Mais la seconde source comprend les deux photos ci-dessous, prises par
l'enquêteur en 1992, en deux endroits distants l'un de l'autre
d'environ 1 km et correspondant approximativement au début et au milieu
de l'observation. Sur ces photos, l'enquêteur a dessiné le phénomène
observé, avec la traînée lumineuse à droite, ce qui suggère un
déplacement de la droite vers la gauche, sur une trajectoire coupant la
route en avant des témoins (trajectoire 2 sur le plan). Un schéma,
dessiné par la jeune femme et complété par son mari, indique
effectivement une trajectoire (orientée approximativement sud-nord) qui
coupe la route. Si ce détail (crucial !) est exact, alors ce n'est
certainement pas la rentrée atmosphérique qui a été observée, puisque
celle-ci se trouvait assez loin sur la gauche des témoins, cheminant
parallèlement à la voiture. Mais les ambiguïtés et la contradiction que
nous venons de voir interdisent de conclure. Cettte affaire ne
présente, finalement, qu'un seul intérêt: elle montre à quel point il
est nécessaire d'être précis dans le positionnement des trajectoires.
Peu importe, au fond, que la queue du phénomène ait été orange, verte
ou violette, qu'il y ait eu trois points lumineux à l'avant, ou bien
quatre. Ce qu'il faudrait, pour comprendre la nature du phénomène
observé à Morges, c'est savoir si sa trajectoire était grosso modo
parallèle à celle de la voiture, ou bien si elle coupait la route. Le
compte rendu (succinct !) rédigé par la jeune femme indique que la
chose a disparu derrière l'horizon, mais oublie de dire dans quelle
direction. C'est une carence classique: trop souvent, les témoins, et
même les personnes qui recueillent leurs récits, négligent les éléments
géométriques (pourtant simples) qui seuls permettraient de comprendre
la situation. On ne le répétera jamais assez.

Début de l'observation à Morges. Le phénomène est figuré en noir.

Seconde photo prise sur les lieux de l'observation de Morges, 1 km plus loin.
Toujours à propos du 5 novembre, voici ce que nous écrit Jean-Claude Dufour:
Cette
longue série d'observations du 5 novembre 1990 me rappelle une affaire
à peu prés semblable, vers la fin des années 60, en tout cas entre 1966
et 1969; là aussi une « rentrée de fusée soviétique » avait été
accompagnée d'un tas d'observations sur la France, et en particulier la
Corse et la Côte d'Azur du même genre que celles décrites en 1990.
J'avais interviewé une dame (Mme Pariset), domiciliée alors dans un
quartier nord de Nice, une ex-secrétaire particulière du Général de
Gaulle lorsqu'il était à Alger, puis devenue membre du BCRA (ancêtre du
SDECE et de la DGSE...); bref, cette dame n'avait rien d'une illuminée
ou d'une fantaisiste. Le « soir de la fusée russe », c'est une énorme
machine volant à basse altitude qu'elle avait vue arriver du nord, un
énorme cigare noir comportant des « hublots », des feux de position,
une sorte de « cheminée coudée » lumineuse à l'arrière et par
en-dessous, des projecteurs latéraux, j'en passe et des meilleurs.
Cette « apparition » avait fait du sur-place quelques secondes avant de
virer de bord en direction du sud-sud-est et de disparaître derrière
les immeubles où habitait cette dame.
Les dimensions apparentes
de l'objet, reconstituées sur place, dans l'appartement occupé par le
témoin, et de nuit, étaient fabuleuses. Il aurait fallu, selon les
critères de l'époque, un avion de type Caravelle faisant du sur-place à
moins de deux cents mètres de la fenêtre de l'immeuble pour avoir la
même impression ! Or ce « machin » était bien plus loin, en tout cas
devant les contreforts du Mont Chauve, qui culmine à 830 m au sorti de
la ville de Nice. Cette colline est située à environ trois km de
l'ensemble d'immeubles où résidait le témoin à l'époque. Mais le
témoignage complet devrait être retrouvé dans les archives de LDLN; il
y aurait un parallèle intérressant à faire entre cette série
d'observations de la 2éme moitié des années 60 et celles de 1990.
Trente ans plus tard, on se retrouve avec quasiment des termes
identiques ! On n'ose croire que tous les témoins sont abusés par des
illusions d'optique comme l'observatoire de Nice l'avait annoncé fin
des années 60. Ceci dit, pourquoi seules les « fusées soviétiques »
engendreraient-elles de semblables phénomènes ?
L'observation en
question remonte à la nuit du 17 au 18 juillet 1967. La voici, telle
qu'elle était exposée dans le numéro de novembre 1971 de Contact
lecteurs (un supplément à LDLN, bourré de récits d'observations, dont
24 numéros sont sortis, de mai 68 à janvier 73.)
06)
ALPES-MARITIMES, NICE - 18 juillet 1967 à 1:15 - J'attendais le retour
de ma fille, au balcon de mon appartement, au 5ème étage d'un immeuble,
rue du Soleil. Le ciel était très pur, et j'apercevais distinctement
les collines au NE et au NO de Nice. Du NO je vis apparaître ce que je
pris au premier regard pour un avion commercial, bien qu'il ne soit pas
sur une ligne aérienne. L'objet me semblait très proche, et je
n'entendais aucun bruit, Il s'arrêta soudain face à ma fenêtre, en
direction d'une grue d'un chantier voisin, et je réalisais qu'il ne
s'agissait pas du tout d'un avion. L'engin était apparemment plus long
que le bras de la grue, et se tenait absolument immobile. Sur le côté
de cet engin en forme de fuselage (nous dirions un cigare), je
distinguais cinq hublots rougeâtres également espacés, situés vers
l'avant. Sous l'engin, il y avait une sorte de grille rouge, comme un
grille-pain incandescent. Au-dessus de cette « fusée » ,un projecteur
tournait et lançait de brillants éclairs lumineux. L'engin est resté au
moins dix secondes au-dessus du sol, immobile, et s'est remis en route
en direction du NE très lentement. A la hauteur du Mont Vinaigrier, il
a effectué un virage en direction du sud. Assez effrayée, je suis
rentrée dans l'appartement et j'ai fait le croquis de ce que j'avais
vu. (Observation de Mme Pariset)

Je
prenais le frais à Nice, avenue de Verdun avec un camarade. Il devait
être 1:20, le 17 juillet 1967, lorsqu'en levant la tête, j'ai vu,
volant très bas, des feux dans une trajectoire NS. Semblables à ceux
d'un avion, ces feux étaient suivis d'une traînée lumineuse. Je fus
surpris de sa direction, celle-ci n'étant pas celle des avions quittant
l'aéroport de Nice. Il y avait cinq petits feux de couleur rose orangé,
comme des hublots. La vitesse n'était pas rapide, comme celle d'un
avion qui va atterrir. L'objet fut masqué par les arbres du jardin
Albert-1er. Nous courûmes pour le repérer à nouveau ; en vain, il avait
disparu. (Observation de M. Mihaliev Kostia communiqué par M.
Chasseigne) - Dessin d'après croquis et description.
Effectivement,
le rapprochement avec les événements du 5 novembre 1990 s'impose. Il
s'impose même tellement qu'il a été fait: voir LDLN 306, pp.4 à 7.
Cette nuit-là, vers 1 h 15 du matin, pendant que ce cigare à hublots
était observé par plusieurs personnes à Nice (avec des éléments de
description concordants: les cinq hublots rougeâtres), un objet assez
semblable, long comme « deux fois le fuselage d'un Boeing 707 » était
observé de très près, dans d'excellentes conditions (trop excellentes à
leur goût !) par trois automobilistes à Grandvilliers, dans l'Oise
(voir LDLN 295, pp.35 à 37). En même temps, un objet plus ou moins
relatée, avec une précision remarquable, par Mme Guéneau: voir LDLN
295, pp.35 à 37. En même temps, un objet plus ou moins comparable se
montrait à Lausanne, tandis que des ovnis de formes diverses
apparaissaient en Sologne, au Chapus (près de l'île d'Oleron), au
Buisson-de-Cadouin (Dordogne), près de Brioude, à Saint-Raphaël, à
Saint-Tropez...
Cette nuit-là, entre 1 h 10 et 1 h 15, des Côtes
d'Armor jusqu'au Nord de l'Italie, le troisième étage de la fusée
porteuse de Cosmos 169 rentrait dans l'atmosphère. On ne me fera jamais
croire que les observations de Nice (et d'ailleurs), juste à la même
heure, se rapportent à cette rentrée. Les événements de cette nuit du
18 juillet 1967 présentent, c'est évident, une ressemblance profonde
avec ceux du 5 novembre 1990. On retrouve, par exemple, le léger
étalement de la vague dans le temps: au Buisson-de-Cadouin, le
phénomène a été observé à exactement 2 h du matin, trois quarts d'heure
après les autres apparitions. Et d'autres ont été signalées nettement
avant 1 h 15 ! Tout cela suggère évidemment la manifestation d'une
intelligence ayant non seulement le désir de se montrer en se faisant
passer pour autre chose, en semant la confusion, mais ayant également
la connaissance préalable du fait que la rentrée allait avoir lieu.
Cette idée, bien qu'elle découle très directement de témoignages
nombreux, précis, convergents, donc parfaitement respectables, ne
séduit pas tout le monde, comme on a pu le constater après la parution
de notre numéro 306. Elle présente en effet un vice impardonnable: elle
fait apparaître les OVNI comme une réalité objective, semblant
connaître (en profondeur) les circonstances dans lesquelles elle se
manifeste et adoptant des comportements. Elle contredit ainsi le dogme
implicite, quasi-officiel, selon lequel les OVNI ne seraient
envisageables qu'en tant que mythe, rumeur, et autres subtilités
relevant des « sciences humaines ».
Une fois de plus, les faits
ont donc « eu tort », face à des croyances sures d'elles-mêmes et
dominatrices. Et nous avec eux. Mais quelque chose me dit que
l'histoire n'est pas tout à fait terminée... Elle l'est d'autant moins
que, si le 5 novembre constituait, lorsqu'est paru LDLN 306 (au
printemps 91), le dernier en date de quatre exemples de parasitage des
rentrées, d'autres exemples se sont manifestés par la suite. Dans un
monde où beaucoup de choses bougent, il ne semble pas exclu que la
situation puisse « mûrir »...
Joël Mesnard
http://home.nordnet.fr/~phuleux/compl.htm