de la constater le lundi 7, et de la signaler à Blanchard, patron des bombardiers atomiques à Roswell. Or le lendemain, Blanchard ordonne le communiqué de presse annonçant au monde la découverte d'une soucoupe volante ("flying disk"). La seule explication de cette annonce stupéfiante proposée par l'armée de l'air est que Blanchard était excité par les soucoupes ! Le même Blanchard est devenu plus tard général quatre étoiles.

Roswell ? Case very much not closed !

Gildas Bourdais

http://home.nordnet.fr/~phuleux/roswell2.htm

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Article: Roswell L’ultime enquête par Gildas Bourdais, mars 2007

  
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